Une conférence nationale consacrée aux financements innovants s’est tenue, sur l’initiative du gouvernement congolais, ce mardi 24 mars 2026 à Kinshasa, laquelle a réuni autorités publiques, experts et partenaires techniques autour des défis liés au financement du secteur privé.
Le secteur privé en République démocratique du Congo, considéré comme un levier majeur de transformation économique, continue de faire face à d’importantes contraintes d’accès au financement. Le système bancaire traditionnel, encore prédominant, reste peu adapté aux entreprises en phase d’idéation.
Les startups, ainsi que les PME et PMI innovantes, peinent à mobiliser des capitaux en raison du manque de garanties, de l’absence d’historique financier et d’un environnement d’investissement encore insuffisamment structuré.
Ouvrant les travaux, le ministre de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, Justin Kalumba Mwana-Ngongo, a salué la vision du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui a placé l’entrepreneuriat au cœur des priorités nationales depuis 2025.
« La promotion de l’entrepreneuriat vise à assurer la création d’emplois massifs et durables ainsi que la reconquête de la souveraineté économique », a-t-il déclaré.
Le ministre a également souligné les limites du système actuel :
« Notre système de financement reste largement centré sur les crédits de microfinance et demeure inadapté pour accompagner efficacement nos jeunes PME et PMI. »
Les intervenants ont par ailleurs présenté un état des lieux des mécanismes de financement innovants expérimentés en Europe et en Afrique. Ils ont estimé que la RDC dispose d’atouts importants, notamment une démographie dynamique, susceptible de soutenir l’émergence de nouveaux modèles de financement.
L’Union européenne a, pour sa part, réaffirmé sa volonté d’accompagner la RDC dans le renforcement de l’accès au financement et la stimulation de l’investissement.
Prenant la parole, le gouverneur de la Banque centrale du Congo, André Wameso, a dressé un diagnostic préoccupant du système financier national, évoquant notamment:
« un déficit important en infrastructures, notamment l’énergie, l’Internet et le réseau routier, ainsi que des taux d’intérêt élevés, la faiblesse des garanties et une insuffisance de la culture financière ».
La conférence s’est achevée par la signature symbolique d’un arrêté ministériel visant à opérationnaliser des politiques de financement dédiées aux startups ainsi qu’aux PME et PMI innovantes.
Cette initiative s’inscrit dans la dynamique des réformes engagées par le gouvernement sous l’impulsion de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, avec pour ambition de bâtir une économie plus stable, durable et compétitive, en faisant de l’entrepreneuriat un pilier central du développement économique national.
Rédaction