Après la vidéo de Fils Mukoko visant les Occidentaux et la Belgique, Exodus Lukombo, cadre du collectif des communicateurs et défenseurs des institutions, a pris la parole pour condamner les attaques contre les représentations diplomatiques. Elle a toutefois approuvé la partie de son message qui appelle les Congolais à la prise de conscience pour défendre les institutions et l’ordre public.
Dans une vidéo devenue virale, Fils Mukoko, alors directeur général adjoint de la RASKIN, annonçait que des armes seraient distribuées « même dans des terrains de football » et « même dans des églises », et que les Occidentaux auraient « du mal à sortir de Kinshasa ». Il appelait aussi à un méga sit-in devant l’ambassade de Belgique.
Face à ces déclarations, Exodus Lukombo est monté au créneau lors d’une sortie médiatique. Elle a condamné sans ambiguïté les propos visant les ambassades européennes accréditées à Kinshasa, la Belgique en particulier. Pour elle, rien ne saurait justifier des menaces contre des missions diplomatiques et leur personnel, que le droit international place sous la protection de l’État hôte.
Exodus Lukombo a cependant distingué cette dérive d’un autre volet du message de Fils Mukoko. Elle a salué l’appel lancé aux Congolais à la prise en charge et à la prise de conscience pour combattre les ennemis du pays, défendre les institutions et préserver l’ordre public. Elle rappelle que la Constitution impose à chaque citoyen de faire échec à quiconque voudrait s’emparer du pouvoir par la force. Selon elle, cet appel vise la rébellion que Joseph Kabila est accusé de soutenir pour revenir aux affaires.
Cette prise de position intervient alors que les autorités ont réagi vite à la vidéo. Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a qualifié les propos d’« horreur absolue ». Le gouverneur Daniel Bumba a révoqué Fils Mukoko de ses fonctions à la RASKIN, et le CSAC lui a imposé un embargo médiatique de 88 jours. Le ministre de la Justice a demandé l’ouverture d’une enquête, et l’UDPS a précisé qu’il n’exerce aucune fonction en son sein. Le contexte est celui de tensions entre Kinshasa et Bruxelles, après des perquisitions visant des proches du chef de l’État en Belgique. [RDC : le Gouvernement condamne Fils Mukoko après ses menaces contre la Belgique.
La position d’Exodus Lukombo trace ainsi une ligne claire : la défense de la patrie passe par le respect des institutions et de la loi, pas par la menace contre des diplomates.