Référendum en temps de crise : le PVR de Moussa Kalema met en garde contre toute réforme constitutionnelle contraire à l’État de droit (Note Juridique)

Dans une note juridique rendue publique, le Parti des Vertus Républicaines (PVR) estime qu’une initiative de référendum visant à réviser ou remplacer la Constitution dans le contexte actuel de la République démocratique du Congo serait de nature à fragiliser davantage les institutions. Le parti de Moussa Kalema Sangolo-Zaku appelle les pouvoirs publics à privilégier le rétablissement de la paix, la sécurité nationale et le respect strict de l’ordre constitutionnel avant toute réforme d’une telle portée.

PARTI DES VERTUS RÉPUBLICAINES (PVR)

NOTE JURIDIQUE SUR LES LIMITES CONSTITUTIONNELLES D’UNE INITIATIVE RÉFÉRENDAIRE EN PÉRIODE DE CRISE NATIONALE

Préambule

Le Parti des Vertus Républicaines (PVR), fidèle à son engagement en faveur de l’État de droit, de la suprématie de la Constitution et de la stabilité des institutions républicaines, estime de son devoir d’éclairer l’opinion publique sur les implications juridiques et institutionnelles d’une éventuelle initiative référendaire portant sur une révision ou un remplacement de la Constitution dans le contexte actuel de la République démocratique du Congo.

Cette note n’a pas pour objet de nier le principe démocratique du référendum, reconnu par la Constitution comme un instrument d’expression de la souveraineté populaire. Elle entend rappeler que ce mécanisme ne peut être exercé en dehors du cadre constitutionnel, ni en méconnaissance des limites matérielles que le constituant a lui-même fixées afin de protéger la République contre les révisions de circonstance.

I. La Constitution est la norme suprême de l’État

La Constitution n’est pas une loi ordinaire. Elle constitue le fondement de la légitimité des institutions, garantit les droits fondamentaux des citoyens et organise l’exercice du pouvoir dans le respect des principes démocratiques.

Toute initiative de révision doit donc demeurer soumise aux exigences qu’elle fixe elle-même. L’État de droit implique que nul, pas même les pouvoirs publics, ne puisse s’affranchir des limites constitutionnelles au nom d’une opportunité politique.

II. Le référendum n’est pas un pouvoir illimité

Le référendum est un mode d’exercice de la souveraineté populaire. Toutefois, dans un État constitutionnel, il ne constitue pas un pouvoir absolu.

Le peuple exerce sa souveraineté dans les formes prévues par la Constitution. Il ne saurait être appelé à contourner les mécanismes de protection mis en place par le constituant lui-même.

Le principe démocratique ne se réduit pas à la règle de la majorité ; il suppose également le respect des garanties constitutionnelles, des droits fondamentaux et des limites destinées à préserver la stabilité de l’État.

III. La protection de l’ordre constitutionnel

Toute Constitution démocratique comporte des dispositions qui traduisent un consensus national fondamental. Ces dispositions visent à empêcher que les circonstances politiques du moment ne remettent en cause les équilibres essentiels de la République.

Le constituant congolais a entendu protéger certains principes fondamentaux afin de préserver la continuité de l’État, l’alternance démocratique, les libertés publiques et la paix civile.

La sécurité juridique exige que ces garanties ne puissent être remises en cause par une simple majorité politique ou par des considérations conjoncturelles.

IV. Le contexte exceptionnel que traverse la République

La République démocratique du Congo demeure confrontée à des défis majeurs : l’occupation de certaines portions du territoire national par des groupes armés, les déplacements massifs de populations, les difficultés sécuritaires persistantes et les tensions politiques internes.

Dans un tel contexte, la priorité nationale devrait être le rétablissement effectif de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, la protection des populations civiles, la consolidation de l’unité nationale et l’organisation d’un dialogue politique apaisé.

Une réforme constitutionnelle d’une telle ampleur dans un climat de guerre, de fortes tensions et de défiance politique risque d’accentuer les divisions plutôt que de renforcer la cohésion nationale.

V. La responsabilité historique des institutions

Les institutions de la République ont le devoir de préserver la stabilité de l’ordre constitutionnel.

Cette responsabilité incombe également aux partis politiques, à la société civile, aux confessions religieuses, aux universitaires et à l’ensemble des citoyens.

La Constitution n’appartient ni à une majorité, ni à une opposition. Elle constitue le patrimoine juridique commun de la Nation.

Toute réforme de cette importance devrait procéder d’un très large consensus national, dans un climat de paix, de transparence, d’inclusion et de confiance mutuelle.

Conclusion

Le Parti des Vertus Républicaines réaffirme que la force d’une démocratie réside moins dans sa capacité à modifier fréquemment sa Constitution que dans sa volonté de la respecter loyalement.

Le PVR invite les pouvoirs publics à privilégier les priorités qui préoccupent aujourd’hui les Congolais : la sécurité nationale, la restauration de la paix, la lutte contre la pauvreté, le renforcement de la justice, la bonne gouvernance et la consolidation des institutions démocratiques.

La République ne se consolidera pas par des réformes constitutionnelles entreprises dans la division, mais par le respect scrupuleux de la Constitution, le dialogue, la responsabilité et la recherche constante de l’intérêt supérieur de la Nation.

La stabilité constitutionnelle demeure l’une des conditions essentielles de la paix civile, de la sécurité juridique et de la crédibilité internationale de notre pays.

Fait à Kinshasa, le 27/06/26

Pour le Parti des Vertus Républicaines (PVR)

Le Président National

Moussa Kalema Sangolo-Zaku

Membre du Bureau politique du FCC

Les plus lus

105 ans du PCC : Pékin réaffirme son engagement à accompagner la modernisation de la RDC...

À l'occasion du 105ᵉ anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois (PCC), l'ambassadeur de Chine en République démocratique du Congo, Zhao Bin, réaffirme...

Crise politico-sécuritaire en RDC : Moussa Kalema appelle à une mobilisation citoyenne pour éviter « l’effondrement...

Dans une déclaration rendue publique depuis hier jeudi,  le président national du Parti des Vertus Républicaines (PVR), également membre du bureau politique du FCC,...

RDC : « L’opposition doit comprendre qu’elle n’est pas en position de force pour imposer ses...

La condition posée par la coalition C64 pour participer à un éventuel dialogue politique continue de susciter des réactions au sein de la majorité...

Loi référendaire : Moussa Kalema prévient Dieudonné Kamuleta : « L’Histoire jugera votre décision » [Lettre...

Alors que la République démocratique du Congo traverse l'une des périodes les plus sensibles de son histoire récente, la Cour constitutionnelle se retrouve au...

RDC : ALERTE-RDC plaide pour un dialogue inclusif et juge inopportun le débat sur la Constitution

La coalition citoyenne ALERTE-RDC a appelé à l'organisation d'un dialogue national inclusif pour favoriser le retour de la paix et renforcer la cohésion nationale...

RDC : Au-delà du rapport de l’ONU, les questions que la guerre continue de poser (...

À mesure que la crise en République démocratique du Congo s’aggrave, les rapports internationaux se multiplient tandis que la paix semble toujours plus lointaine....

51ᵉ Session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie : Aimé BOJI SANGARA prend part aux travaux...

Le Président de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo, Aimé BOJI SANGARA, participe depuis ce mardi 7 juillet aux travaux de la...

Sur le même thème

Crise politico-sécuritaire en RDC : Moussa Kalema appelle à une mobilisation citoyenne pour éviter « l’effondrement » de la Nation

Dans une déclaration rendue publique depuis hier jeudi,  le président national du Parti des Vertus Républicaines (PVR), également membre du bureau politique du FCC,...

RDC : ALERTE-RDC plaide pour un dialogue inclusif et juge inopportun le débat sur la Constitution

La coalition citoyenne ALERTE-RDC a appelé à l'organisation d'un dialogue national inclusif pour favoriser le retour de la paix et renforcer la cohésion nationale...

Exodus Lukombo s’interroge sur les critiques du camp Kabila contre les leaders de la C64 ayant reporté leur marche pour répondre à l’invitation du...

Le report de la marche de la coalition C64, décidé à la suite de l'invitation adressée à ses principaux leaders par le président du...

Exodus Lukombo prévient les opposants : « Une marche vers le Palais de la Nation sera considérée comme une atteinte à la première institution...

À quelques jours de la marche annoncée par l'opposition en direction du Palais de la Nation, Exode Lukombo, cadre du Collectif des communicateurs et...

Kinshasa : l’ADESCO de Tony Kanku Shiku reporte la célébration du 3ᵉ anniversaire du parti et l’inauguration de son siège national en raison des...

L'Alliance des Démocrates Socialistes Congolais (ADESCO) a annoncé le report des festivités marquant son troisième anniversaire, initialement prévues le 30 juin 2026, ainsi que...