Cadre du Collectif des communicateurs et défenseurs des institutions, Exodus Lukombo salue la dernière sortie de James Swan sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC. Elle dénonce la poursuite des attaques attribuées à l’AFC/M23 avec l’appui du Rwanda, malgré les engagements pris à Doha et à Washington, et appelle la communauté internationale à agir pour faire respecter le cessez-le-feu.
La guerre se poursuit dans l’Est de la République démocratique du Congo, malgré les différents engagements diplomatiques pris pour mettre fin aux hostilités. La dernière sortie du chef de la MONUSCO, James Swan, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, a suscité une réaction d’Exodus Lukombo, cadre du Collectif des communicateurs et défenseurs des institutions.
La responsable salue les déclarations du chef de la mission onusienne, notamment le fait qu’il ait évoqué ouvertement les combats opposant l’AFC/M23 et ses alliés, appuyés par le Rwanda, aux FARDC et leurs alliés.
Pour Exodus Lukombo, cette prise de position constitue un signal important dans la reconnaissance internationale de la situation qui prévaut dans l’Est de la RDC.
« Nous saluons la sortie de James Swan, qui reconnaît progressivement et ouvertement la réalité de ce qui se passe dans l’Est de notre pays, notamment le soutien du Rwanda à l’AFC/M23 », souligne-t-elle.
Doha et Washington : des engagements toujours confrontés aux réalités du terrain
Exodus Lukombo attire cependant l’attention sur le décalage entre les engagements pris dans les processus de Doha et de Washington et la situation sécuritaire sur le terrain.
Selon elle, les accords conclus dans ces deux cadres n’ont toujours pas permis de mettre fin aux hostilités. Elle dénonce la poursuite des attaques contre les positions des FARDC ainsi que les violences qui touchent les populations civiles.
« Jusqu’à aujourd’hui, les accords conclus à Doha et à Washington n’ont toujours pas produit les effets attendus sur le terrain. Pendant que les discussions se poursuivent, le Rwanda et l’AFC/M23 continuent leurs attaques contre les positions congolaises et les populations civiles », dénonce-t-elle.
Pour la cadre du Collectif des communicateurs et défenseurs des institutions, le respect des engagements pris doit désormais constituer une priorité pour les acteurs impliqués dans les différents processus de paix.
Pinga, Masisi : les combats se poursuivent
Cette interpellation intervient alors que les affrontements se poursuivent dans plusieurs zones du Nord-Kivu.
Le 28 septembre, des frappes de drones attribuées à l’AFC/M23 ont notamment visé des positions dans la zone de Pinga, dans le territoire de Walikale. Des positions occupées par des combattants Wazalendo à Kaleta et Bitoyi, dans le territoire de Masisi, ont également été ciblées. Ces événements sont intervenus alors que les combats se poursuivaient sur plusieurs fronts dans les deux territoires.
Dans son briefing devant le Conseil de sécurité, James Swan avait lui-même indiqué que les combats continuaient notamment à Masisi et Walikale, entre l’AFC/M23 et ses alliés appuyés par le Rwanda, d’une part, et les FARDC et leurs alliés, d’autre part.
Pour Exodus Lukombo, ces développements illustrent les difficultés auxquelles sont confrontés les mécanismes de cessez-le-feu mis en place dans le cadre des processus de paix.
La communauté internationale interpellée
Exodus Lukombo appelle ainsi la communauté internationale à ne pas limiter son action aux déclarations et aux engagements diplomatiques.
Elle demande que les violations du cessez-le-feu soient documentées, établies et suivies de mesures permettant d’empêcher la reprise des hostilités.
« Les accords de paix ne peuvent pas rester de simples textes. Il faut que les engagements soient respectés et que les populations de l’Est puissent enfin voir les résultats de ces processus sur le terrain », insiste-t-elle.
Alors que la MONUSCO accompagne le mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu, Exodus Lukombo estime que l’enjeu reste désormais de parvenir à une cessation effective des combats et à une meilleure protection des populations civiles dans les zones affectées par la guerre.