La dynamique de l’épidémie de la maladie à virus Ebola semble évoluer favorablement en République démocratique du Congo. Si les autorités sanitaires observent un ralentissement de l’apparition des nouveaux cas, elles estiment toutefois qu’il est encore trop tôt pour crier victoire. L’Institut national de santé publique (INSP) invite ainsi la population à maintenir une vigilance constante afin d’éviter une nouvelle flambée de la maladie.
Réunis mercredi 22 juillet 2026 à Bunia, les responsables de la riposte à la 17ᵉ épidémie d’Ebola ont présenté aux médias l’état d’avancement des opérations. À cette occasion, le responsable des opérations de la riposte, Dr Adelard Lofongola, a fait savoir que la courbe des nouvelles contaminations montre des signes encourageants.
« La tendance vers la montée des cas positifs de la maladie à virus Ebola semble être en baisse ou en stand-by. Ceci n’est pas encore un indice permettant de dire que la maladie a atteint son pic », a déclaré Dr Adelard Lofongola.
Selon lui, cette évolution est le fruit des efforts déployés par le Gouvernement congolais, à travers l’Institut national de santé publique, avec l’appui des partenaires techniques et financiers engagés dans la riposte.
Les autorités sanitaires indiquent que les capacités de prise en charge ont été renforcées avec près de 1 000 lits installés dans les Centres de traitement Ebola opérationnels des provinces touchées. Les laboratoires ont également vu leurs capacités diagnostiques améliorées afin d’assurer une détection rapide des cas et une meilleure orientation des patients.
Malgré ces avancées, plusieurs défis demeurent. Les équipes de riposte font notamment face à la résistance de certaines communautés, aux difficultés logistiques dans plusieurs zones affectées ainsi qu’à l’insécurité qui entrave parfois les interventions sur le terrain.
Face aux interrogations des journalistes, Dr Adelard Lofongola a insisté sur le fait que la République démocratique du Congo reste seule aux commandes de la riposte, les partenaires internationaux intervenant uniquement en appui technique et financier, sans participer aux décisions stratégiques ni à la gestion des données épidémiologiques.
Le responsable des opérations a également rassuré sur la fiabilité des analyses réalisées par le réseau national de laboratoires, affirmant que chaque échantillon est traité conformément aux normes scientifiques en vigueur.
Par ailleurs, il a lancé un appel à la responsabilité collective en invitant les populations à signaler rapidement tout cas suspect, à privilégier une prise en charge précoce dans les structures de santé et à adhérer à l’approche « Zéro décès communautaire dans nos ménages ».
Concernant les personnes décédées de la maladie, il a précisé que les enterrements dignes et sécurisés sont entièrement pris en charge par la riposte, notamment à travers la fourniture des cercueils, la prise en charge des équipes spécialisées et l’accompagnement des familles dans le respect de leur dignité.
Enfin, les responsables de la riposte ont rappelé que la stratégie reste fortement décentralisée, avec une coordination au niveau des zones de santé, afin de garantir une réponse rapide et adaptée à chaque foyer de transmission.
L’Institut national de santé publique appelle ainsi les autorités, les leaders communautaires, les médias, les partenaires ainsi que l’ensemble de la population à poursuivre leurs efforts pour interrompre durablement la chaîne de transmission du virus.
FIDEL SONGO