La visite de travail du président angolais João Lourenço à Kinshasa débouche sur plusieurs engagements destinés à renforcer les relations entre la République démocratique du Congo et l’Angola. Les deux pays veulent notamment accélérer les projets énergétiques, renforcer l’approvisionnement de la RDC en produits pétroliers et donner une nouvelle impulsion au Corridor de Lobito et à la Zone d’intérêt commun.
Les relations entre la République démocratique du Congo et l’Angola connaissent une nouvelle dynamique. Le président angolais João Lourenço a effectué une visite de travail à Kinshasa, où il s’est entretenu avec son homologue congolais Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo autour de plusieurs dossiers économiques et stratégiques.
Au centre des discussions figure notamment la coopération énergétique. Les deux chefs d’État ont convenu d’accélérer les projets destinés à améliorer la production et la fourniture d’électricité entre les deux pays. Cette question revêt une importance particulière pour la RDC, confrontée à une demande énergétique croissante aussi bien des ménages que des entreprises.
Kinshasa et Luanda souhaitent également avancer sur l’opérationnalisation de la Zone d’intérêt commun (ZIC), notamment dans le secteur pétrolier. Les deux pays disposent d’intérêts communs dans cette zone maritime et veulent accélérer les arrangements permettant d’envisager une exploitation conjointe des ressources.
La Sonangol appelée à renforcer ses livraisons
Un autre volet important concerne l’approvisionnement de la RDC en produits pétroliers.
Le président Félix Tshisekedi a annoncé que la compagnie angolaise Sonangol allait renforcer ses livraisons destinées au marché congolais. Les deux gouvernements doivent finaliser les dispositions nécessaires pour permettre une augmentation de ces approvisionnements.
Pour Kinshasa, cet accord présente un intérêt direct dans un contexte où la disponibilité et le prix des produits pétroliers influencent fortement les coûts du transport et, par conséquent, ceux des marchandises et des services.
La proximité géographique de l’Angola offre par ailleurs un avantage logistique. Le renforcement des échanges pétroliers peut contribuer à sécuriser une partie de l’approvisionnement du marché congolais.
Le Corridor de Lobito, autre dossier majeur
Les discussions ont également porté sur le Corridor de Lobito, infrastructure stratégique reliant les zones minières de la RDC et de la Zambie au port angolais de Lobito sur l’Atlantique.
Le président angolais a estimé que la signature des contrats devait désormais permettre de donner une nouvelle dimension à ce corridor.
Pour la RDC, l’enjeu est considérable. Le développement de cet axe peut offrir une alternative aux routes traditionnelles d’exportation des minerais et réduire les délais de transport vers les marchés internationaux.
Le corridor est particulièrement important pour les provinces minières du sud-est congolais, notamment le Lualaba et le Haut-Katanga.
La coopération RDC-Angola s’inscrit ainsi dans une logique qui dépasse les relations diplomatiques classiques. Elle touche directement aux infrastructures, à l’énergie, aux hydrocarbures, au commerce et à l’exploitation des ressources naturelles.
Les deux pays cherchent désormais à transformer leurs engagements politiques en projets opérationnels.
F.S.