La deuxième Journée scientifique de Kinshasa, organisée ce mercredi 17 juin 2026 à l’Assemblée nationale, a présenté le rôle important du contrôle budgétaire et des réformes sectorielles dans l’amélioration de la mobilisation des recettes publiques en République démocratique du Congo. Cette rencontre a réuni plusieurs institutions clés de la gouvernance financière, notamment le Parlement, l’Inspection générale des finances (IGF) et la Cour des comptes.
Les échanges ont porté sur les mécanismes à mettre en œuvre pour renforcer le suivi des finances publiques, améliorer la qualité de la dépense et accroître les ressources de l’État.
Intervenant au cours des travaux, le président de la Commission économique et financière (ECOFIN) de l’Assemblée nationale, le député national Guy Mafuta Kabongo, a rappelé que l’efficacité de la gestion budgétaire repose sur trois piliers fondamentaux qui sont : une mobilisation accrue des recettes, une maîtrise rigoureuse des dépenses publiques et un contrôle efficace des finances de l’État. Il a également plaidé pour une transformation locale plus importante des ressources nationales afin d’élargir l’assiette fiscale et de générer davantage de revenus pour le Trésor public.
De son côté, l’Inspection générale des finances a présenté les résultats de la patrouille financière, un mécanisme de surveillance ayant permis de renforcer le suivi de la chaîne des recettes. Selon les chiffres avancés par l’institution, cette initiative a contribué à générer entre 30 et 37 milliards de francs congolais de recettes additionnelles au cours de l’année 2025, grâce notamment à l’élargissement de la base des contribuables et à un meilleur encadrement des opérations de perception.
La Cour des comptes a, quant à elle, attiré l’attention sur la prolifération des comptes spéciaux et des établissements publics autonomes, considérés comme des facteurs susceptibles de fragmenter les recettes publiques. L’institution a insisté sur la nécessité de renforcer la mise en œuvre des recommandations formulées à l’issue des missions de contrôle afin d’améliorer la transparence et l’efficacité de la gestion publique.
Les travaux ont également permis aux autorités de régulation de présenter l’état d’avancement des réformes engagées dans leurs secteurs respectifs. L’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) a mis en avant ses efforts visant à promouvoir les entreprises congolaises et à lutter contre les sociétés fictives. L’Autorité de régulation et de contrôle des assurances (ARCA) est revenue sur les retombées de la libéralisation du marché des assurances, tandis que l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE) a rappelé les enjeux liés à l’ouverture du marché de l’électricité à la concurrence.
Au terme des échanges, les participants ont convergé vers la nécessité de renforcer les dispositifs de contrôle interne, d’accélérer la digitalisation des procédures administratives et de poursuivre les réformes sectorielles engagées. Ces mesures ont été présentées comme des instruments essentiels pour améliorer durablement la mobilisation des recettes publiques, consolider la gouvernance financière et soutenir la croissance économique du pays.