La République démocratique du Congo a officiellement lancé lundi 28 septembre la cartographie censitaire du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2). Première étape opérationnelle du processus, cette phase doit permettre d’identifier les ménages, de géolocaliser les infrastructures et de délimiter les zones de dénombrement avant le recensement proprement dit, annoncé pour juillet 2027.
Quarante-deux ans après le premier recensement général de la population réalisé en 1984, la République démocratique du Congo a engagé une nouvelle étape dans la connaissance de sa population. Le gouvernement a procédé lundi à Kinshasa au lancement officiel de la cartographie censitaire du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat.
La cérémonie s’est tenue au Centre culturel et artistique des pays d’Afrique centrale, sous la conduite du ministre d’État au Plan et à la Coordination de l’aide au développement, Guylain Nyembo, en présence de plusieurs membres du gouvernement, des autorités de Kinshasa ainsi que des responsables de l’Institut national de la statistique et du Bureau central du recensement.
Cette phase ne constitue pas encore le dénombrement général. Elle doit d’abord permettre de préparer le terrain. Pendant environ un mois, les agents cartographes vont parcourir les quartiers de Kinshasa afin d’identifier les bâtiments, localiser les ménages et les infrastructures et délimiter les futures zones dans lesquelles sera effectué le dénombrement.
L’opération repose notamment sur l’utilisation de tablettes numériques pour la collecte et la géolocalisation des données. Cette approche doit permettre de constituer une base géographique suffisamment précise pour organiser la prochaine étape du recensement et limiter les risques d’omission ou de double comptage.
Le travail commence par Kinshasa avant de s’étendre progressivement aux autres provinces. La capitale constitue ainsi le premier terrain d’application de cette phase censitaire, avec la mobilisation des autorités provinciales et locales pour faciliter l’accès des équipes aux quartiers et aux ménages.
Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse la simple actualisation d’un chiffre démographique. Les données issues du recensement doivent servir de référence pour la planification des politiques publiques et la répartition des ressources. Elles peuvent notamment être utilisées pour déterminer les besoins en écoles, en centres de santé, en infrastructures hydrauliques, en électricité, en routes et en transports.
La directrice générale de l’Institut national de la statistique, Elysée Chovu, a insisté sur l’importance de la formation des équipes et du respect de la méthodologie. La qualité du recensement dépendra en effet de la capacité des agents à appliquer les mêmes procédures sur l’ensemble du territoire et à garantir la fiabilité des informations recueillies.
Les autorités veulent également éviter toute confusion entre cette opération statistique et les autres mécanismes d’identification de la population. Le RGPH-2 vise à dénombrer les personnes vivant ou se trouvant sur le territoire national, indépendamment de leur nationalité, de leur sexe, de leur âge ou de leur catégorie socioprofessionnelle.
Le gouvernement bénéficie dans cette opération de l’appui de plusieurs partenaires techniques et financiers, notamment le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et la Banque mondiale. Une première contribution nationale de 30 millions de dollars a notamment été évoquée dans le cadre du financement du processus.
Après la cartographie, l’étape suivante sera le dénombrement général. Celui-ci est prévu pour juillet 2027. Entre-temps, les données géographiques collectées doivent permettre de mieux organiser la répartition des équipes et de déterminer les zones à couvrir.
Le lancement de cette phase intervient donc comme une étape préparatoire majeure. Pour les autorités, disposer de statistiques démographiques actualisées doit permettre de réduire le recours aux estimations et d’améliorer la planification du développement national.
F.S.