La condition posée par la coalition C64 pour participer à un éventuel dialogue politique continue de susciter des réactions au sein de la majorité présidentielle et de ses soutiens. Cadre du Collectif des communicateurs et défenseurs des institutions, Exodus Lukombo estime que l’opposition « n’est pas en position de force » pour fixer des préalables avant toute discussion nationale.
Dans une déclaration faite ce vendredi, elle a soutenu que le rapport de force issu des dernières élections confère à la majorité présidentielle une légitimité politique largement supérieure à celle de l’opposition. Selon elle, les responsables de la C64 devraient privilégier la participation au dialogue plutôt que la formulation de conditions préalables.
« L’opposition doit comprendre qu’elle n’est pas en position de force pour imposer ses conditions. Les résultats des urnes parlent d’eux-mêmes et traduisent une nette prédominance de la majorité présidentielle sur le plan politique et institutionnel », a déclaré Exodus Lukombo.
Pour étayer sa position, la communicatrice du chef de l’État rappelle que les forces politiques de l’opposition occupent moins de 30 % des sièges à l’Assemblée nationale et qu’elles ont obtenu, selon elle, moins de 30 % des suffrages lors de la dernière élection présidentielle. Ces chiffres démontreraient, à ses yeux, que la majorité présidentielle demeure la principale force politique du pays.
Exodus Lukombo estime également qu’un éventuel référendum organisé dans le contexte actuel serait favorable au camp présidentiel. « Si un référendum était organisé aujourd’hui, c’est la majorité qui l’emporterait », affirme-t-elle, invitant les dirigeants de la C64 à « prendre acte du rapport de force issu des urnes ».
La réaction de la cadre d’Exodus Lukombo intervient après l’annonce par la C64 de sa participation à une marche prévue le 22 juillet et sa décision de conditionner tout dialogue à l’abandon du projet de changement constitutionnel. La coalition de l’opposition estime que toute réforme de la Constitution doit être précédée d’un consensus politique large et transparent.
Du côté de la majorité et de ses alliés, plusieurs voix soutiennent au contraire que le dialogue ne peut être subordonné à des exigences préalables. Pour Exodus Lukombo, les discussions nationales doivent se tenir dans un esprit d’ouverture, sans « arrogance » ni volonté d’imposer des conditions avant même le début des échanges.
Le débat autour d’un éventuel dialogue politique, du projet de réforme constitutionnelle et du rapport de force entre majorité et opposition continue ainsi d’animer la scène politique congolaise, à quelques jours des nouvelles mobilisations annoncées par la C64.