Le mobilier offert par le prophète Joseph Mukungubila pour l’aérodrome de Manono a été accueilli comme bien plus qu’un simple geste matériel. Selon l’autorité urbaine, il illustre l’attachement d’un enfant du pays à son terroir, tout en rappelant le chemin qui reste à parcourir pour que la ville, récemment érigée, se dote des infrastructures dignes de son nouveau statut.
S’exprimant au nom du maire Sébastien Ilunga, retenu en mission administrative, le conseiller juridique de la mairie de Manono, Me Éric Mwanabute, a salué une initiative qu’il associe à un attachement rare pour le développement local. « Il y a encore des citoyens dans ce pays qui pensent pour leur sol natal », s’est-il félicité, qualifiant le geste d’honneur pour la ville.
Une ville toute jeune, encore à construire
Cette reconnaissance intervient à un moment particulier de l’histoire de la cité. Installé officiellement le 7 septembre 2026, Sébastien Ilunga est devenu le tout premier maire de Manono, marquant l’entrée de la localité dans le cercle des villes de la République démocratique du Congo. Un changement de statut qui, selon Me Mwanabute, ne se traduit pas encore par une réalité urbaine à la hauteur : la ville partage désormais le rang administratif des autres cités du pays, mais doit encore se doter des infrastructures et équipements correspondants.
C’est dans cette perspective que le représentant de la mairie a resitué la portée du don de Sa Majesté Mukungubila. Pour lui, ce mobilier offert à l’aérodrome ne constitue qu’une étape, et non un aboutissement. Il a d’ailleurs invité la Régie des voies aériennes (RVA), bénéficiaire de la dotation, à s’en servir comme point de départ pour aller plus loin, jusqu’à faire de l’aérodrome de Manono une référence dans la province du Tanganyika. « Ce n’est qu’un symbole », a-t-il reconnu, plaidant pour que d’autres initiatives viennent s’y ajouter.
Du symbole à l’action, un même fil conducteur
Au-delà du geste ponctuel, c’est une série de valeurs que l’autorité urbaine choisit de mettre en avant à travers cet épisode : l’enracinement, le sens des responsabilités, le service du territoire et la volonté de contribuer, à son échelle, au développement collectif. Pour Me Mwanabute, revendiquer son attachement à son terroir ne suffit pas ; encore faut-il, selon lui, le traduire en actes concrets, à l’image de ce qui vient de se produire à l’aérodrome.
L’enjeu, pour Manono, dépasse ainsi la seule question du salon VIP de son aérodrome. Devenue ville sur le plan administratif, la localité doit désormais construire, pas à pas, les attributs qui accompagnent ce statut : infrastructures, équipements, mobilité et services capables de répondre aux standards attendus d’une cité congolaise. Une dynamique que l’autorité urbaine appelle de ses vœux, en espérant que d’autres gestes viennent, avec le temps, donner corps à ce que représente aujourd’hui Manono sur le papier.
Pour le premier magistrat de la ville, cette nouvelle page de l’histoire municipale s’écrit donc désormais autour d’un même objectif : faire de Manono une ville non seulement dans les textes, mais aussi dans son quotidien.
La Rédaction