Dans une nouvelle tribune consacrée à la Renaissance et à la Refondation nationale, Moussa Kalema Sangolo-Zaku estime que la survie de l’État congolais passe par la reconstruction d’une armée nationale, professionnelle, disciplinée et entièrement attachée à la République. Face aux guerres, aux rébellions et à l’insécurité persistante dans plusieurs régions du pays, le président national du PVR plaide pour une institution militaire débarrassée des allégeances particulières et fondée sur une seule loyauté : celle envers la nation congolaise.
TRIBUNE DE LA RENAISSANCE ET DE LA REFONDATION NATIONALE
L’ARMÉE RÉPUBLICAINE : CONDITION DE SURVIE DE L’ÉTAT
« Aucun État ne survit longtemps lorsque son armée cesse d’être nationale. »
Depuis plusieurs décennies, la question de la sécurité nationale demeure l’une des préoccupations majeures de la République démocratique du Congo.
Les guerres successives, les rébellions récurrentes, la prolifération des groupes armés et l’insécurité persistante dans plusieurs régions du pays ont progressivement installé une interrogation fondamentale :
La RDC dispose-t-elle véritablement d’une armée républicaine au sens plein du terme ?
La question mérite d’être posée avec courage.
Car la survie d’un État dépend avant tout de sa capacité à exercer le monopole légitime de la force sur l’ensemble de son territoire.
Lorsqu’un État ne contrôle plus durablement certaines portions de son espace national ;
lorsque des groupes armés concurrencent son autorité ;
lorsque des allégeances particulières prennent le pas sur la loyauté républicaine ;
c’est la souveraineté elle-même qui se trouve fragilisée.
L’ARMÉE N’EST PAS UNE COALITION DE FORCES
Une armée nationale ne peut être :
— une juxtaposition de groupes armés intégrés sans doctrine commune ;
— une addition de fidélités communautaires ;
— ou une coalition de circonstances.
Une armée républicaine est une institution.
Elle possède :
— une doctrine ;
— une hiérarchie respectée ;
— une discipline rigoureuse ;
— une culture professionnelle ;
— et une loyauté exclusive envers la République.
L’uniforme doit effacer les appartenances particulières.
Le soldat républicain ne sert ni une ethnie, ni une province, ni un individu.
Il sert la nation.
LA NATION AVANT LES APPARTENANCES
Le premier serment du militaire doit être prêté :
à la Constitution,
au territoire national,
et au peuple congolais tout entier.
L’armée doit devenir l’une des rares institutions où le citoyen apprend à placer la République au-dessus de toutes les appartenances secondaires.
La cohésion nationale se construit aussi dans les casernes.
L’armée est souvent le miroir de la nation.
Lorsqu’elle est unie, la République se renforce.
Lorsqu’elle se fragmente, l’État s’affaiblit.
PROFESSIONNALISER POUR PROTÉGER
La RDC devra investir durablement dans :
— la formation militaire ;
— le renseignement ;
— la logistique ;
— la mobilité stratégique ;
— l’encadrement des officiers ;
— et la modernisation des équipements.
Aucune nation ne protège sa souveraineté avec l’improvisation.
La défense nationale exige :
— compétence ;
— planification ;
— continuité ;
— et culture stratégique.
UNE ARMÉE DE LA RENAISSANCE NATIONALE
La reconstruction de l’État congolais passe nécessairement par la reconstruction de son armée.
Non pour militariser la société.
Mais pour garantir :
— la paix ;
— la souveraineté ;
— l’intégrité territoriale ;
— et la continuité de la République.
L’armée républicaine constitue l’un des piliers de la Renaissance nationale.
Car aucun projet de développement,
aucune réforme institutionnelle,
aucune ambition de puissance,
ne peut prospérer durablement lorsque la sécurité de l’État demeure précaire.
CONCLUSION
Le temps est venu pour la RDC de bâtir une armée véritablement nationale :
— républicaine dans son esprit ;
— professionnelle dans son fonctionnement ;
— disciplinée dans son action ;
— et souveraine dans sa mission.
Car l’histoire enseigne une vérité simple :
un État qui ne maîtrise pas sa sécurité finit toujours par voir sa souveraineté contestée.
Et une nation qui veut entrer dans le XXIe siècle avec ambition doit d’abord être capable de protéger elle-même son territoire, ses institutions et son destin.
Moussa Kalema Sangolo-Zaku
Président National du PVR
Membre du Bureau Politique du FCC