Pour contenir l’épidémie de maladie à virus Ebola (MVE17) dans un délai de 180 jours, les autorités sanitaires de la République démocratique du Congo ont présenté une nouvelle stratégie de riposte. Qualifiée de « deuxième génération », cette phase intervient après une première réponse ayant mobilisé environ 242 millions de dollars américains. La nouvelle stratégie repose sur une enveloppe estimée à près de 1,2 milliard de dollars, dont quelque 870 millions destinés au secteur de la santé.
Selon Christian Ngandu, ces ressources doivent permettre de financer plusieurs volets de la riposte, tout en renforçant durablement les capacités du système de santé. L’objectif ne se limite donc pas à stopper la propagation du virus. Il s’agit également de consolider les acquis de la réponse à l’épidémie afin qu’ils puissent bénéficier au système sanitaire au-delà de la crise.
Les investissements annoncés concernent notamment les infrastructures, les équipements et le développement des compétences locales. La riposte contre Ebola doit ainsi contribuer à améliorer les moyens dont disposent les structures sanitaires et les équipes appelées à répondre aux prochaines urgences épidémiques.
Surveillance et prise en charge renforcées
Cette nouvelle phase intervient alors que la surveillance épidémiologique a été intensifiée. La recherche active des cas et le suivi des contacts dans les communautés ont permis de détecter davantage de personnes infectées et de mieux documenter la circulation du virus.
La prise en charge médicale des patients s’est également renforcée. Les personnes éligibles peuvent notamment bénéficier d’anticorps monoclonaux et de traitements antiviraux, dont le remdesivir. La vaccination des personnels exposés ainsi que des personnes ayant été en contact avec des cas confirmés constitue un autre volet important de la réponse.
À travers cette nouvelle stratégie, les autorités sanitaires veulent agir sur deux fronts : maîtriser rapidement la MVE17 et renforcer les bases du système de santé. La participation des communautés occupe une place importante dans ce dispositif, avec l’objectif de faciliter la détection précoce des cas, le suivi des contacts et l’adhésion aux mesures de prévention.
Lionel Kibuluku