Face à la persistance de la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola (MVE), la République démocratique du Congo adapte son dispositif de riposte. Présenté ce vendredi 4 septembre 2026 à Kinshasa sous la conduite du ministre de la Santé publique, Dr Samuel Roger Kamba, le Plan de préparation et de réponse « Une Santé » fixe le nouveau cadre d’intervention pour les six prochains mois, avec un accent sur la détection précoce, la surveillance communautaire et une meilleure coordination des acteurs.
Une stratégie adaptée au virus Ebola-Soudan
La présentation du plan a réuni les principaux partenaires techniques et financiers, des représentants des Nations Unies, de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), de l’Africa CDC ainsi que plusieurs missions diplomatiques.
Le directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), Dieudonné Mwamba Kazadi, a également participé à la rencontre. Son institution joue un rôle central dans la coordination multisectorielle de la réponse nationale à cette épidémie.
Selon Samuel Roger Kamba, les premiers symptômes du virus Ebola-Soudan peuvent parfois paraître moins alarmants, ce qui risque de retarder le recours aux soins et de favoriser la présence de personnes infectées au sein des communautés.
Le Gouvernement veut donc renforcer la détection précoce et décentralisée des cas, notamment dans les formations sanitaires. La surveillance ne devra plus dépendre principalement des centres de traitement Ebola, mais être davantage intégrée au système de santé.
La gratuité des soins dans les zones affectées doit également permettre de réduire les barrières financières et d’encourager les populations à consulter rapidement.
Une riposte davantage rapprochée des communautés
Le Plan « Une Santé » prévoit une décentralisation accrue des activités afin de rapprocher les équipes de riposte des populations, aussi bien dans les quartiers urbains que dans les villages ruraux.
Cette approche doit renforcer la surveillance communautaire et accélérer l’identification des cas suspects. Elle repose également sur une collaboration entre la santé humaine, la santé animale et la protection de l’environnement, conformément au principe « Une Santé ».
L’INSP au cœur de la coordination
À travers le Centre des opérations d’urgence de santé publique et le Système de gestion de l’incident, l’INSP assure la coordination des différentes composantes de la réponse nationale.
Ses interventions couvrent notamment la surveillance épidémiologique, la prise en charge des malades, le laboratoire, la vaccination, la prévention et le contrôle des infections ainsi que la Communication des risques et l’engagement communautaire (CREC).
La participation de Dieudonné Mwamba Kazadi à la présentation du nouveau plan confirme ainsi le rôle opérationnel de l’INSP dans cette nouvelle phase de la riposte.
Le Gouvernement demande une mobilisation accrue des ressources
Les autorités ont salué l’appui des partenaires mobilisés depuis le début de l’épidémie, tout en appelant à une meilleure adéquation entre les engagements annoncés et les ressources effectivement disponibles dans les zones affectées.
Un mécanisme de coordination renforcé doit permettre de suivre régulièrement l’évolution de l’épidémie, de déterminer les besoins prioritaires et d’accélérer la mise en œuvre des décisions prises au niveau national.
Le Gouvernement s’est également engagé à accélérer les procédures relevant de sa responsabilité, notamment le dédouanement des équipements et intrants destinés à la riposte.
Une communication basée sur la situation réelle
La communication constitue également un axe majeur du Plan « Une Santé ». Les autorités veulent privilégier une information régulière et précise sur l’évolution de l’épidémie, en distinguant les zones où la transmission reste active de celles où la situation sanitaire s’améliore.
Déjà présenté et adopté en Conseil des ministres, le Plan « Une Santé » devient ainsi le cadre de référence de la réponse nationale à la 17ᵉ épidémie de MVE pour les six prochains mois.
À travers cette nouvelle approche, le Gouvernement et ses partenaires misent sur une surveillance mieux intégrée au système de santé, une riposte plus proche des communautés et une coordination renforcée. L’objectif demeure de contenir la transmission du virus, d’améliorer la prise en charge des malades et de protéger les populations des zones affectées.
Tremplin News