Alors que la Coalition Article 64 (C64) annonce une marche nationale pour le 15 septembre prochain, Exodus Lukombo estime que cette mobilisation intervient alors que le processus du dialogue national est déjà engagé. Pour cette communicatrice et membre du Collectif des communicateurs et défenseurs des institutions, le président Félix Tshisekedi a donné son accord de principe à la démarche portée par les confessions religieuses, tandis que la CENCO et l’ECC poursuivent leurs consultations avec les différentes parties prenantes. Elle invite ainsi l’opposition à calmer le jeu et à laisser les acteurs chargés de préparer le dialogue préciser les prochaines étapes, estimant qu’une nouvelle mobilisation dans la rue risque surtout d’exposer inutilement les Congolais.
L’annonce d’une nouvelle marche de l’opposition, prévue le 15 septembre, suscite déjà des réactions dans le camp présidentiel. Exodus Lukombo considère cette initiative de la Coalition Article 64 (C64) comme une mobilisation désormais difficile à justifier au regard de l’évolution du processus politique.
La C64 a annoncé, le 15 août, une marche pacifique nationale pour le 15 septembre, après l’expiration de l’ultimatum qu’elle avait fixé au président de la République pour obtenir la convocation du dialogue national inclusif.
Mais pour Exodus Lukombo, cette nouvelle mobilisation ne répond plus à la réalité du moment.
Elle rappelle que le chef de l’État a déjà donné son accord de principe à l’organisation d’un dialogue national, à la suite des démarches entreprises par les confessions religieuses, notamment la CENCO et l’ECC. Ces dernières poursuivent par ailleurs leurs consultations auprès des différentes composantes de la classe politique et de la société congolaise.
Pour cette communicatrice, la question n’est donc plus de savoir si le pouvoir accepte ou non le principe d’un dialogue.
« Le président a déjà donné son accord de principe au dialogue. Les confessions religieuses sont en train de travailler et le processus suit son cours. Alors, pourquoi continuer à organiser des marches ? Que cherchent-ils encore ? », s’interroge Exodus Lukombo.
« Le train du dialogue est déjà en marche »
Exodus Lukombo estime que la C64 devrait désormais privilégier les discussions autour du contenu, du format et de la participation au dialogue plutôt que de maintenir une pression permanente dans la rue.
Elle rappelle notamment que les confessions religieuses ont annoncé la poursuite de leurs consultations avec d’autres acteurs de la crise congolaise. Cette démarche doit permettre, selon elle, de rapprocher les différentes positions avant de fixer les modalités définitives des assises.
« Le train du dialogue est déjà en marche. Ceux qui sont chargés de conduire ce processus sont en train de consulter. Il faut leur laisser le temps de faire leur travail et de revenir avec des précisions sur ce qui reste à faire », soutient-elle.
Dans cette logique, Exodus Lukombo considère que l’annonce de la marche du 15 septembre ressemble davantage à une volonté de maintenir la mobilisation politique qu’à une nécessité liée à la recherche d’une solution à la crise.
« Pourquoi exposer encore les Congolais ? »
La communicatrice estime surtout qu’une manifestation de grande ampleur comporte toujours des risques dans un contexte politique déjà tendu.
Selon elle, si l’objectif affiché de l’opposition est d’obtenir un dialogue national inclusif, les revendications qu’elle souhaite porter peuvent désormais être défendues dans le cadre de ces assises.
« Tout ce qu’ils veulent dire, tout ce qu’ils veulent revendiquer et toutes les questions qu’ils souhaitent poser peuvent être discutés autour de la table du dialogue. Pourquoi alors maintenir une mobilisation qui risque d’exposer inutilement les Congolais ? », fait-elle valoir.
Pour Exodus Lukombo, l’opposition devrait donc éviter de donner le sentiment qu’elle cherche à créer une nouvelle confrontation alors même qu’une voie politique est en train de se mettre en place.
Elle invite les responsables de la C64 à faire preuve de retenue et à attendre les prochaines étapes annoncées par les confessions religieuses.
F.S.