Une importante cérémonie marquant une nouvelle étape dans le processus de pacification de l’espace Grand Bandundu s’est tenue ce samedi à la Pagode présidentielle de la N’Sele. À cette occasion, plusieurs armes récupérées auprès des combattants Mobondo ont été officiellement remises aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), en présence des autorités politico-administratives, militaires ainsi que de nombreux habitants venus assister à l’événement.
Initiative portée par le ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale en charge des Anciens combattants, Eliezer Ntambwe Mposhi, cette activité s’inscrit dans le cadre des efforts du Gouvernement visant à restaurer durablement la paix dans les provinces du Kwango, du Maï-Ndombe, du Kongo Central et dans la partie orientale de Kinshasa, longtemps affectées par les violences liées au phénomène Mobondo.
Prenant la parole, Eliezer Ntambwe a rendu hommage au Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour son engagement constant en faveur de la stabilité du pays. Il a également salué l’accompagnement de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka ainsi que la collaboration des unités de la Garde républicaine impliquées dans les opérations de terrain.
Le ministre délégué a présenté un bilan encourageant des missions menées dans les zones touchées par les conflits. Selon lui, plus de vingt villages ont été parcourus et 891 combattants, hommes et femmes confondus, se sont rendus aux autorités, tandis que 575 d’entre eux ont déjà été orientés vers le Service national pour leur encadrement et leur réinsertion. Au total, 144 armes ont été récupérées au cours de cette campagne.
Au-delà de la collecte des armes, Eliezer Ntambwe a insisté sur la nécessité de favoriser la réconciliation entre les communautés autrefois opposées et de mettre en place des programmes de développement susceptibles d’accompagner la réinsertion sociale des populations affectées. Il a, à cet effet, lancé un appel aux organisations humanitaires afin qu’elles renforcent leur collaboration avec les autorités congolaises.
Guy Kabombo salue les résultats obtenus
Présent à la cérémonie, le vice-Premier ministre en charge de la Défense nationale, Guy Kabombo Muadiamvita, a félicité le ministre délégué pour les résultats enregistrés sur le terrain.
Selon lui, le Gouvernement a mis en œuvre, sous l’impulsion du Chef de l’État, une stratégie multidimensionnelle associant les différents services de l’État pour répondre à la menace sécuritaire dans cette partie du pays.
« Les armes récupérées aujourd’hui témoignent de la réduction progressive de la menace et du recul de la violence dans plusieurs localités autrefois soumises à la terreur des groupes armés. Chaque arme récupérée représente une vie sauvée, une famille protégée et une communauté davantage sécurisée », a-t-il déclaré.
Le patron de la Défense a également réitéré la détermination des autorités à poursuivre la lutte contre tous ceux qui soutiennent ou alimentent les groupes armés, rappelant que la violence ne saurait constituer un mode d’expression acceptable dans un État de droit.
Jacquemain Shabani appelle les combattants à rejoindre la paix
Représentant personnel de la Première ministre, le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, a lui aussi salué les efforts consentis dans le cadre de cette opération de désarmement.
Il a rappelé que la paix ne se limite pas à l’absence des affrontements armés, mais implique également la reconstruction du tissu social et l’intégration des anciens combattants dans la vie productive de la nation.
S’adressant aux éléments Mobondo qui n’ont pas encore déposé les armes, il les a exhortés à rejoindre le processus engagé par le Gouvernement.
« À ceux qui hésitent encore, je lance un appel sincère à abandonner la voie de la violence pour rejoindre celle de la paix. L’avenir de notre pays se construit dans le respect des institutions républicaines et dans l’unité nationale », a-t-il affirmé.
Le ministre de l’Intérieur a, en outre, réaffirmé la volonté du Gouvernement de poursuivre les programmes de réinsertion sociale et professionnelle destinés aux ex-combattants afin de les transformer en véritables acteurs du développement.
Placée sous le haut patronage de la Première ministre, cette cérémonie symbolise une avancée significative vers la stabilisation des territoires affectés par le conflit opposant les communautés Teke et Yaka. Les autorités espèrent que cette dynamique de désarmement et de réconciliation ouvrira une nouvelle phase de reconstruction, de coexistence pacifique et de développement dans cette région longtemps marquée par les violences.
J.E