« L’opposition ne mendie pas le pouvoir, elle exige le respect de la Constitution » : Moussa Kalema recadre Exodus Lukombo

Moussa Kalema Sangolo-Zaku, président national du PVR et membre du Bureau politique du FCC, répond aux propos d’Exodus Lukombo, qui estimait que l’opposition n’était pas en position d’imposer ses conditions. L’opposant affirme que son camp ne revendique ni partage du pouvoir ni privilèges, mais exige le strict respect de la Constitution, du serment présidentiel et des principes républicains. Il appelle également le pouvoir à renoncer à tout projet de révision constitutionnelle dans un contexte marqué par la guerre, l’insécurité et les tensions politiques.

TRIBUNE

Madame Exodus Lukombo, l’opposition n’a rien à imposer : elle demande simplement le respect de la Constitution

Par Moussa Kalema Sangolo-Zaku
Président National du Parti des Vertus Républicaines (PVR)
Membre du Bureau Politique du FCC

Madame Exodus Lukombo affirme que l’opposition devrait comprendre qu’elle n’est pas en position de force pour imposer ses conditions au pouvoir en place.

Cette affirmation appelle une clarification importante.

L’opposition congolaise ne cherche à imposer aucune condition au Président de la République, à sa majorité politique ou à quelque institution que ce soit.

Elle ne sollicite aucun avantage.

Elle ne réclame aucun privilège.

Elle ne négocie aucun partage du pouvoir.

Elle demande simplement le respect de la Constitution de la République, cette même Constitution sur laquelle le Président de la République a prêté serment devant Dieu, devant le peuple congolais et devant l’Histoire.

Ce serment n’était pas un acte protocolaire.

C’était un engagement solennel de respecter et de faire respecter la Constitution en toute circonstance, de défendre l’intégrité du territoire national et de ne jamais trahir la Patrie.

Le cœur du débat

Voilà le cœur du débat.

L’opposition n’est donc pas dans une logique d’affrontement institutionnel. Elle est dans une logique de vigilance républicaine.

Elle met en garde la famille politique du Chef de l’État contre les conseils dangereux qui pourraient l’amener à s’engager sur la voie d’une révision constitutionnelle ou d’un référendum contesté dans un contexte national particulièrement préoccupant.

Un contexte national préoccupant

Car quel est aujourd’hui l’état réel du pays ?

À l’Est, la guerre continue de menacer notre souveraineté.

Dans plusieurs provinces, l’insécurité demeure une réalité quotidienne.

La cohésion nationale est fragilisée.

La confiance entre gouvernants et gouvernés s’érode.

Les tensions politiques s’accumulent.

Dans un tel contexte, la sagesse recommande de rassembler plutôt que de diviser, de consolider plutôt que de bouleverser, d’apaiser plutôt que de provoquer.

L’heure n’est pas à la modification des règles fondamentales de la République.

L’heure est à la sauvegarde de la Nation.

Une vision de la Renaissance nationale

À ceux qui interprètent les mises en garde de l’opposition comme une démonstration de faiblesse ou comme une stratégie de négociation, nous répondons que leur lecture est erronée.

La Renaissance nationale que nous portons n’est pas une revendication partisane.

Elle est une ambition collective.

Pour nous, la Renaissance nationale n’est rien d’autre que la réconciliation du peuple congolais avec sa propre grandeur.

Elle ne cherche pas la nostalgie.

Elle cherche la transformation.

Elle ne cherche pas la division.

Elle cherche l’unité.

Elle ne cherche pas le pouvoir pour elle-même.

Elle cherche à remettre la République au centre de la vie nationale.

C’est pourquoi il est inutile de chercher des arrière-pensées là où il n’y en a pas.

Comme le dit la sagesse populaire, il faut cesser de chercher des poux sur la tête des chauves.

Des institutions fortes plutôt que des hommes forts

L’opposition d’aujourd’hui n’est plus celle que certains imaginent encore.

Elle ne se définit pas uniquement par sa contestation du pouvoir.

Elle se définit par une vision de l’État.

Nous travaillons pour l’avènement d’une Nation gouvernée par des institutions fortes plutôt que par des hommes forts.

Car les États modernes ne survivent pas grâce au génie ou au charisme de quelques individus.

Ils survivent parce que leurs institutions sont plus fortes que ceux qui les dirigent.

Nous voulons une République où la loi est supérieure aux intérêts particuliers.

Une République où les institutions sont plus fortes que les individus.

Une République où le mérite l’emporte sur les réseaux.

Une République où le service public prime sur les privilèges.

Une République où l’État survit aux alternances politiques.

Une République où les citoyens font confiance aux règles plutôt qu’aux hommes.

Construire une puissance durable

Notre démarche n’est donc pas de construire le pouvoir d’un homme.

Notre objectif est de construire la permanence de la République.

Notre ambition est d’organiser durablement la puissance nationale.

Car la puissance d’une Nation n’est jamais le fruit du hasard.

Elle résulte d’une organisation méthodique.

Elle repose sur un État stratège.

Sur une économie productive.

Sur une armée républicaine professionnelle.

Sur une diplomatie cohérente.

Sur une jeunesse instruite et formée.

Sur une culture forte.

Sur une science dynamique.

Sur des institutions solides.

Or, c’est précisément sur ces terrains essentiels que notre pays accuse aujourd’hui des retards considérables.

Pendant que la Nation attend des réponses à ses défis sécuritaires, économiques et sociaux, une énergie considérable semble consacrée à des débats institutionnels qui divisent davantage qu’ils ne rassemblent.

Que de temps perdu.

Que d’efforts dispersés.

Que de ressources mobilisées dans des combats politiques dont la République ne tirera aucun bénéfice durable.

Un appel à Exodus Lukombo

C’est pourquoi nous invitons respectueusement Madame Exodus Lukombo, dont nous reconnaissons le courage et la constance dans la défense de ses convictions, à regarder au-delà des intérêts immédiats de la majorité du moment.

L’Histoire jugera moins ceux qui auront défendu un régime que ceux qui auront contribué à sauver la République.

Car au-delà des majorités et des oppositions, au-delà des ambitions individuelles et des calculs partisans, une seule question demeure :

Que laisserons-nous aux générations futures ?

Une République affaiblie par les querelles de pouvoir ?

Ou une Nation réconciliée avec sa grandeur, gouvernée par des institutions fortes, respectée par ses partenaires et capable de protéger ses citoyens ?

Voilà le véritable enjeu.

Voilà le sens de notre combat.

Et voilà pourquoi l’opposition ne demande rien pour elle-même.

Elle demande tout simplement que la République demeure fidèle à elle-même.

La République avant tout

La Renaissance nationale n’est pas un combat contre des hommes.

Elle est un combat contre les faiblesses qui empêchent la République démocratique du Congo de devenir la grande Nation que son histoire, sa géographie et ses ressources lui permettent d’être.

Nous ne combattons pas pour remplacer une domination par une autre.

Nous ne combattons pas pour substituer un clan à un autre.

Nous ne combattons pas pour construire le pouvoir d’un homme.

Nous combattons pour construire la puissance durable de la République.

Car les grandes Nations ne naissent pas seulement de leurs richesses.

Elles naissent d’une idée de leur destin, d’une volonté de le servir et d’une génération décidée à le construire.

Notre génération a donc le devoir historique de faire émerger un État souverain, juste, stratège et durable, gouverné par des institutions fortes plutôt que par des hommes forts.

Telle est la véritable signification de la Renaissance nationale.

Telle est la République que nous voulons léguer à nos enfants.

Et telle est la raison pour laquelle nous continuerons, sans haine, sans esprit de revanche, mais avec fermeté et constance, à défendre la Constitution, la souveraineté nationale et l’intérêt supérieur de la République démocratique du Congo.

Car au-dessus des partis, au-dessus des ambitions et au-dessus des circonstances, demeure la Patrie.

Et comme nous l’a légué Mzee Laurent-Désiré Kabila :

« Ne jamais trahir le Congo. »

Fait à Kinshasa, le 15/07/2026

Moussa Kalema Sangolo-Zaku
Président National du PVR
Membre du Bureau Politique du FCC

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