Le ministre d’État à la Justice, Guillaume Ngefa, a décidé de suspendre provisoirement l’admission de nouveaux détenus à la prison centrale de Makala, à Kinshasa. La mesure doit permettre de faire face à la surpopulation et aux conditions de détention jugées préoccupantes, en attendant une amélioration de la situation.
La prison centrale de Makala n’accueillera plus provisoirement de nouveaux détenus, conformément à une décision du ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa.
Annoncée le 22 octobre, cette mesure répond à la pression exercée sur un établissement pénitentiaire confronté à une forte concentration de détenus. Elle vise à limiter l’aggravation des conditions de détention, dans l’attente de mesures permettant d’améliorer le fonctionnement de la prison.
La surpopulation carcérale figure parmi les difficultés récurrentes du système pénitentiaire congolais. Lorsque le nombre de détenus dépasse largement les capacités d’accueil, les conséquences peuvent toucher l’hébergement, l’hygiène, l’accès aux soins, l’alimentation et la sécurité.
La question des détentions préventives
La situation des personnes en détention préventive constitue un autre volet du problème. Certains détenus attendent longtemps l’aboutissement de leur procédure judiciaire, ce qui accentue la pression sur les établissements pénitentiaires.
Le recours à des mesures alternatives à l’emprisonnement pour certaines infractions mineures figure parmi les pistes évoquées par les autorités. Une telle orientation suppose cependant un examen individualisé des dossiers et le respect des garanties judiciaires.
La suspension des admissions à Makala ne signifie pas que les procédures judiciaires sont interrompues. Elle pose plutôt la question des modalités de prise en charge des personnes faisant l’objet d’une décision de détention et de l’organisation des transferts éventuels vers d’autres établissements, dans le respect de la loi.
Une mesure d’urgence qui appelle des solutions durables
La décision ministérielle peut freiner temporairement la hausse du nombre de détenus à Makala, mais elle ne règle pas à elle seule les difficultés structurelles du système carcéral.
L’amélioration des conditions de détention nécessite notamment des infrastructures adaptées, un suivi régulier des dossiers judiciaires, des moyens suffisants pour les services pénitentiaires et une meilleure gestion des personnes en attente de jugement.
Les prochaines décisions du ministère permettront de savoir quelles mesures complémentaires seront prises et selon quels critères les admissions pourront reprendre.
H.A.