Les anciens apprenants d’ECOFOLEADERS se sont retrouvés à Kinshasa les samedi 5 et dimanche 6 septembre 2026 pour deux journées de retraite consacrées à la prière, à la réflexion et au partage. Organisée avec le Mouvement des Focolari et le Mouvement politique pour l’unité (MPPU), la rencontre a surtout porté sur la connaissance de soi et la formation de la conscience, considérées comme des bases importantes pour construire des relations plus solides et favoriser l’unité dans la communauté.
Dès samedi matin, les participants ont commencé par une messe avant d’entrer dans les différents enseignements prévus au programme.

Le Père Martinien a ouvert les échanges avec une intervention sur l’endophasie, c’est-à-dire cette conversation silencieuse que chacun entretient avec lui-même. Il a notamment parlé de la « petite voix » intérieure, celle qui intervient dans les prises de décision, réagit aux situations vécues, porte parfois un jugement sur les autres et peut aussi être à l’origine de certaines peurs ou hésitations.

Les participants ont été amenés à observer leurs propres réactions et à comprendre qu’une pensée négative ne conduit pas automatiquement à une mauvaise décision. L’essentiel est de pouvoir identifier ce qui se passe en soi, prendre du recul et choisir la manière d’y répondre.
La découverte des tempéraments a ensuite été animée par les sœurs Fidelia et Aga. Cette séance a permis aux anciens apprenants de mieux comprendre leurs propres traits de caractère et leur influence dans les relations avec les autres.

Par la suite, les échanges se sont poursuivis avec la Sr Fidelia, autour du charisme de l’unité. Le thème sur le charisme de l’unité a notamment été suivi à travers une vidéo de Chiara Lubich, fondatrice du Mouvement des Focolari (1920-2008), introduite par Mari Luz, une consacrée du Mouvement des Focolari. Des consacrés du Mouvement ont tour à tour témoigné de leur expérience, avant que deux leaders de l’unité ne partagent, eux aussi, leur vécu sur la manière de gérer cette « petite voix » intérieure dans leur quotidien.
S’en est suivi la présentation de plusieurs œuvres du Mouvement des Focolari dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la vie communautaire.
« On ne peut pas apporter l’unité si l’on est soi-même divisé. » Cette phrase a particulièrement retenu l’attention des participants et résume l’un des principaux enseignements de la retraite.
Les repas et les séances de réseautage ont également occupé une place importante dans cette retraite. Pour plusieurs participants, ces moments ont surtout permis de retrouver d’anciens compagnons de formation et de reprendre contact après une période parfois longue.

À la deuxième journée, dimanche, l’abbé François, recteur de l’Université catholique du Congo et intervenant du jour, a consacré son intervention à la formation de la conscience. Son enseignement a permis de poursuivre la réflexion entamée la veille sur le rapport à soi et sur la manière dont les choix personnels peuvent être influencés par les convictions, les valeurs et les expériences de chacun.
Une partie de son intervention a porté sur le savoir-être, notamment la formation à la dignité humaine à travers les notions de honte et d’honneur. Ces deux notions ont été présentées comme des critères permettant d’aiguiser la conscience : « La conscience vous dit : là vous me faites honte, là vous me faites honneur. »
Cette réflexion a conduit à l’éthique de la honte et de l’honneur, avec un appel à vivre de manière élégante et à se comporter de manière équilibrée. Cette maîtrise de soi contribue à rendre le leadership plus efficace.
En conclusion, l’abbé François a rappelé l’image du sel de la terre et de la lumière du monde, en insistant sur la nécessité pour le leader de l’unité de marquer le monde par son témoignage. Il s’agit ainsi d’un leadership du témoignage, fondé sur la manière de vivre et de se comporter.
Un examen de conscience a ensuite été proposé aux participants. Chacun a eu un moment pour revenir sur ses propres comportements et sur la manière dont il exerce ses responsabilités.
Le thème du charisme de l’unité est également revenu dans les échanges du dimanche. Deux communautés focolare ont apporté leur témoignage, suivies par deux leaders de l’unité qui ont partagé leurs expériences autour de la formation de la conscience.

La retraite a réuni des personnes issues de différentes confessions religieuses, notamment des catholiques, des musulmans et des membres d’autres Églises. Les échanges ont permis à chacun de participer aux activités sans que les différences religieuses ne constituent un obstacle au dialogue.
Au fil des discussions, un même constat s’est imposé. Il s’agit de l’unité qui ne doit pas commencer uniquement dans les relations avec les autres. Elle demande aussi un travail personnel. Apprendre à connaître son tempérament, contrôler ses réactions, examiner sa conscience, écouter les autres et accepter les différences font partie des efforts nécessaires pour celui qui veut exercer un leadership responsable.
Pour les anciens d’ECOFOLEADERS/MPPU, ces deux journées ont ainsi permis de revenir aux bases de leur formation : travailler d’abord sur soi avant de vouloir transformer son environnement. Elles ont également offert un cadre de retrouvailles et d’échanges entre anciens apprenants.
FIDEL SONGO