Malgré une évolution favorable de certains indicateurs, les autorités sanitaires congolaises maintiennent la vigilance face à Ebola, au choléra et à la rougeole. Les zones frontalières et plusieurs provinces de l’Est restent au centre du dispositif de surveillance.
La République démocratique du Congo veut éviter que l’amélioration observée sur certains fronts sanitaires ne soit suivie d’une nouvelle flambée. Une réunion de coordination stratégique tenue ce lundi autour du ministère de la Santé a permis de faire le point sur la situation d’Ebola, du choléra et de la rougeole, ainsi que sur les capacités de riposte.
Pour Ebola, le Sud-Kivu a enregistré plus de 42 jours sans nouveau cas confirmé, un signal favorable. La vigilance reste toutefois renforcée en Ituri, dans la Tshopo, le Bas-Uélé et le Haut-Uélé. Le cumul national communiqué fait état de 4 209 cas confirmés, avec une létalité de 45,5 %.
La Tshopo apparaît notamment comme un point de surveillance prioritaire. Les autorités recommandent de renforcer la détection précoce à la frontière avec l’Ituri, particulièrement à Bafwasende et Bakubi.
Un épisode survenu au port de Bande Bende a également permis de tester le dispositif de réponse. Une embarcation en provenance de la Mongala, avec environ 931 personnes à bord, avait fait l’objet de prélèvements. Tous les résultats se sont révélés négatifs, mais l’opération a servi d’exercice grandeur nature pour les équipes sanitaires.
Choléra : des foyers toujours actifs
Pour le choléra, la tendance générale est en baisse par rapport à la même période de l’année précédente. Le pays compte néanmoins environ 37 000 cas cumulés, avec une létalité de 1,5 %, dans 11 provinces.
Le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et le Tanganyika restent particulièrement concernés. Des flambées sont également signalées au Kwango, en Équateur et au Kwilu.
La surveillance transfrontalière figure parmi les priorités. Après la coopération renforcée avec la République du Congo, les autorités veulent notamment consolider le dispositif avec l’Angola et la République centrafricaine afin de limiter le risque d’importation de nouveaux cas.
Rougeole : une baisse à consolider
La rougeole affiche également une évolution encourageante, avec des notifications passées de plus de 3 000 à environ 2 400 cas.
Des équipes doivent être déployées dans sept provinces pour analyser les causes des flambées persistantes et renforcer la riposte. La préparation d’une vaccination combinée contre la rougeole et la rubéole est également à l’étude.
Pour les autorités sanitaires et leurs partenaires, notamment l’OMS et l’UNICEF, l’enjeu est désormais de consolider ces progrès sans relâcher la surveillance.
Entre les mouvements de population, les zones frontalières et la persistance de foyers actifs, la RDC mise ainsi sur la détection précoce et la rapidité d’intervention pour éviter qu’une amélioration sanitaire ne soit de courte durée.
J.E