La riposte n’a pas tardé. Quelques heures après l’annonce du « Front pour la Refondation de la Nation » (FRN) par Joseph Kabila, le Mouvement de Réveil de la Jeunesse Congolaise (MRJCO) et l’Alliance pour la Rupture et le Développement et Alliés (ARDEV-A) ont publié, le 14 octobre, un communiqué au vitriol. Signé de Me John Mbaya Ntita, avocat au Barreau de Kwilu et président des deux structures, le texte parle d’« imposture » et de « provocation grave contre la République ».
Le bilan de 2001 à 2019 comme argument central
Pour les signataires, l’ancien chef de l’État n’a aucune légitimité à se présenter en refondateur. Ils lui reprochent dix-huit ans de pouvoir marqués, selon eux, par des violations des droits humains, le pillage des ressources naturelles, la prolifération de plus de 120 groupes armés à l’Est et l’affaiblissement de l’armée. Leur formule : « On ne peut prétendre être le refondateur d’une maison que l’on a soi-même incendiée. »
Le communiqué va plus loin. Il accuse M. Kabila de s’être associé à des responsables de l’AFC-M23, qu’il présente comme le bras armé de l’agression rwandaise. Ces faits relèveraient, selon les deux mouvements, de la haute trahison et de crimes de guerre. Ils rappellent que l’ancien président a déjà été condamné à mort par contumace par la Haute Cour militaire et invoquent l’article 5 de la Constitution sur le caractère imprescriptible de toute prise de pouvoir par les armes. Ces accusations n’engagent que leurs auteurs. Elles n’ont pas été commentées par l’intéressé à ce stade.
Une offensive sur trois fronts
Le MRJCO et l’ARDEV-A y voient un simple « recyclage » de l’AFC-M23, destiné à s’inviter au dialogue national et à infiltrer à nouveau les institutions. Ils demandent :
- au gouvernement de saisir les juridictions compétentes ;
- au procureur de la CPI de faire répondre M. Kabila de ses actes ;
- aux Congolais, partis, confessions religieuses et jeunesse, de rallier le « Camp de la Patrie » contre ce qu’ils appellent une entreprise de « soudanisation » et de balkanisation du pays.
« La refondation de la Nation ne se fera pas avec ceux qui l’ont trahie », concluent-ils.