Entre janvier et juillet 2026, le commerce entre la République démocratique du Congo et la Chine a franchi la barre des 19,2 milliards de dollars américains, avec un excédent commercial net en faveur de Kinshasa de près de 10,6 milliards de dollars. Des chiffres dévoilés à Kinshasa par l’ambassadeur chinois Zhao Bin, à l’occasion du 77e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine.
C’est lors d’une conférence de presse organisée pour cette commémoration que le diplomate a détaillé l’état des relations économiques entre les deux pays. Longtemps portée presque exclusivement par le secteur minier, la coopération sino-congolaise confirme son poids : la RDC figure déjà, selon des déclarations antérieures de l’ambassade chinoise, parmi les premiers partenaires commerciaux de Pékin sur le continent, un volume d’échanges qui avait déjà atteint 21,9 milliards de dollars en 2022.
Pékin veut sortir du tout-minier
Pour la partie chinoise, l’enjeu de cette nouvelle phase de coopération consiste justement à desserrer cette dépendance au secteur extractif. Zhao Bin a cité plusieurs secteurs appelés à prendre davantage de place dans les échanges bilatéraux : l’agriculture et l’agroalimentaire, mais aussi la transformation locale des minerais, les infrastructures, la santé, la formation professionnelle, les énergies propres, les technologies de l’information et l’éducation intelligente.
Sur le volet agricole, l’ambassadeur a explicitement invité la RDC à accroître ses exportations vers le marché chinois, citant notamment le café, les noix de cajou, les piments séchés et certains produits aquatiques comme des filières à fort potentiel. Une orientation qui s’inscrit dans une politique commerciale plus large déployée par Pékin envers le continent : depuis le 1er mai 2026, la Chine applique un tarif douanier nul à 53 pays africains ayant des relations diplomatiques avec elle. Selon les chiffres cités par Zhao Bin, les importations chinoises en provenance d’Afrique ont atteint 193,8 milliards de yuans dans les deux mois suivant l’entrée en vigueur de cette mesure, soit une progression de 23,5 % sur un an.
Emplois, impôts et investissements miniers
Au-delà du commerce, l’ambassadeur a également mis en avant l’empreinte économique directe des entreprises chinoises présentes en RDC. Celles-ci auraient généré plus de 120 000 emplois directs en 2025 et versé plus de 4 milliards de dollars d’impôts aux caisses de l’État congolais. Dans le seul secteur minier, elles auraient injecté plus de 1,77 milliard de dollars dans les infrastructures, ainsi que près de 100 millions de dollars dans des projets destinés aux communautés locales. Ces données, précise-t-on, émanent de la partie chinoise.
Pour Kinshasa, le défi qui se dessine derrière ces annonces est double : parvenir à élargir son offre exportable au-delà des matières premières brutes, et s’assurer que la transformation locale des minerais, régulièrement évoquée par les autorités congolaises, se traduise concrètement dans les prochains échanges avec son principal partenaire commercial.
FIDEL SONGO