À l’occasion de la Journée nationale de l’anesthésie, le Conseil National des Techniciens Anesthésistes-Réanimateurs (CNTAR) de la République démocratique du Congo a lancé un appel aux autorités et aux partenaires. Son président national, Justin Marius Kimbien Mfumufioti, demande de meilleures conditions de travail, la disponibilité des moyens essentiels et une plus grande implication des techniciens dans la lutte contre la nouvelle épidémie d’Ebola.
Placée sous le thème international « Avant, pendant et après l’intervention chirurgicale », la célébration a rappelé que l’anesthésie ne se limite ni à l’endormissement du patient ni à son réveil. Elle débute par l’évaluation préanesthésique et la préparation du patient, se poursuit par la surveillance continue des fonctions vitales pendant l’intervention, puis par le suivi en salle de réveil et en soins intensifs. « Chaque patient mérite une anesthésie sûre », a souligné le président du CNTAR, qui insiste sur le fait qu’il n’y a pas de chirurgie sûre sans anesthésie sûre.
Cette journée intervient dans un contexte sanitaire préoccupant, marqué par une nouvelle épidémie de maladie à virus Ebola. Le CNTAR estime que les Techniciens Anesthésistes-Réanimateurs (TAR) ont un rôle à jouer auprès des patients en détresse respiratoire, en état de choc ou souffrant de troubles de la conscience. Dans les structures autorisées, et dans le respect des protocoles nationaux, ils peuvent contribuer à la surveillance clinique, à l’assistance respiratoire, à la préparation des unités de soins et à la formation du personnel.
Le président a toutefois mis en garde : les gestes susceptibles de générer des aérosols, notamment sur les voies aériennes, exigent une évaluation rigoureuse des risques, un équipement adapté et un personnel formé. « Protéger le patient ne doit jamais signifier exposer inutilement le soignant », a-t-il affirmé.
Des conditions de travail difficiles
Dans de nombreux établissements du pays, les TAR exercent avec des équipements de surveillance insuffisants, un manque d’oxygène, des médicaments anesthésiques en quantité limitée et un déficit de personnel. Le CNTAR leur a rendu hommage tout en plaidant pour des actes concrets :
- l’amélioration des conditions de travail et de sécurité ;
- la disponibilité des médicaments, consommables et équipements essentiels ;
- la formation continue et les stages de perfectionnement ;
- l’intégration des TAR qualifiés dans les structures publiques et privées ;
- la reconnaissance de leur rôle dans les plans d’urgence sanitaire et les équipes de riposte.
Un appel aux autorités et aux partenaires
Le CNTAR sollicite un accompagnement concret pour renforcer les services d’anesthésie-réanimation, en particulier dans les hôpitaux généraux de référence et les zones éloignées. Il souhaite aussi que les TAR participent aux formations et aux exercices de simulation des équipes de riposte. L’organisation déplore enfin que plusieurs TAR qualifiés restent sans emploi, alors que les besoins persistent.
S’adressant à ses collègues, le président les a invités à renouveler leur engagement envers la vie, la compétence et l’éthique, et à respecter les protocoles, même dans les environnements les plus difficiles. « Investir dans les TAR, c’est investir dans la sécurité chirurgicale, la préparation aux épidémies et la résilience de notre système de santé », a-t-il conclu.