Le président national du parti Envol, Delly Sesanga, a vivement réagi aux interprétations qu’il juge erronées de l’article 217 de la Constitution de la République démocratique du Congo. S’exprimant devant les évêques catholiques dans un contexte marqué par les débats autour des réformes constitutionnelles et de la loi référendaire, l’opposant s’est dit profondément choqué par certains discours relayés dans l’espace public.
« Je suis froissé, blessé. J’ai honte de voir qu’à ce niveau de responsabilité, on peut faire dire, faire croire, que l’article 217 permet aux pays voisins de nous attaquer », a-t-il déclaré, dénonçant ce qu’il considère comme une instrumentalisation des dispositions constitutionnelles à des fins politiques.
Pour Delly Sesanga, le débat sur la Constitution doit reposer sur une lecture rigoureuse du droit et non sur des interprétations susceptibles d’alimenter la peur ou la confusion au sein de l’opinion publique. Juriste de formation, le leader d’Envol s’est imposé ces derniers mois parmi les figures de l’opposition les plus engagées contre toute initiative perçue comme une remise en cause des dispositions protégées de la Constitution, notamment l’article 220.
Cette sortie intervient alors que le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle continue de polariser la classe politique congolaise. Plusieurs acteurs de l’opposition, regroupés notamment au sein de la coalition dite « Article 64 » (C64), multiplient les prises de position contre ce qu’ils considèrent comme une tentative de modification de l’équilibre institutionnel établi par la Constitution de 2006.
Ces dernières semaines, Delly Sesanga a également salué les prises de position des responsables religieux appelant au respect strict des dispositions constitutionnelles et à la préservation de l’unité nationale. Il avait notamment soutenu les appels en faveur d’un dialogue national inclusif avant toute réforme institutionnelle majeure.
À travers cette nouvelle intervention devant les évêques catholiques, l’opposant entend recentrer le débat sur les enjeux de souveraineté, d’État de droit et de stabilité institutionnelle. Pour lui, les discussions autour de la Constitution doivent privilégier la rigueur juridique et l’intérêt supérieur de la Nation plutôt que les calculs politiques du moment.
Sa déclaration intervient dans un climat politique particulièrement tendu, quelques jours seulement après les manifestations organisées à Kinshasa contre le projet de réforme constitutionnelle, au cours desquelles plusieurs figures de l’opposition, dont Delly Sesanga, avaient été signalées parmi les blessés selon leurs formations politiques.
H.A