Ils étaient nombreux, étudiants, encadreurs académiques et professionnels de la santé, à répondre à l’appel du Réseau Babel International et de l’organisation Ekosimba. Dans la salle de conférence du Ministère des Affaires Étrangères, la thématique retenue pour cette édition 2026 « Dépression en milieu universitaire » a servi de fil conducteur à une série d’interventions aussi riches que sensibles.
Placée sous le slogan « Mes études, ma santé mentale : mes priorités », la rencontre visait un objectif clair : offrir aux étudiants un cadre d’échange concret, loin des discours théoriques. Une ambition portée par Alidor Muyaya, fondateur du Réseau Babel International et ambassadeur de la santé mentale de l’Université de Kinshasa.
« Cette réunion se veut un cadre d’échanges. Nous aimerions échanger par rapport aux choses très pratiques. Nous avons estimé que les étudiants traversent des situations tellement difficiles : les relations toxiques qui peuvent influencer la santé mentale, l’abus d’autorité, les stigmates, les infections sexuellement transmissibles », a-t-il déclaré en ouverture des travaux.
La docteure Veronica, médecin et intervenante de la matinée, a poursuivi dans cette dynamique en conscientisant l’auditoire sur l’influence directe de la santé mentale sur la performance académique. Elle a invité les étudiants à ne pas céder aux pressions du monde universitaire, qu’elles soient sociales, économiques ou relationnelles.
Son intervention a été suivie d’un témoignage qui a marqué les esprits. Une étudiante a raconté avoir été victime de chantage de la part de son petit ami, lequel détenait des vidéos intimes d’elle et menaçait de les publier. Un récit qui illustre, selon plusieurs participants, l’urgence de traiter les violences psychologiques et numériques comme des enjeux de santé mentale à part entière.
Parmi les intervenants, le coordonnateur des étudiants de l’Université de Kinshasa a dressé un état des lieux sans concession des contraintes auxquelles fait face la communauté estudiantine. Il a particulièrement insisté sur l’absence de bourses d’études, qui pousse aujourd’hui certains étudiants à travailler tout en poursuivant leur formation.
« Cette double charge diminue la concentration et nourrit un stress permanent », a-t-il souligné, appelant à une réflexion globale sur les conditions matérielles d’études.
Les organisateurs le rappellent avec insistance : la dépression en milieu universitaire ne se réduit ni à une simple fatigue, ni à un manque de volonté. Perte de motivation, troubles du sommeil, isolement progressif, pensées suicidaires : les signaux d’alerte sont nombreux, mais rarement identifiés comme tels.
Face à ce constat, le Réseau Babel International et Ekosimba entendent multiplier les espaces de parole et orienter les étudiants vers des structures d’accompagnement adaptées. « Ne restez pas seul(e) face au stress et aux difficultés académiques », martèlent-ils.