RDC : quand l’insouciance du pouvoir devient un risque pour la survie de la Nation ( Par Moussa Kalema)

Alors que la République démocratique du Congo traverse l’une des périodes les plus critiques de son histoire récente, la parole, les priorités et les comportements du sommet de l’État suscitent, selon Moussa Kalema , président national du parti des vertus républicaines, une profonde inquiétude. Entre guerre à l’Est, insécurité généralisée, tensions politiques, menaces sur la cohésion nationale et crise humanitaire persistante, l’exercice du pouvoir ne peut plus se permettre l’insouciance, la légèreté ou la communication clivante, dit-elle. C’est ainsi qu’il appelle, à travers cette tribune, à un sursaut républicain “avant qu’il ne soit trop tard”.

TRIBUNE 

RDC : QUAND L’INSOUCIANCE DU POUVOIR DEVIENT UN RISQUE POUR LA SURVIE DE LA NATION

« Gouverner un pays en guerre n’est pas administrer le quotidien ; c’est organiser la survie de la Nation. ». La République démocratique du Congo traverse une crise multidimensionnelle d’une gravité exceptionnelle. À l’Est, la guerre continue de faire des victimes, des milliers de familles sont déplacées et vivent dans des conditions précaires.

À l’Ouest, les violences liées au phénomène Mobondo continuent de fragiliser l’autorité de l’État. 

  • L’insécurité gagne plusieurs provinces.
  • La souveraineté nationale demeure sous pression.
  • Des Congolais vivent en exil, d’autres subissent la répression ou l’intimidation.
  • Les tensions politiques s’aggravent davantage avec le vote de la loi référendaire, tandis que de nombreuses voix alertent sur les risques de fracture nationale.

À cela s’ajoutent les défis sanitaires qui exigent une mobilisation nationale permanente.

Dans un tel contexte, la première responsabilité d’un Chef de l’État est d’incarner la gravité, l’unité nationale et la mobilisation générale de la République. Or, le spectacle offert ces derniers jours suscite incompréhension et indignation.

Pendant que des soldats manquent parfois de moyens sur les lignes de front, pendant que des milliers de déplacés vivent dans la précarité, pendant que des familles sont dispersées par la guerre, le pays assiste à une succession de manifestations festives, de cérémonies protocolaires et de déplacements qui donnent l’impression d’un décalage profond entre la réalité du terrain et les priorités du pouvoir.

Le problème n’est ni le sport, ni la culture, ni les activités officielles auxquelles un Chef d’État peut légitimement participer.

Le problème est celui du sens des priorités.

Un pays en état de vulnérabilité permanente exige une présidence de guerre, une présidence de mobilisation nationale et non une présidence de distraction. Un chef de l’État n’est pas le président de sa majorité politique.Il est le Président de toute la Nation.Sa parole ne lui appartient pas ; elle engage quarante, cinquante ou cent millions de citoyens.Sa fonction lui impose une retenue particulière. Elle doit respirer le respect, la hauteur de vue, l’apaisement et la dignité institutionnelle.

Dans un contexte aussi explosif, toute communication publique qui alimente les divisions ou les antagonismes politiques constitue une faute politique majeure.

Les Congolais n’attendent pas des querelles personnelles.

  • Ils attendent des solutions
  • Ils attendent une vision.
  • Ils attendent un cap.
  • Ils attendent un commandement national.

Le pays ne peut se permettre de transformer les institutions en arènes de confrontation permanente.

  • L’heure est à l’unité nationale.
  • L’heure est à la reconstruction de l’autorité de l’État.
  • L’heure est à la restauration de la confiance.

Pendant que les défis sécuritaires, diplomatiques, sanitaires et humanitaires s’accumulent, l’absence du Congo dans certains espaces stratégiques internationaux affaiblit davantage sa crédibilité et nourrit les inquiétudes sur la hiérarchisation des priorités nationales.

Comment convaincre le monde de soutenir la RDC si nous ne donnons pas nous-mêmes l’impression que l’urgence nationale constitue la priorité absolue ?

La République ne peut être gouvernée comme si elle vivait une période ordinaire.

Nous sommes dans une période extraordinaire qui exige des comportements extraordinaires.

Le danger aujourd’hui n’est pas seulement sécuritaire.

  • Il est institutionnel.
  • Il est moral.
  • Il est politique.
  • Il est psychologique.
  • Il est national.

L’accumulation des frustrations, des tensions politiques et des crises sécuritaires peut conduire à des ruptures que personne ne souhaite.

Le Parti des Vertus Républicaines (PVR) met en garde contre toute dynamique susceptible d’entraîner le pays vers une implosion dont les conséquences seraient imprévisibles.

  • Nous refusons la fatalité.
  • Nous refusons la résignation.
  • Nous refusons la banalisation du danger.
  • La RDC n’a pas besoin d’un climat de guerre entre Congolais.
  • Elle a besoin d’une mobilisation générale autour de sa survie.
  • Nous appelons le Président de la République à retrouver la hauteur de sa charge, à parler à tous les Congolais, à apaiser les tensions, à recentrer l’action publique sur les priorités vitales et à engager la Nation sur le chemin de la responsabilité.

Car le temps n’est plus aux distractions.

  • Le temps est au commandement national.
  • Le temps est à la République.
  • Le temps est à la Renaissance nationale.

Notre proposition : l’amorce de la Renaissance nationale

Chaque crise que traverse la RDC nous rappelle une vérité fondamentale : le pays ne souffre pas seulement d’un déficit de moyens ; il souffre d’un déficit de vision stratégique.

Le moment est venu d’engager la transition vers :

* une République de la loi ;

* un État stratège qui pense en décennies et non en échéances électorales ;

* une gouvernance fondée sur la souveraineté, la discipline et le mérite ;

* une armée républicaine forte et correctement prise en charge ;

* une diplomatie offensive au service des intérêts nationaux ;

* une unité nationale placée au-dessus des intérêts partisans.

La Renaissance nationale n’est plus un choix politique. Elle est devenue une nécessité historique.

Car une Nation qui cesse d’organiser sa puissance organise elle-même sa vulnérabilité.

Moussa Kalema Sangolo-Zaku

Président National du Parti des Vertus Républicaines (PVR)

Membre du Bureau Politique du FCC

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