Dialogue national : si l’inclusivité gêne Kigali, pourquoi devrait-elle inquiéter Kinshasa ? (Tribune de Moussa Kalema)

Dans cette tribune, Moussa Kalema Sangolo-Zaku, président national du PVR et membre du Bureau politique du FCC, défend l’idée d’un dialogue national réellement inclusif, estimant que la RDC ne devrait pas craindre de réunir autour d’une même table ceux qui portent des responsabilités, des griefs et des visions différentes de l’avenir du pays. Pour lui, si l’unité des Congolais est susceptible de réduire l’instrumentalisation de leurs divisions par des puissances étrangères, elle doit être encouragée plutôt que redoutée. Mais cette inclusivité ne peut avoir de sens sans garanties : facilitation indépendante, sécurité et liberté des participants, agenda consensuel, respect de la Constitution et de l’échéance de 2028, décrispation politique et judiciaire et mécanisme indépendant de suivi. L’auteur plaide ainsi pour que le dialogue dépasse les traditionnels arrangements de partage du pouvoir et débouche sur un Pacte congolais de vérité, de responsabilité, de Renaissance et de refondation nationale.

TRIBUNE

Pour un Pacte congolais de vérité, de responsabilité, de Renaissance et de refondation nationale

Inclusivité réelle, facilitation indépendante et acceptée par les parties, garanties de sécurité et de liberté, agenda consensuel, respect intangible de la Constitution et de l’échéance de 2028, décrispation politique et judiciaire, mécanisme indépendant de suivi : ces exigences ne sont pas accessoires. Elles constituent, à nos yeux, les conditions sine qua non pour transformer le dialogue annoncé en un véritable Pacte congolais de vérité, de responsabilité, de Renaissance et de refondation nationale.

Car la RDC n’a pas besoin d’une conférence politique de plus. Elle a besoin d’un rendez-vous national où chacun accepte de dire sa vérité, d’entendre celle des autres et, surtout, de répondre de ses propres responsabilités.

J’ai lu avec beaucoup d’attention la tribune consacrée au dialogue national, à son inclusivité, à la question de la facilitation ainsi qu’aux positions de certaines forces politiques et sociales.

Elle soulève une interrogation qui mérite, à mon sens, d’être poussée jusqu’à sa conclusion logique.

L’auteur avance notamment l’hypothèse selon laquelle la participation de Joseph Kabila, de Corneille Nangaa et d’autres Congolais aujourd’hui en opposition avec le pouvoir pourrait embarrasser Kigali, notamment parce qu’un dialogue direct entre Congolais pourrait réduire la possibilité pour le Rwanda d’exploiter les fractures politiques internes de notre pays.

Prenons cette hypothèse pour ce qu’elle est : une hypothèse politique qui mérite d’être examinée, et non un fait définitivement établi.

Mais si cette hypothèse était juste, une question s’imposerait immédiatement :

Si le dialogue inclusif embarrasse réellement Kigali, pourquoi devrait-il inquiéter Kinshasa ?

Si une véritable réconciliation entre Congolais peut réduire l’espace d’instrumentalisation de nos divisions par des puissances étrangères, alors l’intérêt supérieur de la République devrait être précisément d’encourager cette rencontre.

Pourquoi nous priverions-nous volontairement d’un instrument susceptible de renforcer l’unité nationale ?

Pourquoi laisserions-nous certaines de nos contradictions continuer à se régler depuis l’étranger, dans l’exil, dans la clandestinité ou, pire encore, par les armes ?

Le Rwanda et son soutien au M23 ont fait l’objet de condamnations et d’exigences explicites du Conseil de sécurité des Nations unies. La question de la souveraineté congolaise et des ingérences extérieures est donc bien réelle. Mais précisément parce qu’elle est réelle, la RDC a également intérêt à traiter ses propres fractures politiques internes afin qu’elles ne puissent être exploitées par aucun acteur extérieur.

Que chacun vienne répondre devant la Nation

Si le pouvoir considère que certains compatriotes sont politiquement ou militairement instrumentalisés par des puissances étrangères, qu’un cadre national crédible leur donne justement la possibilité de venir s’expliquer devant les Congolais.

Qu’ils disent publiquement ce qu’ils reprochent au pouvoir.

Qu’ils expliquent leurs choix.

Qu’ils précisent leur conception de l’avenir du pays.

Qu’ils disent clairement leur position face à l’intégrité territoriale, à la souveraineté nationale et au recours aux armes.

Et qu’ils répondent également aux questions que la Nation est en droit de leur poser.

C’est cela, un dialogue des vérités.

L’inclusivité ne signifie ni approbation des actes de chacun, ni absolution, ni amnistie générale, ni renoncement à la justice.

Elle signifie que ceux qui sont parties prenantes à une crise doivent pouvoir être entendus et confrontés à leurs responsabilités.

Dialoguer ne signifie pas effacer les responsabilités.

La justice doit continuer à remplir sa fonction là où des responsabilités pénales individuelles sont établies selon le droit.

Les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les autres crimes graves ne sauraient être transformés en simples variables de négociation politique.

Mais la justice et le dialogue politique ne remplissent pas exactement la même fonction.

La première recherche les responsabilités individuelles.

Le second cherche à empêcher que les fractures politiques ne continuent à produire de nouvelles violences.

C’est précisément pour cela que les deux démarches peuvent coexister.

Un dialogue ne se fait pas seulement entre ceux qui sont déjà d’accord

Un dialogue composé exclusivement d’acteurs qui reconnaissent à l’avance les règles fixées par l’un des protagonistes risquerait de n’être qu’une concertation.

Or la République a aujourd’hui besoin de davantage.

Elle a besoin que se parlent ceux qui ne se font plus confiance.

Elle a besoin que se confrontent des récits opposés.

Elle a besoin que certaines accusations puissent être mises à l’épreuve des faits.

Elle a besoin que nous recommencions à régler nos contradictions entre Congolais.

Le Président de la République a lui-même présenté le dialogue lancé en août 2026 comme devant servir la paix, la cohésion et la refondation de l’État, tout en critiquant les anciens dialogues souvent réduits au partage des responsabilités. (Présidence de la RDC⁠)

Voilà précisément pourquoi le débat ne devrait pas se réduire à la distribution de fonctions.

Ni partage des postes, ni arrangement entre élites

Le Congo n’a nullement besoin d’un nouveau partage du gâteau institutionnel.

La finalité d’un dialogue de refondation devrait être plus élevée :

reconstruire l’État, rétablir la confiance nationale, réaffirmer la souveraineté, restaurer les libertés publiques, consolider l’ordre constitutionnel et créer les conditions d’une paix durable.

Sur ce point, il existe d’ailleurs une convergence intéressante.

Le pouvoir affirme vouloir rompre avec les dialogues transformés en mécanismes de partage du pouvoir. L’opposition liée à Sauvons la RDC affirme de son côté réclamer un dialogue assorti de garanties institutionnelles précises. (Présidence de la RDC⁠)

Pourquoi ne pas transformer cette convergence minimale en point de départ ?

La facilitation : une question de confiance, non de souveraineté

Une autre controverse porte sur la médiation.

Certaines forces d’opposition réclament un rôle effectif de la CENCO et de l’ECC, avec éventuellement l’accompagnement de l’Union africaine et des Nations unies. Le FCC a publiquement soutenu une cette formule.

Du côté du pouvoir et de certains élus qui le soutiennent, on défend au contraire l’idée que les institutions constitutionnelles, et particulièrement le Président de la République, ne doivent pas être dépossédées de la conduite d’un processus concernant la Nation.

Les deux préoccupations peuvent être entendues.

Mais une facilitation n’est pas nécessairement une substitution à la souveraineté.

Elle peut être simplement un mécanisme de confiance entre des acteurs qui ne se font plus suffisamment confiance pour fixer seuls les règles du jeu.

La question essentielle devrait donc être :

qui peut bénéficier de la confiance minimale de toutes les parties ?

La CENCO a déjà réussi, en septembre 2026, à réunir des représentants du pouvoir, de l’opposition et de la société civile autour de la question du dialogue inclusif.

Ce précédent démontre au moins que des espaces communs demeurent possibles.

Les conditions sine qua non du Pacte congolais

Mais il faut maintenant aller plus loin.

Un dialogue simplement convoqué ne suffit pas.

Un dialogue simplement proclamé « inclusif » ne suffit pas.

Un dialogue entouré de belles intentions mais dépourvu de garanties ne suffira pas davantage.

Pour qu’il devienne réellement un instrument de réunification de la Nation, ses règles essentielles doivent être clarifiées et acceptées avant l’ouverture des véritables assises.

À défaut, nous risquerions d’organiser une rencontre politique supplémentaire sans traiter la cause fondamentale qui empoisonne aujourd’hui les relations entre les acteurs : la crise de confiance.

Les sept exigences défendues notamment par Sauvons la RDC comprennent une médiation neutre et indépendante, l’inclusivité, un cadre sécurisé, un agenda et un calendrier consensuels, le respect de la Constitution et de l’échéance de 2028, une décrispation politique et judiciaire et un mécanisme indépendant de suivi.

Ces propositions doivent être discutées avec toutes les parties. Mais plusieurs principes qu’elles contiennent peuvent constituer les fondations d’un dialogue crédible.

1. Une inclusivité réelle

On ne peut prétendre résoudre une crise nationale tout en excluant arbitrairement ceux qui en sont des protagonistes.

L’inclusivité ne signifie pas approuver les actes de chacun.

Elle ne signifie pas davantage leur accorder une immunité.

Elle signifie que chacun doit pouvoir être entendu, interrogé et confronté à ses responsabilités devant la Nation.

L’inclusivité doit être politique ; l’impunité ne doit jamais en être la contrepartie.

2. Une facilitation indépendante et acceptée

Dans un contexte marqué par une profonde méfiance, aucune partie ne devrait pouvoir déterminer seule les règles auxquelles toutes les autres doivent ensuite se soumettre.

La CENCO et l’ECC pourraient jouer un rôle important, à condition que leur mission et leur statut soient acceptés par les protagonistes.

D’autres accompagnements peuvent être envisagés.

L’essentiel est que la facilitation ne soit ni imposée par le pouvoir ni imposée par l’opposition.

Un médiateur n’est réellement utile que lorsqu’il bénéficie de la confiance des parties qu’il doit rapprocher.

3. Des garanties effectives de sécurité et de liberté

Il ne peut y avoir de dialogue sincère si certains participants arrivent avec la crainte d’être arrêtés, intimidés ou empêchés de repartir.

Ceux qui vivent actuellement hors du pays et qui seraient appelés à participer doivent pouvoir disposer de garanties précises.

Liberté de déplacement.

Liberté d’expression dans le cadre des assises.

Sécurité physique.

Possibilité de retourner librement dans leur lieu de résidence conformément aux garanties convenues.

Mais ici encore, il faut éviter toute confusion :

garantie de participation ne signifie pas immunité judiciaire générale.

Les crimes graves doivent rester soumis aux exigences de la justice.

4. Un agenda et un calendrier consensuels

Le dialogue ne doit pas devenir une chambre d’enregistrement d’un programme préalablement rédigé par une seule partie.

Les participants doivent s’accorder sur les grandes questions à examiner.

Parmi elles pourraient notamment figurer :

la guerre et l’intégrité territoriale ;

la souveraineté nationale ;

la réforme de l’État ;

la sécurité ;

les libertés publiques ;

le fonctionnement de la justice ;

le processus électoral ;

la gouvernance publique ;

la cohésion nationale ;

ainsi que les conditions d’une véritable réconciliation.

Aucun sujet fondamental ne devrait être interdit par avance, dès lors qu’il est traité dans le respect de la Constitution.

5. Le respect intangible de la Constitution et de l’échéance de 2028

Cette garantie est fondamentale.

Le dialogue ne doit être ni un instrument de glissement institutionnel, ni une voie détournée permettant de suspendre les règles constitutionnelles.

Il ne doit pas davantage servir à renverser par une conférence politique les institutions établies par la Constitution.

Le respect de l’échéance constitutionnelle de 2028 figure parmi les exigences publiquement formulées par Sauvons la RDC. (Actualité.cd⁠)

Cette exigence peut précisément rassurer les deux côtés :

le dialogue ne doit ni prolonger arbitrairement les mandats ni remplacer anticonstitutionnellement les institutions.

Il doit renforcer la République de la loi.

6. Une décrispation politique et judiciaire crédible

Il est difficile de demander à des adversaires de s’asseoir autour d’une même table lorsqu’ils vivent dans la peur, la clandestinité ou l’exil.

Mais la décrispation doit elle aussi être encadrée.

Il faut distinguer les différends liés à l’exercice des libertés politiques, les contentieux judiciaires ordinaires et les accusations portant sur des crimes graves.

La décrispation ne saurait être un mécanisme destiné à effacer indistinctement tous les dossiers judiciaires.

Elle doit être un instrument permettant de restaurer la confiance sans sacrifier l’État de droit.

7. Un mécanisme indépendant de suivi

Le Congo a déjà connu de nombreux accords politiques.

Le véritable problème commence souvent après leur signature.

Qui exécutera les engagements ?

Dans quels délais ?

Qui vérifiera leur réalisation ?

Qui signalera publiquement leur non-exécution ?

Quel sera le statut juridique de chacune des résolutions adoptées ?

Un véritable accord devrait comporter une matrice précisant clairement :

l’engagement ; le responsable de son exécution ; le délai ; le mécanisme de contrôle ; et le mode de règlement des désaccords.

Sans cela, les résolutions risquent de devenir une nouvelle collection de bonnes intentions.

Une huitième exigence : la réciprocité de la vérité

À ces sept conditions doit toutefois s’ajouter une huitième, sans laquelle toutes les autres risquent de perdre leur sens :

personne ne doit disposer du monopole de la vérité ni de celui du patriotisme.

Si nous voulons réellement organiser un dialogue des vérités, la responsabilité doit être réciproque.

Le pouvoir devra accepter d’être interrogé sur sa gouvernance, les libertés publiques, l’État de droit et la conduite des institutions.

L’opposition devra répondre de ses stratégies, de ses décisions et de ses actes.

Les anciens dirigeants devront répondre de leur bilan.

Les acteurs ayant choisi les armes devront répondre du recours à la violence et de leurs alliances.

Les institutions devront répondre de leurs dysfonctionnements.

Et tous ceux qui accusent leurs adversaires d’agir pour le compte de puissances étrangères devront accepter que leurs accusations soient confrontées aux faits.

Le dialogue des vérités ne peut pas être le procès d’un camp organisé par l’autre.

Il doit être le moment où chacun accepte de répondre devant la République.

Ni impunité, ni vengeance : responsabilité

Cette distinction est fondamentale.

Un pacte politique ne peut pas abolir la justice.

Mais la justice ne doit pas davantage devenir l’instrument par lequel un camp cherche à éliminer politiquement l’autre.

C’est ici que devrait intervenir le principe supérieur de l’État de droit :

les responsabilités pénales sont individuelles et doivent être établies par des juridictions compétentes, dans le respect des droits de la défense et du procès équitable.

Le dialogue, quant à lui, doit traiter les causes politiques, institutionnelles et sociales de la crise.

C’est en séparant correctement ces deux fonctions que l’on peut obtenir à la fois la paix et la responsabilité.

Alors, si Kigali redoute réellement le dialogue…

Revenons maintenant à l’interrogation qui a déclenché cette réflexion.

Si l’hypothèse selon laquelle Kigali serait embarrassé par une rencontre réellement inclusive entre Congolais devait se confirmer, alors la réponse congolaise ne devrait certainement pas être de refuser cette rencontre.

Elle devrait être de la réussir.

Que les Congolais se parlent.

Que les accusations soient confrontées.

Que les vérités soient dites.

Que chacun révèle devant la Nation sa conception de la République.

Que ceux qui sont accusés de dépendre d’intérêts étrangers disent clairement où se situe leur loyauté.

Que ceux qui exercent le pouvoir répondent également de leurs responsabilités.

Que la Nation juge politiquement sur pièces.

Car la meilleure manière de retirer à toute puissance étrangère la possibilité d’exploiter nos divisions est d’abord de réduire ces divisions entre Congolais.

De la table du dialogue au Pacte congolais

C’est pourquoi la finalité ne devrait pas être simplement de « tenir un dialogue ».

Elle devrait être plus ambitieuse.

Elle devrait consister à bâtir un :

PACTE CONGOLAIS DE VÉRITÉ, DE RESPONSABILITÉ, DE RENAISSANCE ET DE REFONDATION NATIONALE.

Un pacte où personne ne serait au-dessus des questions.

Un pacte où personne ne disposerait du monopole du patriotisme.

Un pacte où l’opposition ne viendrait pas chercher quelques postes et où le pouvoir ne viendrait pas chercher quelques cautions politiques.

Un pacte où les blessures de la Nation seraient nommées.

Un pacte où les responsabilités seraient assumées.

Un pacte qui protégerait la Constitution.

Un pacte qui préserverait l’échéance constitutionnelle de 2028.

Un pacte qui réaffirmerait l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale.

Un pacte qui remettrait l’État au-dessus des individus et des partis.

Un pacte qui replacerait l’intérêt supérieur de la République au-dessus des calculs de pouvoir.

La question est désormais posée

La République démocratique du Congo veut-elle réellement recoller ses morceaux ?

Veut-elle transformer ses fractures en une nouvelle conscience nationale ?

Veut-elle enlever aux puissances étrangères la possibilité de prospérer sur nos divisions ?

Veut-elle enfin sortir de cette succession de crises dans lesquelles chaque génération recommence les mêmes affrontements ?

Alors il faudra avoir le courage de se parler.

Même entre adversaires.

Surtout entre adversaires.

Et il faudra accepter que le dialogue ne soit ni celui du pouvoir contre l’opposition, ni celui de l’opposition contre le pouvoir.

Il devra être le dialogue de la République avec elle-même.

Sans inclusivité, il manquera des Congolais.

Sans neutralité de la facilitation, il manquera la confiance.

Sans garanties de sécurité et de liberté, il manquera la sincérité.

Sans agenda consensuel, il manquera l’appropriation commune.

Sans respect de la Constitution et de 2028, il manquera la légitimité.

Sans décrispation politique et judiciaire, il manquera la confiance.

Sans mécanisme indépendant de suivi, il manquera l’exécution.

Et sans vérité et responsabilité réciproques, il manquera l’essentiel :

la refondation morale et politique de la République.

Alors seulement, le dialogue cessera d’être une conférence politique de plus.

Il pourra devenir le point de départ d’une nouvelle étape de notre histoire nationale :

un Pacte congolais de vérité, de responsabilité, de Renaissance et de refondation nationale.

Parce que la République appartient à tous les Congolais et qu’aucune paix durable ne peut être bâtie sur l’exclusion, le silence ou la peur.

Moussa Kalema Sangolo-Zaku
Président National du PVR
Membre du Bureau Politique du FCC

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