Le rejet de la violence par le Groupe de contact international (GCI) pour les Grands Lacs ne laisse pas les congolais indifférents. Exodus Lukombo, cadre du collectif des communicateurs et défenseurs des institutions, a salué la décision du groupe de condamner toute prise d’armes et tout recours à la force, tels que les prône, selon elle, l’ancien chef de l’État Joseph Kabila.
Dans une déclaration conjointe publiée ce vendredi 30 octobre, le GCI a rejeté catégoriquement la poursuite d’objectifs politiques par la violence, comme le prône le Front pour la Refondation de la Nation (FRN), récemment créé. Le groupe réunit l’Allemagne, la Belgique, le Canada, le Danemark, les États-Unis, la France, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suède, la Suisse et l’Union européenne. Il y rappelle l’importance d’un dialogue inter-congolais pacifique et inclusif, impliquant toutes les parties prenantes clés, comme condition d’une paix durable.
Des remerciements aux pays membres
Pour Exodus Lukombo, cette prise de position est un signal fort. Elle remercie l’ensemble des pays qui sont montés au créneau et voit dans leur déclaration un soutien aux institutions de la République, que son collectif s’est donné pour mission de défendre.
« Des sanctions concrètes »
Elle ne s’arrête toutefois pas au communiqué. Elle demande aux membres du GCI d’accompagner leur décision de sanctions concrètes, qui visent à la fois Joseph Kabila et le Rwanda, que Kabila aurait pour parrain, selon ses propos. Cette accusation est celle de la militante. Kinshasa la partage : devant les parlementaires de sa majorité, le président Félix Tshisekedi a lui aussi présenté Kabila comme un « proxy » du Rwanda. Kigali dément régulièrement soutenir la rébellion.
Un mouvement né il y a dix-huit jours
Le FRN a été annoncé le 12 octobre 2026 à Goma, ville contrôlée par l’AFC/M23. Il absorbe l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et le M23. Joseph Kabila en est le président, et d’anciens responsables de l’AFC/M23 sont ses adjoints. Le mouvement reproche au pouvoir de Kinshasa l’insécurité, la corruption et des institutions affaiblies. Condamné à la prison à vie par un tribunal militaire, par contumace, depuis septembre 2025, Kabila est accusé par le pouvoir de contribuer à la déstabilisation du pays, ce qu’il récuse en réclamant une concertation réellement inclusive.
La communauté internationale répète sa ligne
Le message du GCI s’inscrit dans une position constante. Dès juin, le groupe affirmait qu’il ne peut y avoir de solution militaire au conflit. En août, il rappelait aux parties leur obligation de protéger les civils et de respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC.
Reste à savoir si les partenaires de la RDC iront au-delà des déclarations, comme le demande Exodus Lukombo. Une chose est sûre : sans dialogue, la violence aura toujours le dernier mot. Comme l’écrivait Cicéron : « Cedant arma togae »