Exodus Lukombo salue la décision du gouvernement congolais de suspendre les activités académiques et para-académiques dans les établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire situés à Goma et Bukavu, estimant que cette mesure permet de préserver l’intégrité du système éducatif national face aux initiatives de l’AFC/M23 dans les zones sous son contrôle.
La décision du gouvernement congolais de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, les activités académiques dans les établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et Bukavu continue de susciter des réactions. Parmi elles, celle d’Exodus Lukombo, qui félicite les autorités congolaises pour cette mesure et dénonce ce qu’elle considère comme des manœuvres visant à instrumentaliser les institutions universitaires dans les territoires occupés par l’AFC/M23.
La mesure gouvernementale concerne 11 établissements publics des villes de Goma et Bukavu et s’applique à l’année académique 2026-2027. Elle porte notamment sur les inscriptions et réinscriptions, les enseignements, les évaluations, les délibérations ainsi que tout acte académique susceptible d’aboutir à la délivrance d’un titre académique.
Pour Exodus Lukombo, cette décision constitue une réponse nécessaire à la volonté de l’AFC/M23 de s’immiscer dans la gestion des institutions universitaires relevant de l’État congolais. Elle estime que les établissements d’enseignement supérieur ne peuvent être transformés en instruments de légitimation d’une administration issue de l’occupation.
Cette réaction intervient après les nominations effectuées par l’AFC/M23 au sein des comités de gestion de plusieurs établissements universitaires de Goma et Bukavu. Dans un communiqué publié le 10 août, le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations avait déclaré ces nominations nulles et sans effet juridique ou administratif, rappelant qu’un mouvement armé ne peut se substituer aux institutions constitutionnelles de la République.
C’est précisément cette démarche que Exodus Lukombo dénonce comme une stratégie visant à utiliser les institutions publiques, notamment universitaires, comme des acquis de l’occupation. Pour elle, les établissements universitaires ne doivent pas devenir les « butins » d’un mouvement rebelle qui cherche à imposer son administration dans les territoires contrôlés par la force.
La cadre du Collectif des communicateurs et défenseurs des institutions félicite ainsi le gouvernement pour avoir refusé de reconnaître les décisions prises par l’AFC/M23 dans les universités de Goma et Bukavu. Elle considère que la suspension des activités académiques permet également d’éviter que des diplômes ou autres titres académiques soient délivrés en dehors du cadre légal reconnu par la République démocratique du Congo.
L’arrêté ministériel prévoit néanmoins une disposition particulière pour les étudiants finalistes de l’année académique 2025-2026 dont le cursus n’a pas pu être achevé normalement. Ceux-ci peuvent poursuivre les activités nécessaires à la finalisation de leur parcours dans des établissements dont les autorités sont légalement reconnues par Kinshasa.
Pour Exodus Lukombo, la question dépasse donc le seul fonctionnement des universités. Elle touche, selon elle, à la défense de l’autorité de l’État, à la protection des étudiants et des enseignants ainsi qu’à la préservation de la valeur des diplômes délivrés au nom de la République démocratique du Congo.
Elle dénonce dans le même temps les stratégies qu’elle juge « ignobles » de l’AFC/M23, accusant le mouvement de chercher à exploiter les institutions civiles dans les zones qu’il occupe pour consolider son emprise et donner une apparence de normalité à son administration.
Le gouvernement congolais affirme, de son côté, vouloir suivre l’évolution de la situation sécuritaire afin de permettre, dès que les conditions le permettront, la reprise normale des activités universitaires dans ces deux villes. Une structure de veille est également prévue pour suivre l’évolution de la situation.
Pour Exodus Lukombo, la décision de Kinshasa constitue ainsi un signal de fermeté : l’occupation d’une partie du territoire national ne peut, selon elle, donner à un mouvement armé le droit de disposer des institutions publiques congolaises, encore moins de contrôler le fonctionnement et la délivrance des titres universitaires.
R.O.