Le report de la marche de la coalition C64, décidé à la suite de l’invitation adressée à ses principaux leaders par le président du Burundi, continue de susciter des réactions sur la scène politique congolaise.
Dans une déclaration, Exodus Lukombo, cadre du Collectif des communicateurs et défenseurs des institutions, s’en est prise aux proches de l’ancien président , qu’elle accuse d’avoir vivement critiqué la décision des leaders de la C64 de se rendre à Bujumbura dans le cadre d’une initiative de décrispation politique.
Selon elle, les attaques formulées sur les réseaux sociaux par certains cadres proches de Joseph Kabila contre le report de cette marche traduisent une hostilité à toute démarche susceptible de favoriser une issue pacifique à la crise politique actuelle.
« Si une médiation est proposée et que l’opposition accepte de l’explorer, pourquoi s’y opposer ? Que veut réellement Joseph Kabila ? Veut-il une solution politique ou la poursuite de la déstabilisation du pays ? », s’interroge Exodus Lukombo.
Cette actrice politique proche de la majorité va plus loin en établissant un parallèle entre cette séquence politique et la détérioration de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Selon elle, peu après le départ des leaders de la C64 pour le Burundi, les rebelles de l’AFC/M23 ont intensifié leurs opérations en direction de la ville de Baraka.
« Joseph Kabila a libéré ses chiens de l’AFC/M23 », affirme-t-elle, estimant que cette évolution militaire n’est pas étrangère au contexte politique actuel.
Pour Exodus Lukombo, les initiatives de dialogue et de médiation devraient être soutenues par l’ensemble des acteurs politiques afin de favoriser une désescalade de la crise plutôt que d’alimenter davantage les tensions et les divisions au sein du pays.