Viva Salud et ses partenaires congolais, Étoiles du Sud (EDS) et Si Jeunesse Savait (SJS), ont clôturé, les 22 et 23 octobre 2026 à Kinshasa, cinq années d’activités consacrées à la promotion du droit à la santé. Cet atelier national, organisé dans les bureaux de Viva Salud, dans la commune de la Gombe, a permis d’évaluer les réalisations du programme 2022-2026 et de formuler des recommandations pour la poursuite des actions en faveur d’un accès équitable aux soins.
Les travaux ont réuni des représentants des institutions publiques, des syndicats, des organisations de la société civile, des professionnels de santé et des bénéficiaires. La première journée a été consacrée au bilan du programme, aux bonnes pratiques et aux difficultés rencontrées. La seconde a porté sur les enquêtes de terrain relatives à la Couverture santé universelle, notamment à la gratuité de la maternité à Kinshasa.

Quatre axes pour renforcer le droit à la santé
Le programme reposait sur quatre axes : les soins de santé, l’amélioration des conditions de travail, la construction d’alliances et de réseaux en faveur du droit à la santé, ainsi que le partage des connaissances.
Thérèse Kilensele Muhele, directrice de Viva Salud en RDC, en a rappelé les principales orientations.

« Ensemble avec deux partenaires, Étoiles du Sud et Si Jeunesse Savait, Viva Salud, nous avons mis en place un programme quinquennal de 2022 à 2026. Le premier résultat était axé sur les soins de santé. Le deuxième concernait les conditions de travail saines. Le troisième portait sur la construction d’alliances et le réseautage pour donner une certaine légitimité au Mouvement national pour le droit à la santé. Le quatrième était consacré au partage et aux échanges de connaissances », a-t-elle expliqué.
L’un des enjeux de cette démarche était de renforcer le Mouvement national pour le droit à la santé (MONDAS), de soutenir les initiatives communautaires et de promouvoir un financement public plus équitable du secteur sanitaire.
La participation des bénéficiaires a également occupé une place importante dans l’évaluation. « Le programme arrive à la fin de son exercice. Voilà pourquoi nous avons voulu organiser un atelier mettant en évidence les résultats et les réalisations de nos deux partenaires. Ces réalisations ne pouvaient pas être mises en œuvre sans la participation des bénéficiaires. Nous les avons impliqués dans cet atelier pour qu’ils puissent témoigner de ce que le programme leur a apporté durant ces cinq années », a précisé Thérèse Kilensele.
Les participants ont ainsi examiné les changements intervenus sur le terrain, les enseignements tirés des activités et les acquis à préserver dans le prochain programme.
Gratuité de la maternité : les réalités du terrain au centre des débats
La deuxième journée, consacrée à la restitution des enquêtes menées auprès des populations, notamment sur l’évaluation de la gratuité de la maternité à Kinshasa, avait pour objectif de confronter les expériences des bénéficiaires et des prestataires aux dispositions prévues dans le cadre de la CSU.
« Le deuxième jour était consacré à la présentation des résultats des enquêtes que nous avons menées sur le terrain sur la gratuité de la maternité. Pour confronter la réalité du terrain à ce qui a été prévu par l’Autorité de régulation de la CSU, l’ARC-CSU, et le Fonds de solidarité de la santé, nous avons invité ces deux structures à répondre aux préoccupations des bénéficiaires, des prestataires, des syndicats ainsi que de la société civile », a indiqué la directrice de Viva Salud.
Ces échanges devaient permettre de relever les difficultés rencontrées dans l’application des mécanismes de la Couverture santé universelle et de dégager des pistes d’amélioration. Les résultats détaillés des enquêtes, notamment les données chiffrées sur les obstacles à l’accès aux soins, n’ont toutefois pas été communiqués dans les déclarations recueillies.
Pour Si Jeunesse Savait, cette restitution constituait également une occasion de porter les préoccupations des communautés auprès des acteurs institutionnels.

Evia Yalenga, directrice exécutive de l’organisation en RDC, est revenue sur les deux volets de l’atelier : « Ces deux journées nous ont permis de présenter les résultats phares obtenus lors de la mise en œuvre du programme Approche fondée sur les droits humains 2020-2026. Le premier jour a été consacré à la présentation des résultats obtenus, aux leçons apprises, aux bonnes pratiques documentées et aux défis rencontrés dans le programme. Le deuxième jour, nous avons présenté les résultats de l’enquête menée sur l’évaluation de la gratuité de la maternité à Kinshasa et discuté de la mise en œuvre de la Couverture santé universelle avec les acteurs concernés, les syndicats et les organisations de la société civile. »
Elle a souligné la nécessité de traduire les discussions en propositions concrètes : « Nous avons encouragé le gouvernement et proposé des solutions qui permettront d’améliorer la mise en œuvre de la Couverture santé universelle dans le pays. »
Les travaux devaient déboucher sur une note de positionnement politique et une déclaration nationale de clôture destinées à formaliser les recommandations des participants et à alimenter le plaidoyer auprès des décideurs.
Un nouveau programme en préparation
Les partenaires ont également engagé une réflexion sur la prochaine phase de leur action. Sylvie Lousala, présidente du comité national de gestion des ONG Étoiles du Sud, a expliqué que les contributions recueillies au cours de l’atelier serviraient à préparer les interventions futures.
« Nous organisons cet atelier de deux jours pour recueillir les résultats de notre programme de cinq ans avec les parties prenantes et réfléchir aux prochains programmes que nous allons mener avec huit autres organisations du Royaume de Belgique. Il s’agit de recueillir les contributions qui nous serviront à jeter les bases de l’exécution du prochain programme », a-t-elle déclaré.

Le programme achevé a bénéficié du financement de la Direction générale de la coopération au développement (DGD) de Belgique, par l’intermédiaire de Viva Salud.
La prochaine étape devra permettre de capitaliser les expériences acquises et de poursuivre les actions en faveur du droit à la santé. Pour les trois organisations, l’enjeu reste de renforcer la participation des communautés et de faire progresser l’accès équitable aux soins en République démocratique du Congo.
FIDEL SONGO