Un mois après avoir fait état d’une amélioration de la situation épidémiologique, les autorités sanitaires congolaises maintiennent la vigilance face à Ebola. Lors d’un point de presse organisé vendredi 2 octobre à Kinshasa, le gouvernement a présenté un nouveau plan de préparation et de réponse couvrant 180 jours et évalué à 1,2 milliard de dollars. La riposte entre ainsi dans une nouvelle phase, avec un accent particulier sur la surveillance, la prise en charge des cas et le contrôle de l’utilisation des financements.
La situation épidémiologique liée à la maladie à virus Ebola évolue favorablement, mais la riposte est loin d’être terminée. C’est le principal message ressorti du point de presse organisé à l’immeuble du gouvernement, en présence du ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel-Roger Kamba, du directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), Dr Dieudonné Mwamba Kazadi, et de la représentante de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en République démocratique du Congo.
Les responsables sanitaires ont insisté sur la nécessité de maintenir les dispositifs opérationnels jusqu’à l’interruption complète de la transmission. Aucun calendrier précis n’a, à ce stade, été avancé pour déclarer officiellement la fin de l’épidémie.
Un bilan toujours lourd
Le bilan présenté au cours de la rencontre reste particulièrement préoccupant. Le professeur Steve Ahuka Mundeke, Incident Manager de la riposte à l’INSP, a indiqué que l’épidémie, provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola et déclarée en mai 2026, comptait désormais 8 300 cas confirmés pour 4 018 décès.
Le taux de létalité s’établit ainsi autour de 48,4 %. Ces chiffres témoignent de l’ampleur de l’épidémie, malgré les signes d’amélioration observés ces dernières semaines.
Pour les autorités sanitaires, la baisse de la pression épidémiologique ne doit toutefois pas être interprétée comme la fin de la menace. La surveillance demeure nécessaire, notamment pour détecter rapidement d’éventuels nouveaux cas et empêcher une reprise de la transmission dans les zones déjà affectées.
Le gouvernement veut davantage de contrôle sur les financements
La réunion de Kinshasa a également permis de mettre sur la table la question de la gestion des ressources consacrées à la riposte. Le Dr Dieudonné Mwamba Kazadi a rappelé le principe devant encadrer l’intervention des différents acteurs : un seul plan, un seul budget et une seule coordination.
Cette organisation doit permettre aux autorités de disposer d’une meilleure visibilité sur les interventions et les ressources mobilisées par les différents partenaires.
Mais la coordination reconnaît des insuffisances dans la mise en œuvre. Certains partenaires n’auraient pas assuré leur présence sur le terrain conformément aux orientations arrêtées dans le cadre de la coordination stratégique multisectorielle.
Le ministre Samuel-Roger Kamba a annoncé un durcissement à l’égard des organisations qui ne seraient pas en mesure de justifier l’utilisation des financements reçus. Des correspondances doivent être adressées aux structures concernées afin qu’elles rendent compte de l’utilisation des ressources mises à leur disposition.
Les organisations qui ne se conformeraient pas à ces exigences pourraient perdre leur accréditation. Le ministre a également évoqué la possibilité d’une intervention de la Direction générale de migration.
Cette mise au point intervient alors que près de 99 millions de dollars provenant du premier plan de riposte seraient encore disponibles et non utilisés. Sur les 97 partenaires engagés dans la réponse, environ un quart seulement aurait, selon les données communiquées lors de la rencontre, fourni les justifications attendues concernant les ressources reçues.
1,2 milliard de dollars pour les six prochains mois
Face à cette situation, les autorités congolaises ont présenté un nouveau plan de préparation et de réponse couvrant une période de 180 jours. Son financement global est évalué à 1,2 milliard de dollars.
Le dispositif doit permettre de maintenir les acquis obtenus depuis le début de la riposte et d’éviter une nouvelle propagation du virus. Il prévoit notamment le renforcement de la surveillance épidémiologique, du suivi des contacts, de la prise en charge des personnes infectées, ainsi que des mesures de prévention et de contrôle des infections.
La sensibilisation des populations figure également parmi les priorités, particulièrement dans les zones où le risque de transmission reste présent.
Pour le gouvernement et ses partenaires, la nouvelle phase de la riposte doit donc combiner la consolidation des résultats sanitaires et un contrôle plus rigoureux de l’action des différents intervenants. L’objectif demeure l’arrêt définitif de la transmission du virus et la consolidation des acquis jusqu’à la fin de l’épidémie.
La Rédaction