Le ministre délégué chargé des Anciens combattants, Eliezer Ntambwe, a obtenu jeudi 24 septembre le soutien du ministre d’État au Développement rural, Grégoire Mutshail Mutomb, pour encadrer la réinsertion socio-économique des ex-miliciens Mobondo dans le Grand Bandundu.
Les deux membres du gouvernement se sont rencontrés à Kinshasa pour évoquer les modalités de prise en charge des anciens combattants ayant déjà déposé les armes. Eliezer Ntambwe est venu solliciter l’implication de son collègue afin que ce volet du processus, qui relève du mandat que lui a confié le président Félix-Antoine Tshisekedi par ordonnance présidentielle du 15 décembre 2025, soit mené avec rigueur.
Un partage des rôles entre démobilisation et réinsertion
Le ministre délégué a expliqué que son action s’articule autour de trois axes : le désarmement, la démobilisation et la réinsertion. Selon lui, les deux premières étapes sont déjà largement engagées, ce qui justifie désormais l’implication d’autres ministères sectoriels pour organiser le retour encadré des ex-combattants dans la vie civile. « Le fonctionnement des institutions est complémentariste », a-t-il résumé, saluant la qualité des échanges avec son homologue du Développement rural.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité d’un processus déjà amorcé ces derniers mois. En août dernier, Eliezer Ntambwe avait annoncé que 596 ex-miliciens avaient été transférés au Service national de Kanyama Kasese, dans le Haut-Lomami, pour y suivre des formations, tandis que 146 armes avaient été remises aux FARDC et 72 villages déclarés pacifiés dans le triangle Grand Bandundu-Kongo Central-Kinshasa. Un précédent rapprochement avait également eu lieu en juin avec le ministre de l’Agriculture, Muhindo Nzangi, autour d’un projet similaire de centre de développement agricole.
Des coopératives et du matériel agricole pour la relance
De son côté, Grégoire Mutshail a proposé d’accompagner les anciens miliciens par la mise en place de coopératives multisectorielles polyvalentes. Le ministre du Développement rural a annoncé son intention de mettre à leur disposition 5 000 outillages agricoles ainsi que des semences, afin de leur permettre de reprendre une activité dans leurs milieux d’origine. Des formations dans le cadre de ces coopératives doivent également être organisées pour faciliter leur retour dans les activités économiques nationales.
Ces initiatives de réinsertion concernent l’ensemble du triangle Kinshasa-Kongo Central-Grand Bandundu, une zone longtemps affectée par les violences liées au phénomène Mobondo.
La Rédaction