Crise sécuritaire dans l’Est : She Okitundu lance la D52 pour intensifier la pression diplomatique autour de la résolution 2773 de l’ONU

Alors que perdure la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, le député national Léonard She Okitundu, président du Parti social-démocrate vert (PSDV), a officiellement lancé, ce samedi 10 octobre 2026, au Pullman Hôtel de Kinshasa, la Dynamique Patriotique Article 52 de la Constitution, en sigle D52. Cette initiative entend maintenir la mobilisation citoyenne pour la défense de l’intégrité territoriale et intensifier la pression diplomatique en faveur de l’application effective de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies face à la posture belliqueuse du Rwanda, et de ses renégats de l’AFC/M23.

Le dialogue politique annoncé par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, ne doit pas faire oublier la question de l’agression dont la RDC est victime. C’est le message défendu par Léonard She Okitundu lors du lancement officiel de la Dynamique Patriotique Article 52 de la Constitution, en sigle D52.

Devant les participants à cette cérémonie organisée à Kinshasa, le député national et président du Parti social-démocrate vert (PSDV) a salué l’initiative du chef de l’État d’engager prochainement des concertations avec les forces politiques et sociales du pays. Mais pour lui, la recherche de la cohésion nationale doit aller de pair avec une position ferme sur la crise sécuritaire qui frappe l’est du territoire national.

« Avant tout, je tiens à saluer l’engagement de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, d’initier prochainement des concertations citoyennes avec l’ensemble des forces sociales et politiques de la nation, à travers un dialogue axé sur la paix, la cohésion et la refondation de l’État. J’adresse également mes vives félicitations au chef de l’État pour avoir fait de la paix le terme prioritaire du dialogue », a déclaré Léonard She Okitundu.

Pour l’ancien ministre des Affaires étrangères, cette démarche ne peut cependant aboutir durablement si elle ne tient pas compte de la situation dans les territoires affectés par les violences armées. La paix, insiste-t-il, ne saurait être dissociée de la souveraineté nationale ni du droit des Congolais à vivre en sécurité sur l’ensemble du territoire.

C’est précisément pour maintenir cette exigence dans le débat public que l’initiateur de la D52 a décidé de mettre en place cette structure patriotique. Il redoute que la durée du conflit finisse par banaliser l’occupation de certaines parties du pays et par reléguer au second plan les souffrances des populations concernées.

L’article 52, socle de la nouvelle dynamique

Le nom de la D52 renvoie directement à l’article 52 de la Constitution congolaise. Cette disposition garantit aux citoyens le droit à la paix et à la sécurité, tant sur le plan national qu’international. Elle interdit également à tout individu ou groupe d’individus d’utiliser une partie du territoire national comme base de départ d’activités subversives ou terroristes contre l’État congolais ou tout autre État.

L’élu de Lumumaville souhaite que cette disposition ne reste pas qu’une simple référence juridique. Elle constitue, selon lui, un fondement de la mobilisation citoyenne face aux menaces qui pèsent sur l’intégrité territoriale de la RDC.

« Notre démarche s’enracine dans la conscience patriotique découlant de l’article 52 de la Constitution, qui dispose que tous les Congolais ont droit à la paix et à la sécurité, tant sur le plan national qu’international. Aucun individu ou groupe d’individus ne peut utiliser une portion du territoire national comme base de départ d’activités subversives ou terroristes contre l’État congolais ou tout autre État », a-t-il rappelé.

D52 se veut, ainsi, cette structure patriotique qui entretient la vigilance de l’opinion publique sur la situation sécuritaire dans l’est du pays. Son initiateur considère que l’accoutumance à la guerre et à l’occupation territoriale représente un risque pour la conscience nationale, d’où la nécessité de maintenir une mobilisation constante.

Dans son discours, il a également réitéré sa condamnation de l’insurrection des renégats pro-rwandais de l’AFC/M23 et l’agression rwandaise contre la RDC. Une position qu’il rattache au respect de la Constitution congolaise et des principes consacrés par la Charte des Nations unies.

« À travers cette initiative, notre objectif ultime est d’élever la voix avec la plus grande fermeté pour réitérer la condamnation de l’insurrection du M23 et de l’agression rwandaise contre notre pays. La paix et la sécurité de chaque Congolais ne sont pas négociables. La trahison de ceux qui s’allient à l’agresseur doit être impitoyablement réprouvée par l’histoire, dans la mesure où elle viole gravement la Constitution et la Charte des Nations unies », a-t-il martelé.

She Okitundu veut mobiliser les grandes puissances

La D52 compte porter son combat sur le terrain diplomatique, bien au-delà La sensibilisation au niveau national. La structure prévoit de solliciter les représentations à Kinshasa des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi que celles de l’Union africaine et de l’Union européenne. Ce, dans l’objectif d’obtenir une application effective de la résolution 2773 du Conseil de sécurité, adoptée le 21 février 2025, dans le contexte de l’escalade du conflit dans l’est de la RDC. Pour Léonard She Okitundu, les décisions prises par les instances internationales doivent produire des effets concrets sur le terrain, particulièrement en ce qui concerne le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale congolaises.

« Le dialogue annoncé doit se tenir avec la conscience constante que notre pays fait face à une agression caractérisée, exigeant le respect rigoureux de l’article 52 de notre Constitution ainsi que la mise en œuvre effective de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies», a-t-il soutenu. Pour lui, les congolais ne peuvent pas accepter que les décisions prises au niveau international restent sans effets sur le terrain, alors que des populations civiles continuent de subir les conséquences de la guerre.

La D52 veut donc faire de cette résolution l’un des principaux leviers de son action. Elle entend rappeler aux partenaires de la RDC leurs responsabilités et plaider pour que les engagements internationaux ne soient pas vidés de leur portée. Pour ce faire, Léonard She Okitundu mise notamment sur une démarche combinant pression diplomatique et mobilisation populaire. Il estime que la défense de l’intégrité territoriale exige à la fois une prise de conscience nationale et des démarches soutenues auprès des acteurs internationaux susceptibles d’influencer l’évolution de la crise.

« Nous allons continuer à entretenir inlassablement l’éveil de la conscience patriotique au sein de toutes les couches sociales de notre pays et mener un plaidoyer diplomatique actif auprès des représentants à Kinshasa des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, de l’Union africaine et de l’Union européenne, afin d’exiger une application stricte de la résolution 2773. Il faut éviter que cette décision contraignante de l’organe permanent des Nations unies chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales ne devienne lettre morte », a-t-il insisté.

Cette orientation donne à la D52 une double mission. D’abord maintenir la question de l’agression au centre des préoccupations nationales, ensuite interpeller les institutions internationales sur la nécessité de faire respecter leurs propres décisions.

« La patrie demeure en danger »

Alors que les perspectives de dialogue politique occupent une place croissante dans le débat national, Léonard She Okitundu appelle les Congolais à ne pas relâcher leur vigilance. Pour lui, les concertations annoncées ne doivent ni détourner l’attention de la crise sécuritaire ni faire oublier les populations qui en subissent directement les conséquences. La solidarité avec les habitants des territoires touchés par la guerre figure également parmi les engagements affichés par la nouvelle dynamique.

« La patrie demeure en danger. C’est pourquoi la Dynamique Patriotique 52 lance un appel solennel à l’ensemble du peuple congolais à ne pas baisser la garde», a souligné l’élu du peuple, qui a en même temps appelé les congolais à rester conscients des enjeux auxquels le pays est confronté et défendre, avec détermination, la souveraineté du pays, l’ unité et l’ intégrité territoriale.

FIDEL SONGO

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