Réunie à Johannesburg, en Afrique du Sud, la délégation congolaise au forum parlementaire de la SADC a appelé les États membres à renforcer leur action pour mettre fin aux violences dans l’Est de la RDC. Elle a également demandé que l’ancien président Joseph Kabila ne bénéficie plus des égards liés à son ancien statut, en raison de son implication présumée dans le Front de résistance nationale.
La République démocratique du Congo a porté le dossier sécuritaire de sa partie orientale devant le forum parlementaire de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), dont les travaux se sont achevés le dimanche 25 octobre à Johannesburg.
Conduite par Isaac Tshilumbayi, premier vice-président de l’Assemblée nationale, la délégation congolaise a plaidé pour une action concertée des pays membres afin de contribuer au retour de la paix dans les provinces de l’Est, toujours confrontées aux violences armées.
Les représentants congolais ont également demandé aux États membres de revoir leur attitude envers Joseph Kabila, ancien président de la République, en raison de son implication alléguée dans le Front de résistance nationale (FRN), présenté par Kinshasa comme une nouvelle rébellion ayant succédé à l’AFC/M23.
La RDC demande une réponse politique régionale
Devant les participants, Isaac Tshilumbayi a appelé les pays de la SADC à ne plus accorder à Joseph Kabila les marques de considération associées à son ancien statut présidentiel. Il lui reproche d’avoir pris la tête d’un mouvement armé impliqué, selon les autorités congolaises, dans de graves violences contre les populations civiles.
Le député national Enock Batsotsi Nyamwisi, également membre de la délégation, a insisté sur la nécessité de dépasser les déclarations de solidarité pour privilégier des mesures concrètes.
Il a notamment regretté que les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient occupent une place importante dans les débats internationaux, alors que les souffrances des populations congolaises mériteraient, selon lui, une attention accrue.
Les demandes formulées à Johannesburg s’inscrivent dans la stratégie diplomatique de Kinshasa, qui cherche à obtenir un engagement plus marqué des partenaires régionaux face à la crise sécuritaire. Leur traduction en décisions concrètes dépendra cependant des positions que prendront les différents États membres.
Vers un Parlement régional de la SADC
Le forum a également examiné l’évolution institutionnelle de l’organisation régionale. La RDC a ratifié le protocole visant à transformer le forum parlementaire en Parlement régional.
Les États membres travaillent encore sur les modalités de cette transformation. Selon les éléments présentés par la délégation congolaise, la future institution devrait disposer de compétences dans des domaines tels que l’éducation, la santé, l’agriculture, l’État de droit, la gouvernance démocratique et la séparation des pouvoirs.
Cette évolution pourrait renforcer la coopération parlementaire entre les pays de la région. Reste à déterminer les pouvoirs effectifs de la future institution et les conditions dans lesquelles ses décisions seront appliquées par les États membres.
Pour Kinshasa, l’enjeu immédiat demeure toutefois sécuritaire : obtenir une mobilisation régionale susceptible de contribuer à la fin des violences dans l’Est du pays.
F.S.