Les députés nationaux ont adopté ce lundi, en plénière, les recommandations de la commission d’enquête sur la gestion des frais académiques. Le vote, acquis à l’unanimité, demande à la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, de retirer du gouvernement la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), Marie-Thérèse Sombo.
Dès ce mardi, le bureau de la chambre basse doit saisir par écrit la cheffe du gouvernement pour lui transmettre les résolutions de l’assemblée plénière.
Une enquête née d’une alerte parlementaire
La commission d’enquête avait été installée le 7 mai 2026 au Palais du Peuple par le rapporteur de l’Assemblée nationale, Jacques Djoli Eseng’ekeli, à la suite des dénonciations du député André Mushongo sur une gestion jugée opaque des fonds générés dans plusieurs établissements. Composée de 23 membres, elle était dirigée par Séverin Bamanyi, président, et Mushongo Mashara, vice-président.
Sa mission consistait à examiner la perception des frais de dossier, des frais bancaires et d’autres frais techniques, afin d’en assurer la traçabilité. L’audit portait sur les trois dernières années académiques, de 2022 à 2025.
Des frais qui échapperaient au Trésor public
Le rapport complet n’a pas été rendu public. Selon le député Mushongo, l’ensemble des frais académiques payés par les étudiants échapperait au Trésor public. Il cite notamment les frais dits d’« effort de construction », encore perçus dans des établissements où aucun chantier n’est en cours. Il évoque aussi les frais d’homologation des diplômes, fixés à 75 dollars, dont seuls 25 dollars seraient reversés à la DGRAD, le solde étant capté par des personnes disposant d’« une parcelle de pouvoir ».
La balle dans le camp de la Primature
La demande des députés ne lie pas juridiquement la Première ministre. Le sort de la ministre dépendra de l’arbitrage de Judith Suminwa et, en dernier ressort, du chef de l’État, Félix Tshisekedi.
Il y a quelques jours encore, Marie-Thérèse Sombo présentait le bilan de son secteur lors de l’exercice de redevabilité consacré à la première année du gouvernement Suminwa II. Nommée en 2024, elle est la première femme à la tête de ce ministère. À l’heure où nous publions, elle n’a pas encore réagi publiquement au vote de l’Assemblée nationale. Dossier à suivre…
Fidel Songo