La République démocratique du Congo actualise sa stratégie thérapeutique face au paludisme grave. Un nouveau protocole, élaboré sous la direction du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) avec l’appui de la société pharmaceutique PHARMAKINA, a été présenté à Kinshasa. Il prévoit notamment l’utilisation de la quinine injectable dosée à *500 mg/2 ml* comme option de prise en charge.
La lutte contre le paludisme entre dans une nouvelle phase sur le plan de la prise en charge des formes graves. Le Programme national de lutte contre le paludisme a présenté jeudi 17 septembre à Kinshasa une actualisation du protocole thérapeutique destiné aux patients atteints de paludisme grave ou compliqué.
Le document prévoit notamment le recours à la quinine injectable, dans un contexte marqué par les préoccupations liées à la résistance à certains traitements conventionnels.
La formulation concernée est dosée à 500 mg/2 ml. Son introduction dans le protocole national vise à offrir une alternative thérapeutique aux professionnels de santé confrontés aux formes sévères de la maladie.
Le choix d’actualiser les orientations thérapeutiques intervient alors que le paludisme demeure l’une des principales causes de morbidité et de mortalité en RDC. La prise en charge rapide des formes graves constitue donc un enjeu majeur, particulièrement dans les zones où l’accès aux structures sanitaires reste difficile.
Le nouveau protocole a été élaboré sous la direction du PNLP en partenariat avec PHARMAKINA. Cette collaboration associe ainsi l’expertise du programme national chargé de la lutte contre la maladie et les capacités d’un acteur pharmaceutique présent dans le pays.
L’enjeu ne se limite cependant pas à la disponibilité d’un médicament. L’efficacité d’un protocole dépend également de sa diffusion auprès des professionnels de santé, de la disponibilité régulière des produits dans les formations sanitaires et de la capacité des équipes médicales à identifier rapidement les signes de gravité.
Le diagnostic précoce reste en effet essentiel. Un patient atteint d’une forme grave doit pouvoir bénéficier rapidement d’une prise en charge adaptée afin de réduire le risque de complications et de décès.
Cette actualisation thérapeutique vient donc compléter les autres axes de la lutte contre le paludisme, notamment la prévention, la lutte antivectorielle, le diagnostic précoce, l’accès aux médicaments et la sensibilisation communautaire.
La RDC se doit de continuer parallèlement à surveiller l’évolution des résistances aux traitements afin d’adapter ses recommandations lorsque cela s’avère nécessaire. L’évolution des protocoles constitue ainsi un processus permanent, lié aux changements observés sur le terrain et aux données scientifiques disponibles.
Pour les autorités sanitaires, le défi sera désormais de traduire cette actualisation en pratiques effectives dans les structures de soins, notamment dans les zones rurales et les régions où la charge du paludisme demeure élevée.
Pour rappel, le paludisme demeure l’un des principaux problèmes de santé publique en République démocratique du Congo, avec une forte pression sur les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. Les données du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) montrent l’ampleur persistante de la maladie dans le pays.
En 2024, la RDC a enregistré 29 123 262 cas de paludisme, dont 26 374 394 cas simples et 2 748 868 cas graves, soit 9,4 % de l’ensemble des cas. Les enfants de moins de 5 ans ont représenté 13 903 437 cas, soit 47,7 % du total, parmi lesquels 1 292 734 cas graves. La même année, 21 695 décès liés au paludisme ont été enregistrés dans le pays. Les enfants de moins de 5 ans ont concentré 15 091 décès, soit 69 % de l’ensemble des décès attribués à la maladie.
Les femmes enceintes figurent également parmi les groupes particulièrement exposés. En 2024, 1 496 714 cas de paludisme ont été rapportés dans cette catégorie, dont 1 151 061 cas simples et 345 653 cas graves.
Ces chiffres donnent une mesure de l’enjeu auquel répond l’actualisation du protocole de prise en charge du paludisme grave. Au-delà de l’adaptation des traitements, la réduction de la mortalité dépend aussi de la rapidité du diagnostic, de l’accès aux soins, de la disponibilité des médicaments et de la capacité des formations sanitaires à prendre en charge sans délai les patients présentant des signes de gravité.
FIDEL SONGO