Le Vice-Premier ministre de la Défense nationale a notifié au chef d’état-major général des FARDC la suspension, « jusqu’à nouvel ordre », des autorisations de sortie du territoire pour les officiers généraux et supérieurs. Les autorisations déjà délivrées mais non exécutées sont annulées. La mesure découle d’instructions du chef de l’État, données au Conseil supérieur de la défense.
Dans une correspondance datée du 15 octobre 2026 et intitulée « Instructions », le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et Anciens Combattants, Me Guy Kabombo Muadiamvita, demande au chef d’état-major général des FARDC d’appliquer deux mesures. D’une part, toutes les demandes d’autorisation de sortie à l’extérieur du pays en faveur des officiers généraux et supérieurs sont suspendues jusqu’à nouvel ordre. D’autre part, les autorisations de sortie de toute nature déjà délivrées, mais pas encore exécutées, tombent caduques.
Le courrier précise que ces dispositions sont prises conformément aux instructions du Commandant suprême des FARDC, données lors de la réunion du Conseil supérieur de la défense qu’il a présidée le mercredi 14 octobre à la Cité de l’Union africaine. Le ministre qualifie ces dispositions de « mesures conservatoires » et insiste sur le fait qu’elles ne doivent souffrir d’aucune défaillance.
La lettre est transmise pour information au président de la République, à la Première ministre, au Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, au chef de la Maison militaire du chef de l’État, à l’inspecteur général des FARDC, au secrétaire général à la Défense, au sous-chef d’état-major chargé du Renseignement et au directeur général de la Migration. La présence de ce dernier laisse penser que la mesure doit aussi être appliquée aux frontières.
Un Conseil réuni en pleine tension sécuritaire
Le Conseil supérieur de la défense du 14 octobre était consacré à l’évaluation de la situation sécuritaire sur l’ensemble du territoire national. La Première ministre Judith Suminwa Tuluka, le Vice-Premier ministre de la Défense et les responsables des services concernés y ont participé, et le chef d’état-major général a exposé la situation opérationnelle des unités engagées. Selon le porte-parole des FARDC, le général Sylvain Ekenge, le président a donné des instructions précises pour que l’armée et les services de sécurité assurent la défense de l’intégrité territoriale et la protection des civils.
La réunion s’est tenue dans un contexte tendu, marqué par l’annonce de la création d’un mouvement politico-militaire associé à l’ancien président Joseph Kabila et à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), liée au M23.
Ni la lettre ni les comptes rendus officiels du Conseil ne font de lien explicite entre ce contexte et la suspension des sorties. Le courrier n’avance aucun motif et ne précise pas de durée.
Des antécédents au sein du haut commandement
Cette mesure s’inscrit dans un climat où la discipline du haut commandement a déjà été mise en cause. En novembre 2025, l’armée avait confirmé que plusieurs officiers généraux et supérieurs avaient été interpellés et assignés à résidence pour des faits « liés à la sécurité de l’État ». Selon RFI, ils étaient en tout 11 officiers généraux et 14 autres officiers supérieurs.