La République démocratique du Congo conservera jusqu’en décembre 2028 son accès préférentiel au marché américain dans le cadre de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA). La confirmation, transmise jeudi 24 septembre au ministre du Commerce extérieur Julien Paluku Kahongya, offre aux producteurs et exportateurs congolais une nouvelle période pour développer leurs ventes vers les États-Unis, sous réserve du respect des normes et conditions prévues par ce régime commercial.
La République démocratique du Congo reste éligible au programme commercial américain AGOA jusqu’en décembre 2028. La confirmation officielle a été communiquée jeudi 24 septembre au ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, par Richard C. Nicholson, conseiller administratif de l’ambassade des États-Unis en RDC.
Cette décision permet aux entreprises congolaises répondant aux conditions requises de continuer à bénéficier d’un accès préférentiel au marché américain. L’AGOA, adopté par les États-Unis en 2000, permet aux pays africains éligibles d’exporter plusieurs milliers de produits vers les États-Unis sans droits de douane, sous réserve du respect des règles d’origine et des autres exigences applicables.
Pour Kinshasa, le renouvellement de cette éligibilité intervient dans un contexte où le gouvernement cherche à accroître la production locale et à diversifier les exportations congolaises. L’objectif ne consiste donc pas uniquement à maintenir une facilité commerciale avec les États-Unis, mais aussi à donner aux producteurs une visibilité suffisante pour préparer leurs marchandises aux exigences d’un marché international particulièrement réglementé.
Le ministre du Commerce extérieur a invité les producteurs et exportateurs congolais à se rapprocher de l’Agence nationale de promotion des exportations (ANAPEX) afin de mieux connaître les conditions d’accès au marché américain. Cette démarche doit notamment permettre aux opérateurs de s’informer sur les normes de qualité, les procédures d’exportation et les règles applicables aux différents produits.
Le maintien de l’AGOA ne signifie toutefois pas que tous les produits congolais pourront automatiquement entrer aux États-Unis sans droits de douane. Les marchandises doivent répondre aux critères prévus par le dispositif, notamment en matière d’origine, de conformité et de standards exigés sur le marché américain.
L’enjeu se situe donc désormais au niveau de la capacité des entreprises congolaises à transformer cette possibilité commerciale en exportations concrètes. Cela suppose une production régulière, une qualité conforme aux normes internationales, des capacités de conditionnement adaptées et une meilleure connaissance des exigences des acheteurs américains.
Dans le secteur agricole notamment, l’ouverture préférentielle peut constituer une possibilité de diversification pour les producteurs capables de répondre aux exigences du marché extérieur. Les produits transformés localement peuvent également bénéficier d’un intérêt accru, à condition que les entreprises disposent des capacités nécessaires pour assurer leur production et leur certification.
Les autorités américaines ont, de leur côté, relevé plusieurs avancées réalisées par la RDC dans les domaines du climat des affaires, des échanges commerciaux, des investissements et des droits des travailleurs. Ces éléments font partie des critères pris en compte dans le maintien de l’éligibilité au programme.
L’administration congolaise entend donc désormais mobiliser davantage les opérateurs économiques autour de cette échéance de 2028. Le ministère du Commerce extérieur mise notamment sur l’accompagnement de l’ANAPEX pour aider les entreprises à identifier les débouchés, comprendre les normes et préparer leurs produits à l’exportation.
Cette évolution intervient également dans le contexte du rapprochement économique entre Kinshasa et Washington. Au cours de son échange avec le représentant américain, Julien Paluku a par ailleurs évoqué l’accompagnement des États-Unis dans le processus de paix concernant l’Est de la RDC.
Pour les exportateurs congolais, la période qui s’ouvre doit donc être mise à profit pour passer de l’éligibilité théorique à une présence effective sur le marché américain. La prolongation du dispositif jusqu’en 2028 offre du temps, mais elle impose également aux entreprises de renforcer leur compétitivité, leur capacité de production et leur conformité aux standards internationaux.
Signature : F.S.