En réaction à la lecture faite par Jean Thierry Monsenepwo sur le dialogue national, Moussa Kalema Sangolo-Zaku, président national du Parti des Vertus Républicaines (PVR), soutient que les difficultés de la République démocratique du Congo dépassent largement le cadre sécuritaire. Il appelle à un dialogue de refondation nationale centré sur les causes profondes de ce qu’il qualifie d’effondrement de l’État congolais, plutôt qu’à une simple gestion de la crise ou à un partage du pouvoir.
« NON, MONSIEUR JEAN THIERRY MONSENEPWO ! LA RDC NE SOUFFRE PAS D’UNE SIMPLE CRISE SÉCURITAIRE. C’EST L’ÉTAT CONGOLAIS QUI S’EST EFFONDRÉ. »
TRIBUNE – Réponse à Thierry Monsenepwo
Depuis plusieurs semaines, certains cadres de l’Union sacrée tentent de réduire la tragédie congolaise à une simple question de sécurité.
C’est précisément l’erreur que commet Jean Thierry Monsenepwo lorsqu’il présente le dialogue comme une réponse essentiellement à la crise sécuritaire.
Non !
Mille fois non !
La guerre n’est pas la cause de notre malheur.
Elle en est la conséquence.
Elle est l’expression la plus violente d’un État progressivement vidé de sa substance, affaibli de l’intérieur, désarticulé dans ses institutions et abandonné à la logique des intérêts particuliers.
La vérité est autrement plus grave.
La République démocratique du Congo traverse une crise historique de l’État.
Une crise de gouvernance.
Une crise institutionnelle.
Une crise morale.
Une crise de civilisation.
Une crise de souveraineté.
Une crise des élites.
Voilà pourquoi nous refusons qu’un dialogue historique soit réduit à une simple négociation sécuritaire.
Le peuple congolais mérite infiniment mieux.
Le vrai procès doit être celui de l’effondrement de l’État
Le dialogue national devra répondre à une seule grande question :
Comment un pays aussi riche a-t-il pu devenir aussi fragile ?
Il devra avoir le courage de mettre sur la table tout ce que beaucoup refusent d’affronter :
- la destruction méthodique de l’autorité de l’État ;
- la tribalisation progressive des institutions ;
- la politisation de l’armée et de l’administration ;
- une justice placée sous influences ;
- une corruption devenue système de gouvernement ;
- une administration publique désarticulée ;
- l’effondrement de l’école républicaine ;
- la disparition de la culture de l’État ;
- la perte du patriotisme républicain ;
- la dépendance économique et diplomatique ;
- la confiscation de notre souveraineté stratégique.
Voilà les véritables causes de nos défaites militaires, diplomatiques et économiques.
Tant que ces causes ne seront pas traitées, aucune paix ne sera durable.
Nous refusons un dialogue de partage du pouvoir
Que les choses soient parfaitement claires.
L’opposition, et pour ce qui me concerne sans prétendre engager officiellement le FCC, ne réclame ni ministères, ni fauteuils, ni avantages.
Elle réclame un dialogue de refondation nationale.
Un dialogue qui reconstruise l’État.
Un dialogue qui restaure la République.
Un dialogue qui refonde nos institutions.
Un dialogue qui rende enfin le pouvoir à la Nation plutôt qu’aux réseaux d’influence.
Nous ne voulons pas redistribuer les responsabilités.
Nous voulons reconstruire les fondations.
La question que personne n’ose poser
Le dialogue devra répondre sans détour à cette interrogation fondamentale :
Pourquoi, soixante-six ans après son indépendance, la République démocratique du Congo n’est-elle toujours pas devenue un État-puissance ?
Pourquoi possédons-nous l’un des plus grands potentiels du monde sans disposer d’une véritable puissance militaire, diplomatique, industrielle, scientifique ou technologique ?
Pourquoi nos ressources enrichissent-elles davantage les autres que notre propre peuple ?
Pourquoi notre souveraineté demeure-t-elle constamment négociée ?
Voilà les vraies questions.
Le reste n’est que diversion.
Le dialogue de la Renaissance nationale
Nous ne participerons pas à une mise en scène politique destinée à prolonger artificiellement un système qui a démontré ses limites.
Nous participerons à un dialogue qui aura le courage de diagnostiquer les causes profondes de l’effondrement de l’État congolais et d’en proposer les remèdes.
Notre ambition n’est pas un gouvernement de circonstance.
Notre ambition est une République nouvelle.
Une République gouvernée par des institutions fortes.
Une République fondée sur le mérite.
Une République juste.
Une République souveraine.
Une République stratège.
Une République capable d’organiser sa propre puissance.
Car l’enjeu dépasse les hommes.
Il dépasse les partis.
Il dépasse les élections.
L’enjeu, c’est la survie même de l’État congolais.
Et c’est précisément pour cette raison que le dialogue que nous exigeons sera celui de la Renaissance nationale, et non celui du partage du pouvoir.
L’Histoire jugera sévèrement ceux qui auront préféré sauver un régime plutôt que sauver la République.
Fait à Kinshasa, le 19 juillet 2026.
Moussa Kalema Sangolo-Zaku
Président national du Parti des Vertus Républicaines (PVR)
Membre du Bureau politique du FCC