La dynamique de pacification engagée dans l’espace du Grand Bandundu semble franchir une nouvelle étape. En déplacement dans le territoire de Kwamouth, dans la province du Maï-Ndombe, la délégation du ministre délégué chargé de la Politique de la ville, Eliezer Ntambwe, a reçu le soutien public d’anciens leaders du mouvement Mobondo pour l’encadrement des jeunes démobilisés.
Après une première étape à Mbankana, la délégation ministérielle s’est rendue jeudi au village de Kintsele où une foule nombreuse s’était mobilisée pour accueillir les autorités. À cette occasion, plusieurs anciens chefs Mobondo ont exprimé leur adhésion au processus de démobilisation et d’encadrement des jeunes ayant déposé les armes.
Ces derniers ont également dénoncé certaines informations qu’ils qualifient de manipulation autour du premier groupe de jeunes démobilisés transférés vers Kaniama Kasese pour leur réinsertion. Dans leurs interventions, ils ont salué les efforts du Président de la République, Félix Tshisekedi, ainsi que ceux du ministre délégué Eliezer Ntambwe pour le retour progressif de la paix dans la région.
Le village de Kintsele, aujourd’hui majoritairement habité par la communauté Yaka, connaît également une évolution notable sur le plan coutumier. Le rétablissement de l’autorité traditionnelle issue de la lignée Teke marque, pour plusieurs habitants, un tournant important dans la restauration de la cohésion sociale.
Le retour du chef coutumier Nsele Mulobo, intervenu lors du passage récent du ministre délégué, est considéré par une partie de la population comme un symbole d’apaisement. Accusé dans un litige lié à un conflit de maison, l’autorité coutumière a rejeté ces accusations et appelé les communautés locales à privilégier la coexistence pacifique.
« L’autorité coutumière ne sème pas la division. Les autorités devraient plutôt nous aider avec des tôles pour les maisons. La faim demeure notre plus grand souci », a-t-il déclaré.
Profitant de la présence de la délégation gouvernementale, plusieurs acteurs sociaux – enseignants, parents d’élèves et agriculteurs – ont exprimé leurs préoccupations tout en saluant la reprise progressive des activités scolaires rendue possible par l’amélioration de la situation sécuritaire.
Parmi les doléances formulées figure l’appui aux établissements scolaires, notamment à travers la fourniture de bancs et d’autres matériels pédagogiques via le Service national. « Nous avons plusieurs difficultés. Le ministre délégué peut nous aider avec le Service national en nous fournissant des matériels scolaires comme des bancs et d’autres équipements », a expliqué Kimbuta Dousou, enseignant à l’école primaire Mulasa.
Dans le même sens, le directeur de l’école primaire Kintsele, Kiwayi Jean-Pierre, a plaidé pour une meilleure prise en charge des enseignants temporaires.
De retour à Kinshasa, la délégation ministérielle a tenu un meeting populaire au village Mfumu Nketo, dans la commune de Maluku. L’activité, marquée notamment par une remise d’armes, a réuni plusieurs dizaines d’habitants, venus témoigner leur adhésion au processus de pacification.
Prenant la parole devant la population, le conseiller du ministre, Bita Inana, a appelé les communautés locales à soutenir les efforts du gouvernement, menés sous la vision du Président Félix Tshisekedi et mis en œuvre par le ministre délégué Eliezer Ntambwe.
La mission s’est finalement achevée par un retour à Mbankana, point de transit de la délégation, où une évaluation des activités menées sur le terrain a été effectuée. Selon les organisateurs, l’ensemble des échanges s’est déroulé dans un climat de sérénité, porteur d’espoir pour la consolidation de la paix dans cette partie du pays.
Fidel Songo