Face aux rivalités internationales autour du gigantesque gisement de lithium de Manono, dans la province du Tanganyika, Moussa Kalema Sangolo-Zaku invite la République démocratique du Congo, à travers ses dirigeants, à dépasser son rôle historique de simple exportateur de matières premières pour bâtir une véritable stratégie nationale fondée sur la souveraineté économique. Dans cette tribune, le président du Parti des Vertus Républicaines (PVR) plaide pour une nouvelle doctrine des minerais stratégiques reposant notamment sur la transformation locale, le transfert des technologies, la création d’emplois, la transparence des contrats et la défense de l’intérêt national. Pour lui, Manono constitue un test décisif pour la capacité du Congo à s’imposer comme un acteur stratégique dans la nouvelle économie mondiale dominée par la course au lithium.
TRIBUNE
MANONO : LE TEST DE LA RÉPUBLIQUE STRATÈGE
Entre la guerre mondiale du lithium et la souveraineté congolaise
Tribune interpellatrice du Parti des Vertus Républicaines (PVR)
La République démocratique du Congo est une fois de plus placée devant l’un des plus grands rendez-vous de son histoire contemporaine.
Cette fois-ci, il ne s’agit ni du cuivre, ni du cobalt, ni du coltan. Il s’agit du lithium. Et plus précisément du gigantesque gisement de Manono, dans la province du Tanganyika.
Au-delà des batailles judiciaires, des rivalités entre entreprises étrangères et des intérêts géopolitiques qui s’y affrontent, une question fondamentale doit être posée à la Nation :
La République démocratique du Congo dispose-t-elle d’une stratégie souveraine pour faire de Manono un levier de puissance nationale ?
Voilà la véritable question. Car le danger n’est pas la présence des puissances étrangères. Le danger est l’absence d’une vision nationale claire.
Depuis des décennies, notre pays a trop souvent joué le rôle de fournisseur de matières premières au bénéfice des autres économies.
- Nos minerais quittent notre territoire à l’état brut.
- Les emplois industriels sont créés ailleurs.
- Les technologies sont développées ailleurs.
- La valeur ajoutée est produite ailleurs.
- Et le peuple congolais continue paradoxalement à vivre dans la pauvreté au milieu de richesses immenses.
- L’histoire ne doit pas se répéter.
- Manono ne doit pas devenir un nouveau symbole de la malédiction des ressources.
- Manono doit devenir le laboratoire de la République stratège que nous appelons de nos vœux.
- Nous devons avoir le courage de le dire.
- La rivalité actuelle entre la Chine, les États-Unis et d’autres acteurs internationaux n’est pas une surprise.
- Le lithium est devenu l’une des ressources les plus convoitées du XXIᵉ siècle.
Il est indispensable à la transition énergétique mondiale, aux batteries, aux véhicules électriques et aux technologies de demain.
Les grandes puissances défendent naturellement leurs intérêts.
Cela n’est ni anormal ni condamnable.
- La véritable question est la suivante :
- La RDC défend-elle suffisamment les siens ?
- Car la souveraineté ne consiste pas à refuser les partenariats.
- La souveraineté consiste à les organiser au bénéfice de la Nation.
- La Renaissance nationale nous oblige à dépasser les débats idéologiques.
- Nous ne devons être ni pro-américains, ni pro-chinois, ni pro-australiens.
- Nous devons être d’abord et avant tout pro-congolais.
- Notre seule boussole doit être l’intérêt supérieur de la République.
Le Parti des Vertus Républicaines (PVR) estime que le moment est venu d’engager une nouvelle doctrine nationale des minerais stratégiques.
Cette doctrine devrait reposer sur plusieurs principes.
Premièrement, aucun minerai stratégique ne devrait quitter durablement le territoire national sans une politique ambitieuse de transformation locale.
Deuxièmement, chaque projet minier majeur devrait être accompagné d’un programme obligatoire de transfert des compétences et des technologies vers les Congolais.
Troisièmement, chaque projet devrait contribuer au développement des infrastructures locales, des universités, des centres de recherche et des bassins d’emplois.
Quatrièmement, la transparence contractuelle doit devenir une exigence nationale.
Cinquièmement, la RDC doit se doter d’une vision de long terme et négocier en position de force.
Car un État qui ignore la valeur stratégique de ses ressources renonce progressivement à sa souveraineté.
Mais un État qui sait organiser ses ressources devient un acteur respecté du système international.
- L’heure n’est donc ni à la peur ni à la naïveté.
- L’heure est à la stratégie.
- L’heure est à la responsabilité.
- L’heure est à la lucidité.
Car la République démocratique du Congo ne peut plus se contenter d’être le terrain sur lequel les autres organisent leur puissance.
Elle doit apprendre à organiser sa propre puissance.
Et c’est précisément cela la Renaissance nationale.
- Une Nation qui cesse de subir.
- Une Nation qui commence à décider.
- Une Nation qui commence à organiser son avenir.
- Une Nation qui comprend enfin que sa plus grande richesse n’est pas seulement enfouie dans son sous-sol, mais qu’elle réside dans sa capacité à former des bâtisseurs et des transformateurs.
Car si nous ne corrigeons pas notre manière d’exercer notre souveraineté, nous risquons de transmettre davantage de pauvreté, davantage de méfiance, davantage de résignation et une République privée de bâtisseurs et de sentinelles.
Mais si nous faisons le choix de la lucidité, de l’honnêteté et de la responsabilité, alors la RDC avancera inexorablement vers la dignité, la sécurité, la prospérité et le bien-être.
Et c’est précisément le combat que nous devons mener aujourd’hui.
- Non pas contre les autres.
- Mais pour la République.
- Non pas contre le monde.
- Mais pour la souveraineté intelligente de la Nation congolaise.
Car le XXIᵉ siècle sera celui des États stratèges.
Et le Congo n’a plus le droit de manquer ce rendez-vous avec l’histoire.
Fait à Kinshasa le 18/06/26
Moussa Kalema Sangolo-Zaku
Président National du PVR
Membre du Bureau Politique du FCC