Reçus à Kinshasa le vendredi 9 octobre, les facilitateurs de l’Union africaine ont échangé avec le président congolais sur la situation sécuritaire dans l’Est du pays. Kinshasa attend désormais que les engagements pris dans les processus de Washington et de Doha se traduisent par des changements concrets sur le terrain.
La diplomatie africaine poursuit ses consultations autour de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Après Goma et Kigali, les facilitateurs de l’Union africaine ont été reçus à Kinshasa par le président Félix Tshisekedi, dans le cadre d’une mission consacrée à la recherche d’une issue au conflit qui affecte les provinces orientales du pays.
Au cours des échanges, le chef de l’État congolais a insisté sur la nécessité de passer des engagements diplomatiques à leur application effective. Les processus de Washington et de Doha constituent deux cadres importants dans les démarches engagées pour mettre fin aux hostilités, mais leur portée dépend désormais des résultats obtenus sur le terrain.
La délégation africaine comprend notamment Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de l’Éthiopie, Uhuru Kenyatta, ancien président du Kenya, Catherine Samba-Panza, ancienne présidente de la République centrafricaine, et Mokgweetsi Masisi, ancien président du Botswana.
Avant Kinshasa, les facilitateurs s’étaient rendus à Goma, au Nord-Kivu, où ils avaient rencontré des représentants de l’AFC/M23 ainsi que plusieurs acteurs humanitaires et sécuritaires. Ils avaient également effectué une visite dans le territoire de Nyiragongo pour s’informer de la situation des populations déplacées. La mission s’est ensuite poursuivie à Kigali, au Rwanda.
Le cessez-le-feu et la protection des civils au centre des préoccupations
La tournée intervient alors que les initiatives diplomatiques doivent répondre à une question essentielle : comment faire respecter les engagements pris par les parties au conflit ?
Les facilitateurs ont notamment insisté sur le respect du cessez-le-feu, la poursuite du processus de Doha et la protection des civils. Dans les zones touchées par les combats, les populations restent confrontées aux déplacements, à l’insécurité et aux difficultés d’accès aux services essentiels.
Pour Kinshasa, l’enjeu est de s’assurer que les mécanismes diplomatiques contribuent réellement à la désescalade et à la restauration de la sécurité. La rencontre avec le président congolais constitue ainsi une étape supplémentaire dans les consultations régionales.
La suite de cette médiation sera jugée à l’aune de sa capacité à rapprocher les engagements politiques des réalités vécues par les habitants du Nord-Kivu et des autres territoires affectés par les violences.
F.S.