Alors que la RDC fait face à une crise sécuritaire persistante, à des tensions politiques et à une dégradation des conditions de vie, Moussa Kalema Sangolo-Zaku, président national du Parti des Vertus Républicaines (PVR) et membre du Bureau politique du FCC, appelle Félix Tshisekedi à convoquer un dialogue national véritablement inclusif. S’appuyant sur son expérience politique depuis la Conférence nationale souveraine, il plaide pour une démarche axée sur la vérité, le respect de la Constitution, la restauration des libertés publiques et la recherche de solutions durables aux conflits. Il préconise une médiation de la CENCO et de l’ECC, avec l’accompagnement de l’Union africaine et des Nations unies, estimant que la sauvegarde de la République doit l’emporter sur les calculs politiques.
TRIBUNE
FÉLIX TSHISEKEDI, LE CONGO SE MEURT : LE DIALOGUE DES VÉRITÉS, DE LA RENAISSANCE ET DE LA REFONDATION NATIONALE NE PEUT PLUS ATTENDRE !
Tribune politique — Pour un dialogue de rupture, la sauvegarde de la République et la renaissance nationale
I. Monsieur le Président, chaque minute perdue a un coût humain
Monsieur le Président de la République,
Pendant que le pays s’enfonce dans la guerre, que des territoires échappent au contrôle de l’État, que des familles sont contraintes à l’exil et que des millions de nos compatriotes vivent le drame des déplacements forcés, vous hésitez encore à convoquer le véritable dialogue dont la nation a besoin.
Pendant ce temps, les morts s’accumulent, les frustrations grandissent, les maladies se propagent et l’espérance collective s’érode. Chaque jour perdu aggrave les souffrances d’un peuple qui ne demande ni des voyages diplomatiques supplémentaires ni des consultations sans lendemain, mais des réponses concrètes à ses angoisses existentielles.
La République n’a plus le luxe de l’attentisme. Le Congo ne peut pas continuer à payer de son sang le prix des hésitations de ses dirigeants.
Je vous interpelle avec gravité, non par animosité personnelle, mais par devoir patriotique. Car au-delà de nos divergences politiques, nous partageons une même patrie dont l’avenir ne saurait être sacrifié aux calculs de circonstance.
L’atmosphère nationale se charge de frustrations, de déceptions et de colère contenue. Une question revient désormais avec insistance : comment le fils d’un opposant qui a combattu avec vigueur les dérives des régimes successifs peut-il laisser son propre pouvoir être associé à autant de controverses sur les libertés publiques, l’État de droit, le respect de la Constitution et le fonctionnement des institutions ?
Le contraste est saisissant. Il est politiquement préoccupant et historiquement regrettable.
Des opposants sont détenus, des acteurs politiques vivent en exil ou dans la clandestinité, tandis que d’autres compatriotes affirment craindre pour leur liberté dans leur propre pays. La peine de mort a été remise au centre de la politique pénale par la levée du moratoire sur son exécution, dans un contexte où les garanties judiciaires et les libertés fondamentales suscitent de vives inquiétudes.
La République ne peut pas prétendre défendre la souveraineté nationale si elle fragilise les libertés qui fondent sa légitimité.
II. Des voyages coûteux, des délégations nombreuses et une paix qui s’éloigne
Depuis des mois, les démarches diplomatiques se multiplient. Des émissaires de l’Union africaine, de l’Union européenne, des Nations unies et des États-Unis d’Amérique sont sollicités. Les voyages officiels se succèdent, les délégations se déplacent et les annonces se renouvellent.
Mais où sont les résultats à la hauteur des sacrifices consentis par le peuple congolais ?
Où est la paix durable ? Où est le retour effectif de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national ? Où sont les garanties permettant aux déplacés de retrouver leurs foyers et aux exilés de rentrer dignement chez eux ?
Pendant que les ressources publiques sont mobilisées pour ces démarches, nos compatriotes continuent de manquer de nourriture, de soins, d’eau potable, d’emplois et de perspectives.
Nos richesses minières font l’objet d’accords dont l’équilibre, les contreparties et les bénéfices réels pour la nation doivent être examinés avec la plus grande rigueur. La diplomatie économique ne peut être considérée comme une victoire lorsque les résultats en matière de sécurité, d’industrialisation et de bien-être restent insuffisants.
La diplomatie est un instrument au service de la paix et de la souveraineté ; elle ne peut devenir un substitut permanent aux décisions politiques nécessaires.
Monsieur le Président, pourquoi continuer à multiplier les démarches extérieures sans ouvrir franchement l’espace intérieur où les Congolais peuvent se parler, se dire leurs vérités et rechercher ensemble les solutions à la crise ?
Pourquoi redouter une confrontation politique organisée, encadrée et responsable, alors que les conséquences de l’absence de dialogue sont déjà visibles ?
III. L’histoire nous avertit : on ne peut indéfiniment différer la vérité
J’ai participé à la vie politique congolaise depuis la période de la Conférence nationale souveraine. J’ai connu les combats pour la démocratisation, les espoirs de changement et les crises successives qui ont éprouvé notre peuple.
J’ai notamment participé à la Conférence nationale souveraine aux côtés de personnalités politiques de l’époque, dans le contexte de l’Union sacrée de l’opposition, dont votre père biologique fut lui-même un acteur.
Je sais donc, par expérience, ce que coûte à un pays le refus prolongé d’entendre les revendications profondes de sa population.
Mobutu avait longtemps résisté à l’idée d’une Conférence nationale véritablement souveraine. Il avait tenté d’en limiter la portée. Mais la pression populaire, la mobilisation politique et l’évolution de la situation nationale ont fini par imposer une dynamique qu’aucune manœuvre ne pouvait durablement arrêter.
L’histoire ne se répète jamais exactement. Mais elle nous enseigne que les crises ignorées ne disparaissent pas : elles s’accumulent, se transforment et finissent souvent par éclater avec une violence plus grande.
Les leçons de Mobutu et de Mzee Laurent-Désiré Kabila devraient nous inviter à la prudence, à l’humilité et à l’anticipation.
Monsieur le Président, pourquoi attendre que les morts se comptent par milliers, que les frustrations deviennent incontrôlables et que les institutions perdent davantage leur crédibilité avant de reconnaître l’urgence d’un dialogue national ?
Le dialogue n’est pas un aveu de faiblesse. C’est l’expression de la responsabilité d’un dirigeant qui comprend que la nation est plus grande que son pouvoir.
IV. La Constitution ne peut être une variable d’ajustement du pouvoir
La crise actuelle ne concerne pas uniquement la sécurité. Elle touche également aux fondements constitutionnels de notre République.
Le débat sur la révision de la Constitution, l’éventualité d’un référendum et les perspectives d’une prolongation du pouvoir présidentiel suscitent une inquiétude profonde.
L’article 220 de la Constitution protège notamment le nombre et la durée des mandats du président de la République. Cette protection ne peut être contournée par des artifices juridiques ou politiques.
L’article 74 impose au président de la République un serment qui l’engage à respecter et à défendre la Constitution. L’article 218 encadre les procédures de révision constitutionnelle, tandis que l’article 219 prévoit des restrictions particulières en période d’état de guerre, d’état d’urgence ou d’état de siège, ainsi qu’en cas d’occupation de tout ou partie du territoire national.
Il convient donc de rappeler une évidence : aucune majorité politique ne peut s’arroger le droit de disposer de la Constitution comme d’un instrument destiné à assurer sa propre survie.
Lorsque des responsables publics conçoivent sciemment un mécanisme dont l’objet ou l’effet recherché est de prolonger un mandat au-delà des limites constitutionnelles, la question de la violation de la Constitution se pose avec une gravité particulière. La qualification pénale éventuelle doit, elle, être établie au regard des textes applicables et par les autorités compétentes.
La majorité n’a pas le droit d’asservir la minorité. La démocratie ne se réduit pas au nombre de voix dont dispose un camp politique. Elle repose aussi sur les limites imposées au pouvoir, la protection des droits fondamentaux et le respect des règles communes.
C’est précisément parce que Félix Tshisekedi n’appartient pas à mon bord politique que je tiens à rappeler ce principe : je ne lui reconnais pas seulement le titre de président de la République, je reconnais la fonction que lui confère notre Constitution.
Mais cette reconnaissance réciproque entre pouvoir et opposition n’est possible que si nous acceptons de nous soumettre aux mêmes règles.
Lorsque les textes cessent de s’imposer aux dirigeants, ce n’est pas seulement l’opposition qui est menacée : c’est la République elle-même qui entre dans une zone de danger.
V. Monsieur le Président, vos propres déclarations vous obligent politiquement
Hier, lorsque vous étiez dans l’opposition, vous avez dénoncé les tentatives de modification constitutionnelle, le référendum susceptible de permettre un troisième mandat et les risques de glissement électoral sous Joseph Kabila.
Vous défendiez alors l’alternance, la crédibilité des élections et le respect des échéances constitutionnelles.
Vous souteniez l’idée d’un dialogue permettant d’éviter la prolongation du pouvoir et de garantir une sortie honorable au président sortant.
Je rappelle ici la substance de votre engagement politique d’alors :
« Une alternance, un dialogue pour un processus électoral qui soit crédible et qui nous donne des élections crédibles dans les standards internationaux, un dialogue pour ne pas glisser, pour ne pas donner un mandat, un troisième mandat à Joseph Kabila, lui permettre de partir avec les honneurs et d’avoir une vie après la présidence. C’est ce dialogue-là que nous voulons et là, nous ne tergiverserons pas. »
Monsieur le Président, aujourd’hui, il suffit de remplacer le nom de Joseph Kabila par celui de Félix Tshisekedi pour mesurer toute la portée de cette déclaration.
Les principes démocratiques ne changent pas selon que l’on gouverne ou que l’on s’oppose. Ce qui était inacceptable hier ne saurait devenir acceptable aujourd’hui au seul motif que les rapports de force ont changé.
Le pouvoir passe. Les principes demeurent. La Constitution survit aux majorités. Et l’histoire finit toujours par confronter les dirigeants à leurs propres paroles.
Je vous demande donc de renouer avec la cohérence de vos engagements antérieurs : pas de manipulation des règles constitutionnelles, pas de glissement électoral organisé, pas de manœuvre destinée à prolonger indûment le pouvoir.
Le peuple congolais ne doit pas être distrait par des consultations dont les objectifs, les garanties et les conséquences restent incertains. Il mérite des engagements clairs, vérifiables et conformes à la Constitution.
Quant aux déclarations attribuées à des responsables de la majorité, notamment au professeur André Mbata sur les conséquences pénales d’une tentative de prolongation du mandat, elles doivent être appréciées à l’aune des textes et des principes qu’ils invoquaient eux-mêmes hier.
La cohérence politique est une exigence de crédibilité. Elle est aussi une question de respect envers le peuple.
VI. La guerre impose un dialogue de vérité sur les causes de la crise
Monsieur le Président,
Vous gouvernez dans un contexte où des territoires entiers échappent au contrôle effectif de l’État. L’Est du pays est meurtri par les violences armées, tandis que d’autres régions connaissent leurs propres foyers d’insécurité.
On répète que cette guerre dure depuis plus de trente ans. C’est vrai que ses racines sont anciennes, que les conflits régionaux sont complexes et que les responsabilités sont multiples. Mais cette vérité historique ne doit pas servir à exonérer les autorités actuelles de leurs responsabilités propres.
Comme témoin et acteur de la vie politique congolaise, je constate que la situation sécuritaire au moment de votre accession à la présidence n’était pas identique à celle que connaît aujourd’hui notre pays.
Le M23 avait subi une défaite militaire en 2013. Ses dirigeants avaient été poursuivis, et certains avaient été condamnés pour des faits graves. Le mouvement a ensuite repris les armes et est redevenu un acteur majeur de la guerre dans l’Est.
Votre pouvoir a engagé des démarches de rapprochement et de réintégration avec certains acteurs liés à cette rébellion. Ces décisions soulèvent des questions légitimes auxquelles la nation mérite des réponses.
Pourquoi ces rapprochements ont-ils été entrepris ? Quelles garanties avaient été obtenues ? Pourquoi les efforts de réintégration n’ont-ils pas empêché la reprise des hostilités ? Quelles évaluations ont été faites des risques sécuritaires et politiques ?
Ces interrogations ne dispensent nullement le Rwanda de répondre de ses responsabilités alléguées ou établies dans le soutien au M23, ni les groupes armés de répondre de leurs propres crimes. Elles ne diminuent pas non plus le sacrifice de nos forces armées.
Mais la défense de la souveraineté exige de la transparence sur les décisions prises au nom de la République.
Le peuple a le droit de comprendre. Il a le droit de connaître les erreurs, les défaillances et les éventuelles complicités qui ont permis à la situation de se dégrader.
Le dialogue que nous réclamons doit être un dialogue de vérité, et non une cérémonie de réconciliation sans examen des responsabilités.
Il devra établir les causes lointaines, profondes et récentes de la crise, examiner les choix politiques et sécuritaires, identifier les responsabilités dans le respect du droit et proposer des mécanismes de prévention pour que les mêmes erreurs ne se reproduisent plus.
Il devra également traiter les causes régionales du conflit, la question des groupes armés, la réforme du secteur de la sécurité, la protection des populations civiles, le retour des déplacés et la restauration de l’autorité de l’État.
La paix durable ne peut reposer sur des arrangements opaques. Elle doit s’appuyer sur la vérité, la justice, la responsabilité et des garanties vérifiables.
VII. Nous voulons un dialogue de rupture, pas une opération de communication
Nous ne demandons pas un dialogue de plus pour produire des déclarations supplémentaires, distribuer des postes ou organiser un partage circonstanciel des responsabilités.
Nous voulons un Dialogue inclusif des vérités, de la renaissance et de la refondation nationale.
Un dialogue capable de rompre avec les pratiques qui affaiblissent la République :
- la corruption et le détournement des ressources publiques ;
- le tribalisme, le népotisme et le clientélisme ;
- la manipulation des institutions et l’instrumentalisation de la justice ;
- les atteintes aux libertés publiques et les arrestations arbitraires ;
- les arrangements politiques opaques et les mensonges d’État ;
- les dépenses publiques sans résultats tangibles ;
- les logiques de personnalisation du pouvoir qui privilégient les hommes forts au détriment des institutions fortes.
Nous voulons passer d’une République soumise aux calculs des dirigeants à un État stratège, juste, souverain, travailleur et durable.
Un État qui planifie, protège, produit, transforme ses ressources et garantit à chaque citoyen sa dignité.
Un État où l’alternance est une règle et non une faveur, où l’opposition n’est pas un ennemi intérieur, où la justice ne dépend pas des rapports de force et où la Constitution ne change pas au gré des intérêts du pouvoir.
La renaissance nationale ne se décrète pas. Elle se construit sur la vérité, la réforme des institutions, la justice sociale et la responsabilité collective.
VIII. La CENCO et l’ECC : une médiation pour sortir de l’impasse
Pour sortir de cette crise, je préconise un dialogue véritablement inclusif, sous une médiation de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC), avec l’implication de l’Union africaine et l’accompagnement de la communauté internationale, notamment des Nations unies.
Cette architecture doit garantir la crédibilité du processus, l’équilibre entre les parties et la mise en œuvre effective des engagements.
Le dialogue devra associer les institutions de la République, les forces politiques de la majorité et de l’opposition, les confessions religieuses, la société civile, les représentants des femmes et des jeunes, les acteurs sociaux et les composantes concernées par les conflits.
Il ne devra ni remplacer les institutions constitutionnelles ni servir à contourner les échéances électorales. Il devra contribuer à restaurer leur légitimité, à consolider la paix et à préparer un processus électoral crédible, transparent et conforme à la Constitution.
Son ordre du jour devra être clairement défini :
- La vérité sur la crise sécuritaire, ses causes et les responsabilités politiques et institutionnelles.
- La défense de la Constitution, le respect des mandats et la prévention de tout glissement électoral.
- La restauration des libertés publiques, l’indépendance de la justice et le traitement légal des dossiers de détention politique alléguée.
- La réforme de la gouvernance, la lutte contre la corruption, le népotisme et le clientélisme.
- La souveraineté économique, la transparence des accords miniers et la transformation locale de nos ressources.
- La reconstruction nationale, la prise en charge des déplacés, le retour volontaire des exilés et la réconciliation des communautés.
- La préparation d’élections crédibles, dans le respect des échéances et des garanties constitutionnelles.
Un mécanisme de suivi, des responsabilités clairement établies et un calendrier d’exécution devront accompagner les conclusions de ce dialogue.
Sans engagements vérifiables, il n’y aura qu’une nouvelle parenthèse politique. Avec une méthode rigoureuse, nous pouvons ouvrir une véritable transition vers la restauration de la confiance et la renaissance nationale, sans confondre cette ambition avec une transition institutionnelle dont les modalités devraient être débattues et légalement encadrées.
IX. Monsieur le Président, l’avenir ne vous appartient pas seul
Félix Tshisekedi, le Congo ne se résume ni à votre pouvoir ni à votre majorité.
Vous avez reçu une responsabilité constitutionnelle limitée dans le temps. Vous n’avez pas reçu la propriété de la République.
Le troisième mandat ne peut être une perspective acquise en dehors des normes constitutionnelles. Le débat sur l’avenir du pays ne doit pas être détourné pour faire oublier les urgences présentes : la guerre, la pauvreté, les déplacements forcés, les épidémies, la crise sociale et l’affaiblissement de la confiance publique.
Vous devez cesser de distraire le peuple par des initiatives dont les objectifs demeurent incertains. Il faut regarder vers l’avenir et penser aux générations futures, sans instrumentaliser le passé ni l’utiliser comme un prétexte pour éviter les responsabilités du présent.
Votre héritage politique ne se mesurera pas au nombre de voyages effectués, de délégations reçues ou de discours prononcés. Il se mesurera à la paix retrouvée, aux institutions consolidées, aux libertés garanties, à la pauvreté combattue et à la dignité rendue aux Congolais.
Vous avez encore la possibilité de choisir la voie de la responsabilité : celle de l’écoute, de la vérité, du respect constitutionnel et du dialogue.
Mais le temps politique n’est pas infini. Et le temps humain, lui, ne se récupère jamais.
Conclusion : le Congo doit choisir la renaissance
Notre pays a trop souffert des guerres, des crises institutionnelles, des ambitions personnelles et des promesses non tenues.
Nous ne pouvons plus accepter que la peur de la vérité l’emporte sur la nécessité de sauver la nation.
Nous ne pouvons plus accepter que des calculs politiques retardent indéfiniment les décisions indispensables à la paix.
Nous ne pouvons plus accepter que l’argent public soit dépensé sans résultats proportionnés, que les ressources nationales soient engagées sans garanties suffisantes et que l’avenir collectif soit suspendu aux hésitations d’un pouvoir.
Monsieur le Président, il n’est pas trop tard pour écouter l’histoire. Il n’est pas trop tard pour retrouver la cohérence de vos propres engagements. Il n’est pas trop tard pour ouvrir une voie de sortie responsable de la crise.
Convoquez le Dialogue inclusif des vérités, de la renaissance et de la refondation nationale. Acceptez la médiation de la CENCO et de l’ECC, avec l’accompagnement de l’Union africaine et des Nations unies. Faites de la Constitution notre ligne rouge commune et de la paix notre priorité absolue.
Nous voulons une rupture avec les hommes forts et la consécration des institutions fortes.
Nous voulons une République de droit, une économie souveraine, une nation réconciliée et un État capable de protéger ses citoyens et de préparer l’avenir.
Le Parti des Vertus Républicaines défend cette conviction : la refondation nationale ne doit pas être le projet d’un camp contre un autre, mais l’engagement de tous ceux qui refusent la disparition progressive de l’espérance congolaise.
Le Congo n’a pas besoin d’un pouvoir qui gagne du temps. Il a besoin de dirigeants qui sauvent du temps, des vies et l’avenir de la nation.
Le moment est venu de choisir entre les manœuvres et la vérité, entre l’immobilisme et la refondation, entre les ambitions personnelles et l’intérêt supérieur de la République.
L’histoire nous regarde. Les générations futures nous jugeront.
Que vive la République démocratique du Congo.
Que triomphent la vérité, la justice et la souveraineté nationale.
Que commence la renaissance du Congo.
Moussa Kalema Sangolo-Zaku
Président national du Parti des Vertus Républicaines (PVR)
Membre du Bureau politique du Front commun pour le Congo (FCC)