RDC : Moussa Kalema qualifie le report de la marche du 8 juillet de “faute politique” qui fragilise le front de défense anti-changement de la constitution  

Alors que la République démocratique du Congo traverse l’une des périodes les plus critiques de son histoire récente, le report de la marche pacifique du 8 juillet décidée par le C64 suscite incompréhension, interrogations et inquiétudes au sein de nombreux citoyens et acteurs politiques. Pour certains, dont Moussa Kalema, président national du parti des vertus républicaines, cette décision risque de démobiliser les forces attachées à la défense de la Constitution et de fragiliser la coalition unir contre le changement de la Constitution au moment même où le pays a besoin de clarté, de cohérence et de détermination. C’est ainsi qu’il appelle à travers cette tribune le FCC, sa famille politique, à reprendre pleinement son rôle de leader au sein de l’opposition républicaine et à porter l’espérance d’une véritable Renaissance nationale.

TRIBUNE 

FCC – C64 : LE REPORT DE LA MARCHE DU 8 JUILLET, UNE FAUTE POLITIQUE QUI FRAGILISE LE FRONT DE DÉFENSE DE LA CONSTITUTION

Le report de la marche pacifique du 8 juillet, initiée par le C64 et soutenue par plusieurs organisations de la société civile ainsi que par une partie importante de l’opposition politique, soulève aujourd’hui de nombreuses interrogations légitimes.

Cette décision est d’autant plus surprenante qu’elle intervient dans un contexte où une grande partie de la population manifeste son inquiétude face aux initiatives perçues comme susceptibles de remettre en cause l’équilibre constitutionnel issu de la Constitution du 18 février 2006.

Certes, une invitation au dialogue ou à la médiation mérite toujours considération. Le dialogue demeure l’un des instruments privilégiés de résolution pacifique des conflits politiques. Cependant, lorsqu’une mobilisation populaire d’ampleur nationale a été préparée, annoncée et portée par des milliers de citoyens déterminés à exprimer pacifiquement leur opinion, son report brutal ne peut qu’alimenter le doute, la perplexité et parfois même la méfiance.

Une question demeure sans réponse claire : quelle est l’origine exacte de cette initiative de médiation attribuée au Président burundais ? S’agit-il d’une démarche de l’Union africaine ? D’une initiative du Président Félix Tshisekedi ? D’une sollicitation du C64 ? Ou d’une autre démarche politique dont l’opinion publique n’a pas encore été informée ?

Dans toute démocratie, la transparence est une exigence fondamentale. Lorsqu’une décision aussi importante est prise, les citoyens ont le droit d’en connaître les motivations réelles et les objectifs poursuivis.

À défaut d’explications convaincantes, certains pourraient légitimement considérer ce report comme une manœuvre dilatoire destinée à gagner du temps, à démobiliser les militants ou à affaiblir la dynamique populaire qui s’était progressivement construite autour de la défense de la Constitution.

Or, chacun sait qu’un report est souvent porteur de risques politiques majeurs. Il peut décourager les militants, créer la confusion au sein des bases, fragiliser les alliances et offrir au pouvoir un répit stratégique qu’il n’aurait peut-être pas obtenu autrement.

C’est précisément pour cette raison que beaucoup considèrent que la marche du 8 juillet aurait dû être maintenue, même dans l’hypothèse où une médiation était engagée parallèlement. Une mobilisation populaire pacifique et constitutionnelle n’est pas incompatible avec la recherche de solutions politiques. Bien au contraire, elle peut renforcer la crédibilité des revendications portées par l’opposition et la société civile.

Le peuple congolais devait pouvoir démontrer, dans le calme et la discipline républicaine, qu’il demeure attaché au respect de la Constitution et qu’il refuse toute initiative susceptible de remettre en cause les fondements du pacte républicain.

Car la Constitution n’est pas un simple texte juridique. Elle est le contrat politique fondamental qui unit la Nation. Elle garantit l’alternance démocratique, la stabilité institutionnelle et la paix civile. Elle ne saurait être manipulée au gré des intérêts du moment.

Le report de cette marche apparaît ainsi comme une erreur politique dont les conséquences pourraient être lourdes pour l’ensemble du camp attaché à la défense de l’ordre constitutionnel.

Cette situation doit également interpeller le Front Commun pour le Congo (FCC).

En tant que membre cofondateur de cette famille politique, je considère que le FCC ne peut demeurer simple spectateur des événements. Il lui appartient de se restructurer rapidement, de renforcer sa présence sur le terrain, de renouer avec ses bases et d’assumer pleinement son rôle de contre-pouvoir républicain.

Le FCC dispose d’une expérience institutionnelle, d’un ancrage national et d’une maturité politique qui lui imposent des responsabilités particulières dans le contexte actuel.

Il ne s’agit pas de regarder le passé avec nostalgie, mais avec lucidité. Il ne s’agit pas davantage de fuir les erreurs qui ont pu être commises, mais de les assumer avec honnêteté afin de mieux préparer l’avenir.

La RDC traverse une crise multidimensionnelle : guerre à l’Est, insécurité persistante à l’Ouest, déplacements massifs des populations, pillage des ressources naturelles, affaiblissement des institutions et tensions politiques croissantes.

Pendant que notre peuple souffre, les querelles politiciennes, les calculs tactiques et les reports successifs risquent d’éloigner davantage les solutions dont le pays a urgemment besoin.

La véritable urgence nationale demeure le retour de la paix, la restauration de l’autorité de l’État, la défense de la souveraineté nationale et l’organisation d’un dialogue véritablement inclusif entre les forces vives de la Nation.

C’est pourquoi le FCC doit reprendre l’initiative politique. Il doit parler avec clarté, agir avec responsabilité et rassembler toutes les forces sincèrement attachées à la défense de la République, au-delà des calculs partisans et des ambitions personnelles.

L’heure n’est plus aux hésitations.

L’heure est à la mobilisation citoyenne, à l’engagement républicain et à la reconstruction de l’espérance nationale.

  • Nous avons le devoir moral de sauver notre pays de l’humiliation, de l’affaiblissement de ses institutions et du discrédit qui menace son image sur la scène internationale.
  • Nous devons redonner confiance à notre peuple, restaurer les valeurs de mérite, d’éthique et de responsabilité publique, et préparer l’avènement d’un État fort, juste et stratège.

Plus que jamais, la République démocratique du Congo a besoin d’une opposition organisée, cohérente et courageuse.

Plus que jamais, le FCC doit assumer son rôle historique.

Plus que jamais, nous devons préparer l’avènement de la Renaissance nationale, fondée sur la souveraineté, la République de la loi, la justice impartiale et la puissance de l’État au service du peuple.

L’histoire jugera sévèrement ceux qui auront préféré les calculs politiques à la défense de la Nation.

Mais elle honorera celles et ceux qui auront choisi de rester debout lorsque la République était menacée.

Une opposition qui reporte ses mobilisations sans explication convaincante prend le risque de démobiliser son peuple. Un pouvoir qui refuse le dialogue prend le risque d’isoler davantage la Nation. Entre ces deux écueils, le FCC a le devoir historique de porter l’espérance, de défendre la Constitution, de préserver l’unité nationale et de préparer la Renaissance nationale.

Car les Nations ne meurent pas seulement sous les coups de leurs ennemis ; elles meurent aussi lorsque leurs élites renoncent à leurs responsabilités. Refusons la résignation. Refusons les calculs à courte vue. Refusons les compromissions qui affaiblissent la République.

Faisons le choix du courage, de la vérité et du sursaut national.

La République démocratique du Congo mérite mieux que les querelles de circonstance. Elle mérite une vision, une ambition et un destin.

C’est ce destin que nous avons l’obligation morale, politique et patriotique de reconstruire ensemble. »

Moussa Kalema Sangolo-Zaku

Président National du Parti des Vertus Républicaines (PVR),

Membre du Bureau Politique du FCC

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