Deux mois après la résurgence de la maladie à virus Ebola en Ituri, le Gouvernement congolais renforce sa stratégie de riposte. Réuni à Bunia, le Secrétaire général à la Santé a annoncé un vaste processus d’assainissement du fichier des prestataires, la digitalisation des paiements et un audit des fonds mobilisés afin de garantir plus de transparence et d’efficacité dans la lutte contre l’épidémie.
Le Gouvernement de la République démocratique du Congo entend accélérer la riposte contre Ebola en Ituri tout en renforçant les mécanismes de transparence dans la gestion des ressources humaines et financières.
Dépêché à Bunia par le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Secrétaire général à la Santé a présidé, le 13 juillet 2026, une réunion stratégique d’évaluation de la riposte à la maladie à virus Ebola.
Les travaux ont réuni les Médecins chefs de zone des 36 zones de santé de la province, la Coordination stratégique de la riposte conduite par l’Incident Manager, l’Inspecteur général de la Santé, le Directeur général de l’ANICNS ainsi que les partenaires techniques et financiers engagés dans cette lutte.
Des avancées saluées dans la riposte
Au cours de cette rencontre, plusieurs progrès ont été relevés, notamment le renforcement des capacités de diagnostic grâce au déploiement de nouveaux laboratoires à Bunia, la construction progressive de centres de traitement Ebola dans les zones affectées ainsi que le renforcement des capacités d’évacuation des malades avec la mise à disposition de nouvelles ambulances.
Les participants ont également évalué les défis qui subsistent ainsi que les priorités à mettre en œuvre dans les différents piliers du Système de gestion de l’incident.
Tolérance zéro contre les prestataires fictifs
La question du paiement des prestataires a occupé une place centrale durant les échanges.
Le Secrétaire général à la Santé a exigé des Médecins chefs de zone la transmission de listes fiables, actualisées et conformes à la réalité du terrain afin que seuls les véritables prestataires engagés dans la riposte soient rémunérés.
Il a précisé que ces listes serviront de base à l’INSP pour procéder aux paiements, avec l’appui technique de l’ANICNS à travers un système de digitalisation destiné à garantir la transparence, la traçabilité et l’efficacité du processus.
Déjà engagée dans les zones de santé de Bunia et Rwampara, cette opération de digitalisation sera progressivement étendue à toute la province. Les équipes procèdent actuellement à l’enrôlement d’environ 400 prestataires par jour.
Des enquêtes et un audit annoncés
Face aux irrégularités relevées dans certaines listes de paie, le Gouvernement a décidé de durcir les contrôles.
Le Gouverneur militaire de l’Ituri a saisi le Procureur afin que des enquêtes soient ouvertes pour identifier les auteurs des éventuelles fraudes et établir les responsabilités.
Par ailleurs, le Secrétaire général à la Santé a annoncé qu’un audit sera réalisé sur l’ensemble des ressources financières mobilisées dans le cadre de la riposte contre Ebola, y compris celles provenant des partenaires techniques et financiers.
Cette mission sera conduite par l’Inspection générale des finances (IGF) afin de garantir une gestion rigoureuse et transparente des fonds.
En clôturant les travaux, il a fermement condamné l’introduction de prestataires fictifs dans les listes de paiement, estimant que ces pratiques pénalisent les véritables intervenants, retardent leur rémunération et compromettent l’efficacité de la riposte.
Le Gouvernement réaffirme ainsi sa volonté de renforcer la transparence, la redevabilité et l’efficacité des interventions afin d’interrompre durablement la chaîne de transmission de la maladie à virus Ebola en Ituri.
Fidel Songo