Les principaux réseaux et organisations de femmes de la République démocratique du Congo se sont réunis ce vendredi 3 octobre à la salle Town Hall de la MONUSCO pour l’Atelier national de fusion et d’harmonisation des cahiers des charges des réseaux de femmes.
Placée sous le thème « Pour une participation effective au dialogue et à la consolidation d’une paix durable en RDC », la rencontre était organisée par la Composante Femmes de la société civile.
Passer de positions séparées à une lecture commune
Depuis plusieurs mois, différents réseaux de femmes ont élaboré leurs propres cahiers des charges. Ceux-ci s’appuient notamment sur les consultations menées dans le cadre de la campagne « Gouvernance inclusive pour une paix durable ». Selon les organisatrices, ces documents font ressortir d’importantes convergences, mais aussi des différences de formulation, de priorités et de mécanismes de mise en œuvre.
L’atelier avait donc pour but de rassembler ces contributions et de produire, de manière participative et consensuelle, un Cahier des charges commun des réseaux de femmes de la RDC. Ce document doit servir de référence pour le dialogue, la médiation, le plaidoyer, la participation citoyenne et la consolidation de la paix, sans effacer les spécificités provinciales et communautaires.
Point focal de la Composante Femmes de la société civile, Désidérata Furaha, convoquée à cette rencontre, y a pris part aux côtés des représentantes des réseaux nationaux et provinciaux, des femmes médiatrices, des organisations de paix et sécurité, des défenseuses des droits humains et de jeunes femmes.
Les travaux ont bénéficié d’un message d’encouragement et de soutien de la cheffe de la Division genre de la MONUSCO Représentée à l’atelier par Madame Martina, elle a fait lire ce message devant les participantes, saluant cette démarche de concertation entre réseaux de femmes.
Les échanges se sont structurés autour de huit axes thématiques :
- paix, sécurité et prévention des conflits ;
•participation effective des femmes ;
•dialogue inclusif et gouvernance ;
•justice, droits humains et protection ;
•cohésion sociale et réconciliation ;
•gouvernance inclusive et redevabilité ;
relèvement et développement durable ;
•suivi, plaidoyer et mise en œuvre.
Le programme prévoyait la présentation des cahiers des charges existants par la Composante Femmes, puis celle de la synthèse des consultations en ligne sur le dialogue par l’association La Dignité Humaine. Une experte a ensuite proposer une cartographie des convergences, complémentarités et divergences. Les participantes ont poursuivi en groupes thématiques avant une restitution en plénière.
La méthode retenue suit cinq étapes : présentation, cartographie comparative, harmonisation, recherche de consensus, puis validation. Une matrice de fusion garantit la traçabilité de chaque recommandation, depuis sa formulation initiale jusqu’au responsable de son suivi.
Le document attendu devra distinguer les principes communs, les revendications communes, les recommandations prioritaires, les engagements attendus des parties prenantes et les préoccupations spécifiques des provinces et des réseaux. Il comprendra aussi un mécanisme de suivi et de redevabilité ainsi qu’une stratégie commune de plaidoyer et de communication.
Un comité technique de finalisation et de suivi doit être mis en place. Il sera chargé d’intégrer les amendements, de faire valider le texte par les réseaux absents, d’élaborer une feuille de route et de produire des rapports périodiques.
Les organisatrices indiquent que la réussite de l’atelier se mesurera au passage effectif de cahiers séparés à un cadre commun, adopté et suivi collectivement.
Lionel Kibuluku