Quatre-vingts ans après leur disparition, la République démocratique du Congo a honoré, jeudi 29 octobre, la mémoire d’une centaine de soldats de la Force publique enterrés au cimetière militaire de Fayid, en Égypte. Organisée en collaboration avec le Royaume de Belgique, cette cérémonie commémorative a été marquée par un hommage solennel du ministre délégué aux Anciens combattants, Eliezer Ntambwe, qui a appelé à transmettre aux générations futures le souvenir de ces hommes ayant servi sous le drapeau congolais.
L’histoire de ces soldats congolais, morts loin de leur terre natale pendant la Seconde Guerre mondiale, a été remise au cœur de la mémoire nationale. Au cimetière militaire du Commonwealth de Fayid, en Égypte, les autorités congolaises ont organisé une cérémonie de recueillement en présence de représentants de plus d’une dizaine de pays amis.
À tour de rôle, les délégations présentes ont déposé des gerbes de fleurs devant les tombes de ces anciens militaires, dans une atmosphère empreinte de solennité et de reconnaissance. Un geste symbolique pour saluer le sacrifice de ces hommes dont l’engagement au service de leur pays et de la paix mondiale demeure, selon les autorités, un héritage à préserver.
Prenant la parole à cette occasion, le ministre délégué aux Anciens combattants, Eliezer Ntambwe, a insisté sur la nécessité de ne pas laisser tomber dans l’oubli ces soldats qui ont servi sous les couleurs de la Force publique. Pour lui, cette reconnaissance dépasse le simple devoir de mémoire : elle doit également contribuer à inculquer aux jeunes générations les valeurs qui ont guidé ces anciens combattants.
« Honorer la mémoire de nos anciens combattants et nos soldats disparus n’est pas seulement tourner le regard vers le passé ; c’est aussi transmettre cette mémoire aux générations présentes et futures, tout en préservant les valeurs de courage, de discipline, de devoir, de loyauté, de dévouement, de service et de patriotisme », a-t-il déclaré.
Le ministre a également rappelé que la paix et la souveraineté des nations sont le fruit de sacrifices parfois consentis loin des frontières nationales. Il a ainsi invité les jeunes Congolais à comprendre que le courage ne se limite pas au combat armé, mais se traduit aussi par le service rendu à la patrie, la défense de la dignité humaine, la protection de l’intégrité territoriale et l’engagement en faveur de l’unité nationale.
Dans un hommage particulièrement poignant, Eliezer Ntambwe a tenu à rappeler que l’éloignement géographique n’efface pas l’appartenance à une nation ni la place que les disparus occupent dans la mémoire collective.
« On peut être loin de sa terre natale, mais rester dans la mémoire de son peuple. Vous reposez en Égypte, terre d’un pays ami, mais votre souvenir demeure au cœur du Congo parmi les vôtres. Vous étiez partis comme soldats ; vous demeurez dans notre mémoire comme des serviteurs et héros de toutes les Nations du monde », a-t-il souligné.
Au-delà de l’hommage, le ministre délégué a formulé le vœu que le sacrifice de ces anciens combattants continue de nourrir les relations d’amitié entre les peuples. Il a notamment évoqué les liens entre la République démocratique du Congo et la République arabe d’Égypte, tout en appelant à la paix et à la fraternité entre les nations.
La situation sécuritaire dans l’est de la RDC n’a pas été absente de son intervention. Devant les personnalités et délégations réunies à Fayid, Eliezer Ntambwe a également sollicité, dans un registre spirituel, l’intercession de ces anciens combattants pour le retour de la paix dans cette partie du territoire national, toujours confrontée à l’insécurité.
Le ministre a par ailleurs salué l’implication du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, dont l’engagement a, selon lui, rendu possible cette initiative mémorielle.
Cette cérémonie constitue ainsi une étape importante dans la reconnaissance des Congolais ayant pris part aux conflits mondiaux. En honorant leur mémoire sur leur terre d’inhumation, la RDC entend réaffirmer que le sacrifice de ces soldats, même accompli à des milliers de kilomètres de leur pays, appartient pleinement à son histoire nationale.