En marge du mois de mars : Evelyne Lomema appelle à une implication accrue de la femme sankuroise dans le développement et à la rupture avec les préjugés rétrogrades

En marge de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, Evelyne Koso Lomema, l’une des voix féminines émergentes de la province du Sankuru, a pris part à un colloque réunissant les femmes originaires de la terre du héros national Patrice Lumumba. À cette occasion, elle a porté un message fort sur la place stratégique de la femme dans le développement de la province.

Dans son intervention, elle a tenu, d’entrée de jeu, à rappeler la portée réelle du 8 mars. Loin d’être une simple journée de célébration ou un rituel symbolique, cette date, a-t-elle souligné, s’inscrit dans une longue tradition de luttes menées par les femmes à travers le monde pour la reconnaissance de leurs droits fondamentaux, notamment l’accès à des conditions de travail dignes, le droit de vote et l’égalité des chances.

Revenant sur les origines historiques de cette commémoration, elle a évoqué l’initiative lancée en 1910 à Copenhague par la militante allemande Clara Zetkin, à l’origine de cette journée aujourd’hui consacrée à l’échelle internationale comme un moment de mobilisation en faveur de la justice, de la dignité et de l’égalité des femmes.

Mais au-delà de ce rappel historique, c’est surtout la réalité sociétale du Sankuru qui a constitué le cœur de son plaidoyer. Dressant un constat sans complaisance, Evelyne Koso Lomema a déploré la marginalisation persistante des femmes, pourtant piliers essentiels de la société. Sous-estimées et insuffisamment représentées dans les instances de prise de décision, elles demeurent encore en retrait dans les dynamiques de gouvernance locale.

« Dans nos familles comme dans nos communautés, la femme est au centre de tout. Elle travaille, éduque, nourrit et soutient. Pourtant, sa voix reste insuffisamment entendue », a-t-elle fait observer.

Face à cette réalité, elle a entrepris de déconstruire les stéréotypes encore ancrés dans certaines mentalités. « La femme n’est ni faible ni inférieure. Elle constitue une véritable force pour la société », a-t-elle insisté, appelant à un changement profond des perceptions.

Pour elle, le développement du Sankuru ne saurait être envisagé sans une participation active et structurée des femmes. Elle a, à cet effet, mis en avant trois leviers essentiels : l’éducation, l’autonomisation économique et l’engagement dans la vie publique, considérés comme les fondements d’un progrès durable.

Dans la même logique, elle a rappelé qu’une femme autonome renforce sa cellule familiale, qu’une femme instruite éclaire sa communauté et qu’une femme engagée est capable d’impulser des transformations générationnelles, reprenant ainsi l’idée selon laquelle éduquer une femme revient à éduquer toute une nation.

Poursuivant son plaidoyer, Evelyne Koso Lomema a exhorté les femmes sankuroises à croire en leur potentiel, à se former, à entreprendre et à s’impliquer pleinement dans les processus décisionnels. Elle a également insisté sur le principe de méritocratie, affirmant que les compétences ne sont pas liées au sexe, que l’intelligence n’a pas de genre et que le leadership ne doit pas être l’apanage des hommes.

Consciente des obstacles structurels et des injustices persistantes, elle a néanmoins encouragé les femmes à faire preuve de résilience, de courage et de détermination dans la défense de leur dignité.

Elle a également lancé un appel aux hommes, les invitant à accompagner cette dynamique en favorisant une complémentarité constructive, indispensable à un développement harmonieux.

« Lorsque la femme avance, la famille avance. Lorsque la femme progresse, la communauté progresse. Et lorsque la femme s’élève, toute la nation s’élève », a-t-elle déclaré, résumant la quintessence de son message.

Enfin, revenant sur le sens profond du 8 mars, elle a mis en garde contre sa banalisation, appelant à dépasser les célébrations de façade pour inscrire la promotion des droits des femmes dans une action continue et concrète.

Fidel Songo

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