VERS UNE OPTIMISATION DE LA TRANSFORMATION DE LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE EN DÉVELOPPEMENT DURABLE EN RDC ( Par Patrick Onoya)

La problématique du pilotage de la croissance économique et du développement dans les pays en voie de développement (PED) réside dans la difficulté de transformer une expansion quantitative du Produit Intérieur Brut (PIB) en un développement qualitatif, durable et inclusif.

Pour le cas de la République Démocratique du Congo, en 2026, du point de vue de la taille de son économie ( PIB nominal ), la République Démocratique du Congo (RDC) connaît une progression fulgurante et se classe parmi les 5 premières puissances économiques d’Afrique subsaharienne, selon les projections du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque mondiale (BM).

En effet, en 2026, la RDC est classée, anticipativement, la 5ème économie d’Afrique subsaharienne. La RDC est donc en passe de dépasser l’Éthiopie pour devenir la 5ème économie de la région subsaharienne, avec un PIB projeté à environ 123 milliards de dollars .

Selon certaines analyses, la RDC grimpe dans le classement continental, dépassant des pays comme le Ghana, pour se positionner vers la 8ème place à l’échiquier continental(sur 53 pays).

  • Contraste Croissance économique et développement dans les pays en voie de développement (PED)

Souvent, la croissance du PIB ne se traduit pas par une amélioration du niveau de vie, en raison d’un faible développement humain et de fortes inégalités.

Beaucoup de PED, parmi lesquels figure la République Démocratique du Congo (RDC), dépendent de l’exportation de matières premières, ce qui expose leur économie à la volatilité des prix mondiaux.

Problématique

Partant de ce qui précède, un questionnement se pose :

Quelle stratégie mettre en place pour transformer la croissance économique tirée par le secteur minier en un développement palpable et mesurable de la population de la RDC ?

  • Nécessité d’assurer la diversification de l’économie de la RDC par l’agriculture

La diversification de l’économie de la RDC via l’agriculture est essentielle pour réduire la dépendance au secteur minier, améliorer la sécurité alimentaire et booster le bien-être social. En transformant le secteur agricole, le pays peut réduire ses importations, créer des emplois et assurer une croissance durable.

L’économie actuelle de la RDC, trop centrée sur l’extraction (39 % du PIB), est vulnérable aux chocs externes. L’agriculture offre une alternative stable et durable.

En augmentant la production locale, la RDC peut réduire le coût élevé des importations alimentaires, équilibrant ainsi ses échanges commerciaux.

Il est crucial de promouvoir l’investissement privé dans l’agriculture pour booster l’économie verte.

Par conséquent, le passage d’une économie tirée par le secteur extractif à une économie diversifiée est considéré comme un passage obligé pour le développement du pays, permettant une meilleure répartition des revenus.

La stratégie proposée : le système de vases communicants économiques : secteur minier – secteur agricole

Le système des « vases communicants économiques » est un concept créé par le professeur Patrick Onoya Tambwe afin d’établir un parallélisme entre le secteur minier et le secteur agricole dans l’objectif de modéliser la stratégie de transformation de la croissance économique tirée par le secteur minier en un développement palpable grâce au secteur agricole en RDC.

  • Secteur minier versus secteur agricole

Il apparaît qu’en RDC, la croissance économique est tirée par le secteur minier qui représente plus de 95% des exportations et plus de 70% des recettes publiques.

Ainsi, le secteur minier est considéré comme  » créateur de richesses  » pour la RDC ; mais par contre, le secteur minier est connu pour créer très peu d’emplois.

En ce qui concerne le secteur agricole, pour sa part, ce dernier est connu comme créateur de beaucoup d’emplois, lequel peut également permettre la diversification de l’économie.

Note :

L’agriculture est un pilier majeur de l’emploi en République Démocratique du Congo (RDC), employant environ 45,7 % de la population active. Ce secteur stratégique, crucial pour l’autonomisation économique, notamment des femmes, concentre une part significative de la main-d’œuvre, malgré un fort potentiel de développement encore inexploité.

Pourquoi piloter le développement de la RDC par le secteur agricole ?

Les études d’un gouvernement passé ont établi qu’un développement tiré par l’agriculture aurait onze (11) fois plus d’effets qu’un développement tiré par les mines, parce que l’agriculture est à la genèse des chaînes de valeur.

L’agriculture peut donc créer un ensemble d’autres industries que le secteur minier ne crée pas !

C’est pourquoi nous pensons qu’il est important que les secteurs minier et agricole fonctionnent comme un système de vases communicants.

Ainsi, grâce au secteur minier, la RDC parvient à générer d’importantes ressources financières, et cet argent doit être injecté en priorité dans le secteur agricole, parce que c’est ce secteur qui crée le plus d’emplois, donc contribuer à l’amélioration du bien-être des populations locales, mais aussi aussi permet de stabiliser et rendre résiliente l’économie congolaise.

Par ailleurs, d’un point de vue économique, si l’on garde une économie uniquement tirée par le secteur minier, celle-ci demeure vulnérable, parce que le secteur minier dépend fortement de l’économie internationale. Tout choc international affecte donc directement cette dernière.

Par contre, le secteur agricole développe l’économie nationale et permet également de renforcer la résilience de l’économie congolaise.

D’où la question :

Comment créer une corrélation entre le secteur minier et le secteur agricole ?

  • Fonds Souverain : trait d’union entre le secteur minier et agricole

Nous estimons que la création d’un fonds souverain, c’est-à-dire un fonds d’investissement de l’État permettra de créer un canal de transmission des revenus provenant des excédents commerciaux du secteur minier afin de les investir dans le secteur agricole.

Principe de fonctionnement d’un fonds souverain dans un pays riche en ressources naturelles

Un fonds souverain dans un pays riche en ressources naturelles fonctionne comme un mécanisme de gestion intergénérationnelle, transformant des revenus volatils (pétrole, minerais) en investissements durables. Il stabilise l’économie face aux chocs des prix, finance des infrastructures stratégiques et épargne pour les générations futures.

Le fonds capte les recettes fiscales ou les dividendes étatiques issus de l’exploitation de matières premières, souvent non renouvelables.

Il convertit des actifs naturels en actifs financiers ou physiques (infrastructures) pour assurer la pérennité de la richesse.

Ces fonds peuvent financer des secteurs clés (agriculture, énergie, industrie) pour diversifier l’économie locale ou investir sur les marchés internationaux.

  • Conclusion

Dans cette 42 ème tribune, nous avons ténu a discuter sur la problématique de la transformation des richesses minières de la RDC, moteur de la croissance économique, en un développement durable tiré par le secteur agricole.

Ce mécanisme, que nous avons qualifié de  » système de vases communicants économiques  » permet d’éviter la « malédiction des ressources » en favorisant une gestion à long terme desdites ressources minières transformer en production agricole locale plutôt qu’une consommation immédiate des revenus sans lendemain.

Car une croissance économique fulgurante sans développement conséquent apparaîttrait comme une  » malédiction  » pour les populations locales.

Par Patrick Onoya Tambwe

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