Lors de sa réunion stratégique hebdomadaire tenue ce lundi 5 octobre, l’Institut national de santé publique a dressé un bilan contrasté de la riposte aux épidémies qui frappent la RDC. Si Ebola montre des signes d’essoufflement dans plusieurs zones de santé, l’épidémie reste active, avec plus de 4 100 morts à ce jour, selon les derniers chiffres de l’institut.
Le Dr Mwamba Kazadi Dieudonné, directeur général de l’INSP, a présidé ce lundi la revue épidémiologique hebdomadaire consacrée aux trois menaces sanitaires prioritaires du pays : Ebola, choléra et rougeole. Un exercice de routine, mais dont les enjeux restent considérables pour un pays confronté à ce que plusieurs organisations qualifient déjà de plus grave épidémie d’Ebola de son histoire.
Un reflux encourageant, mais fragile
À la 39e semaine épidémiologique, le bilan national s’élève à 8 544 cas confirmés et 4 114 décès, soit un taux de létalité de 48,2 %. Vingt-trois zones de santé n’ont plus notifié le moindre cas depuis plus de 42 jours, un signal que l’INSP juge encourageant. Mais le directeur général a tenu à tempérer tout optimisme prématuré : l’absence prolongée de notification reste un indicateur favorable, non une preuve d’extinction du virus. Les zones concernées restent donc maintenues dans le dispositif de surveillance, afin de détecter toute résurgence silencieuse avant qu’elle ne reparte.
Ce prudence n’est pas superflue. Des organisations comme Médecins sans frontières ont averti ces derniers jours que le bilan réel pourrait être supérieur aux chiffres officiels, en raison des lacunes persistantes dans la détection et la surveillance sur le terrain. La crise, partie d’Ituri en mai, s’est depuis étendue à sept provinces et a conduit, le 3 octobre, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot à se rendre sur place pour annoncer un renforcement de l’aide de Paris.
Autre point de vigilance soulevé lundi : le taux de suivi des contacts, actuellement à 73,8 %, reste en deçà de l’objectif fixé. Des mécanismes sont déjà déployés pour le ramener à 85 %, avec l’ambition de dépasser les 89 % fixés par la coordination de la riposte. L’INSP mise également sur une stratégie élargie de prévention le long du fleuve Congo, où les mouvements importants de population exposent à un risque accru de propagation.
Choléra et rougeole : des tendances à surveiller
Le choléra, pour sa part, continue de progresser modérément : plus de 2 600 cas ont été recensés à la 39e semaine, en légère hausse par rapport à la semaine précédente. Cinq provinces concentrent à elles seules plus de 80 % des cas enregistrés à l’échelle nationale. Une campagne de vaccination est envisagée prochainement dans le Kivu pour tenter de freiner la transmission dans les zones les plus exposées.
Du côté de la rougeole, la tendance est en revanche à la baisse. Après les campagnes de vaccination menées dans trois blocs ciblés, environ 760 cas sont actuellement recensés, en recul par rapport à la semaine 38 — un résultat que l’INSP attribue directement à l’effet des campagnes vaccinales récentes.
Pour l’institut, l’enjeu des prochaines semaines consiste à transformer ces signaux favorables en résultats durables, sans relâcher la pression sur les zones où la transmission persiste encore.
La Rédaction